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		<title>Laurence Lanier - Versionsgeschichte</title>
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		<title>Admin am 8. Mai 2012 um 20:06 Uhr</title>
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Il grimpe les quelques marches qui le séparent de la place de jeu et de la route, et s’immobilise. Ses yeux bridés s’arrondissent pour lui éviter de rouler sur un cadavre de bouteille, comme il l’a fait quelques années plus tôt – fracture du coccyx, six mois d’arrêt, une bouée en forme de canard pour assoir son postérieur, même en public – mais il n’y a rien à éviter. Il fait le tour de la place, inspecte chaque recoin, le front en sueur, les yeux exorbités. Rien n’indique leur présence. Monsieur Perez enlève son bonnet et s’essuie le front. Ils reviendront sûrement ce soir, il n’y a pas à s’inquiéter, tout redeviendra comme avant. Et pourtant. Il ne parvient pas à se rassurer. Ce pressentiment. Il quitte la place de jeux et réveille sa femme. Ils sont partis. Elle reste interloquée, puis sort du lit. Elle grimpe à l’étage supérieur en chemise de nuit, sonne chez les Alvares, qui répandent à leur tour la rumeur dans l’immeuble.&amp;lt;br&amp;gt;Les villas ne sont informées que vers sept heures lorsque monsieur Morand quitte son domicile pour se rendre au Cycle d’Orientation. À quelques mètres de là, Lucille dort encore. La réunion de la veille l’a obsédée, elle s’est endormie avec peine. Elle a pensé à Tarkan et s’est promis, comme souvent, que ce serait la dernière fois. À l’autre bout de la rue, monsieur Vannier dort lui aussi à poings fermés. Pour la première fois depuis des années, aucun bruit, aucun rire n’est venu le perturber. La réunion lui a été interdite et il ignore tout ce qui a pu s’y passer. Ce que monsieur Vannier retient au lendemain du 3 novembre, c’est qu’il a extrêmement bien dormi.&amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Morand, lui, part plus tôt ce matin car il doit s’expliquer avec une collègue au sujet d’un baiser volé lors d’une réunion de professeur. Il grimpe dans sa Mini, soucieux, sans rien remarquer. Avant qu’il ne démarre, le père d’un de ses élèves vient frapper à la vitre. «&amp;amp;nbsp;Regardez la place, il n’y a plus rien. Ils sont partis. – Qui ils&amp;amp;nbsp;? – Enfin monsieur Morand, vous savez bien. Ça va être terrible. – On le leur a demandé, ils ont abdiqué, monsieur Perreira, ne vous inquiétez pas. Bonne journée à vous&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt; Morand appuie sur la commande à distance et verrouille sa voiture, sa mallette en cuir sous le bras, un dossier coincé sous le menton. Il grimpe les dix-huit marches – il a compté – qui le séparent du premier étage du Cycle d’orientation, glisse son dossier sous le coude et ouvre la porte de sa classe. À l’autre bout du couloir, il croise le regard de sa collègue. Un regard froid, haineux. Il lui sourit et ferme la porte. Repense à l’attitude affolée de monsieur Perreira. Un frisson parcourt son échine&amp;amp;nbsp;: Une rébellion immédiate aurait été logique, ils s’y attendent tous. Mais le silence est troublant. Désormais, le quartier a une bonne raison de s’inquiéter. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;&amp;#160;&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f9f9f9; color: #333333; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #e6e6e6; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Ils ont disparu. &amp;lt;br&amp;gt;Le lendemain, lorsque le voisinage se réveille, il n’y a plus trace de leur passage. Seulement un paquet de chips qui vole, chassé par la bise glaciale de novembre. La poubelle est vide. Les balançoires sont débarrassées des bouteilles et des cannettes de bières. Le château de bois est délivré des sacs plastiques et des détritus.&amp;lt;br&amp;gt;C’est monsieur Perez qui a donné l’alerte. Vêtu de son bleu de travail surmonté d’un gilet orange fluorescent, il a embrassé sa femme et quitté l’appartement sur les coups de cinq heures trente du matin. S’est enfoncé un bonnet sur la tête avant de s’engager dans le froid piquant sa peau dure. Il grimpe les quelques marches qui le séparent de la place de jeu et de la route, et s’immobilise. Ses yeux bridés s’arrondissent pour lui éviter de rouler sur un cadavre de bouteille, comme il l’a fait quelques années plus tôt – fracture du coccyx, six mois d’arrêt, une bouée en forme de canard pour assoir son postérieur, même en public – mais il n’y a rien à éviter. Il fait le tour de la place, inspecte chaque recoin, le front en sueur, les yeux exorbités. Rien n’indique leur présence. Monsieur Perez enlève son bonnet et s’essuie le front. Ils reviendront sûrement ce soir, il n’y a pas à s’inquiéter, tout redeviendra comme avant. Et pourtant. Il ne parvient pas à se rassurer. Ce pressentiment. Il quitte la place de jeux et réveille sa femme. Ils sont partis. Elle reste interloquée, puis sort du lit. Elle grimpe à l’étage supérieur en chemise de nuit, sonne chez les Alvares, qui répandent à leur tour la rumeur dans l’immeuble.&amp;lt;br&amp;gt;Les villas ne sont informées que vers sept heures lorsque monsieur Morand quitte son domicile pour se rendre au Cycle d’Orientation. À quelques mètres de là, Lucille dort encore. La réunion de la veille l’a obsédée, elle s’est endormie avec peine. Elle a pensé à Tarkan et s’est promis, comme souvent, que ce serait la dernière fois. À l’autre bout de la rue, monsieur Vannier dort lui aussi à poings fermés. Pour la première fois depuis des années, aucun bruit, aucun rire n’est venu le perturber. La réunion lui a été interdite et il ignore tout ce qui a pu s’y passer. Ce que monsieur Vannier retient au lendemain du 3 novembre, c’est qu’il a extrêmement bien dormi.&amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Morand, lui, part plus tôt ce matin car il doit s’expliquer avec une collègue au sujet d’un baiser volé lors d’une réunion de professeur. Il grimpe dans sa Mini, soucieux, sans rien remarquer. Avant qu’il ne démarre, le père d’un de ses élèves vient frapper à la vitre. «&amp;amp;nbsp;Regardez la place, il n’y a plus rien. Ils sont partis. – Qui ils&amp;amp;nbsp;? – Enfin monsieur Morand, vous savez bien. Ça va être terrible. – On le leur a demandé, ils ont abdiqué, monsieur Perreira, ne vous inquiétez pas. Bonne journée à vous&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt; Morand appuie sur la commande à distance et verrouille sa voiture, sa mallette en cuir sous le bras, un dossier coincé sous le menton. Il grimpe les dix-huit marches – il a compté – qui le séparent du premier étage du Cycle d’orientation, glisse son dossier sous le coude et ouvre la porte de sa classe. À l’autre bout du couloir, il croise le regard de sa collègue. Un regard froid, haineux. Il lui sourit et ferme la porte. Repense à l’attitude affolée de monsieur Perreira. Un frisson parcourt son échine&amp;amp;nbsp;: Une rébellion immédiate aurait été logique, ils s’y attendent tous. Mais le silence est troublant. Désormais, le quartier a une bonne raison de s’inquiéter. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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		<author><name>Admin</name></author>	</entry>

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		<title>Admin: hat „Rue Aliénor“ nach „Laurence Lanier“ verschoben</title>
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		<author><name>Admin</name></author>	</entry>

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		<title>Admin am 8. Mai 2012 um 19:35 Uhr</title>
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				<updated>2012-05-08T19:35:45Z</updated>
		
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Qui hantait ses pires cauchemars, le traquait et finissait par l’exécuter d’un chargeur entier dans le corps. Kevin qui a disparu du jour au lendemain. Un matin, Morand s’est réveillé, s’est rendu au CO sans apercevoir l’anorak noir de Kevin, en est reparti sans se sentir épié, ne l’a plus jamais croisé dans le reflet d’une vitrine. Morand se dit que Kevin est revenu. Qu’il va enfin avoir droit à sa vengeance. Il reste à terre, mains sur la tête. Une deuxième détonation et des hurlements de plus en plus forts. On hurle devant sa porte, on tape et on supplie. Il ouvre et trois de ses anciens élèves se jettent à l’intérieur.&amp;lt;br&amp;gt; – Refermez, vite&amp;amp;nbsp;! Il faut prévenir la police, il est devenu complètement fou&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; Morand a tout juste le temps d’apercevoir dans la nuit deux ou trois jeunes disparaître derrière les fourrés qui bordent les immeubles, et à leur poursuite, crachant et maudissant, Monsieur Vannier, la main tendue, le poing refermé sur un pistolet.&amp;lt;br&amp;gt; Morand claque la porte. À l’intérieur, Tarkan a déjà prévenu la police.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;lt;br&amp;gt;Monsieur Vannier&amp;lt;br&amp;gt; Il faisait beau, le soleil éblouissait l’objectif. La photo est un peu surexposée mais il devine les cheveux blonds, exceptionnellement, dénoués et l’éclat de la dentition. Il reconnaît les pommettes hautes dans le visage anguleux, il croit même apercevoir le fin trait des sourcils, foncés, contrastants avec la chevelure, mais il n’est plus très sûr de ce qu’il voit ou de ce dont il se souvient. Monsieur Vannier regarde sa femme et comble les détails que la photo a occultés. Il sait qu’à cet instant, ses cheveux s’étaient soulevés par une bourrasque et qu’il avait découvert une image de sa femme qui l’excitait terriblement. Monsieur Vannier se demande s’il a eu le courage de le lui dire. Ses shorts trois-quarts blancs trempaient dans l’eau tandis que ses fesses reposaient à même le bord de la barque. Sa position avait manqué les envoyer tous deux à l’eau et il avait été contraint de s’asseoir dans le bord opposé pour maintenir l’équilibre de l’embarcation. Ils avaient passé la journée à admirer la régate, à contempler de magnifiques voiliers. Sa femme adorait les bateaux. La petite barque était une plaisanterie, mais elle avait été profondément émue et il n’avait pas osé lui avouer qu’il ne voulait que la charrier. Dès lors, ils avaient passé tous leurs week-ends de beau temps à se promener sur le Léman.&amp;lt;br&amp;gt; C’était une journée parfaite, pense monsieur Vannier. Comme chaque jour passé à ses côtés. Je me demande si.&amp;lt;br&amp;gt; Monsieur Vannier ne va pas au bout de sa question, il ne s’entend plus penser. Dehors le bruit a repris depuis bientôt une heure. Il a tenté d’en faire abstraction, il s’est concentré sur ce souvenir heureux mais les beuglements de ces animaux l’empêchent de retrouver sa femme. À chaque fois qu’il l’aperçoit, qu’il retrouve son sourire et ses jambes qui s’ébattent sous la chaleur d’août, un rire ou une insulte ricoche contre son image et la force à s’éloigner. Sa femme disparaît à mesure que le bruit s’intensifie. Monsieur Vannier se concentre, il pense aux cheveux blonds et il pense au rouge à lèvres qui déborde légèrement d’un côté. Mais de quel côté bon Dieu&amp;amp;nbsp;? Monsieur Vannier tente de se rappeler de quel côté il avait pu embrasser sa femme pour étaler son rouge à lèvres. De quel côté avait-il l’habitude de tourner la tête lorsqu’il l’embrassait. La musique fait trembler ses murs et ses tempes s’agitent. Il attrape les couvertures, se glisse au fond de son lit, le cadre posé sur sa poitrine. Il penchait la tête vers la gauche, il croit se souvenir. Il penchait la tête vers la gauche. Les fenêtres vibrent sous les basses et Monsieur Vannier se demande si elles vont finir par exploser et puis il se rappelle qu’il doit penser à autre chose, que c’est autre chose qui devrait l’intéresser, mais que ce bruit continu, cette cruelle marque d’indifférence à sa peine, cette provocation l’empêche de revivre son passé. Les beuglements ne s’arrêtent pas et monsieur Vannier comprend que c’est pour lui. Depuis toujours, depuis toutes les années qu’il habite rue Aliénor, ils n’ont fait que de le provoquer. Ils savent sa peine, ils savent son chagrin et ils s’en repaissent comme des vautours qui n’auraient rien d’autre à se fourrer dans le bec. Il a tenté de tolérer ces débordements, de ne pas faire de vagues mais il est visé, c’est certain. Ces PD, ces graffitis, ces insultes qui résonnent contre ses murs, il ne les a pas mérités. Ils pensent qu’il n’a plus rien dans le ventre parce qu’il est malheureux, qu’ils pourront le terrasser comme ils veulent, mais ils ne savent pas ces gars, ils ne savent pas que le malheur peut rendre fou.&amp;lt;br&amp;gt; Monsieur Vannier ouvre le tiroir de sa table de nuit. Sous les paquets de mouchoirs, la crème pour les mains et son étui à lunettes, il attrape une toute autre sorte d’étui. Monsieur Vannier s’empare de son pistolet et ouvre la porte d’entrée, tout juste vêtu d’une robe de chambre. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color:black; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;'''Édouard Morand'''&amp;lt;br&amp;gt; Édouard Morand n’entend pas tout de suite. Le volume du Home cinéma couvre les premiers bruits. Il lui faut une scène d’amour dans son James Bond pour comprendre que quelque chose est en train de se passer. Musique langoureuse, souffles et gémissements des deux acteurs, et soudain, par-dessus et comme étouffés, des cris. Il fronce les sourcils, baisse le son de la télévision, attend. Les hurlements sont réels et ne cessent pas. Il se lève lorsqu’une des fenêtres du salon explose. Morand se jette au pied de son canapé pour se protéger des débris. Le bruit assourdissant qui a précédé l’impact le tétanise. Il pense à Kevin. Qui hantait ses pires cauchemars, le traquait et finissait par l’exécuter d’un chargeur entier dans le corps. Kevin qui a disparu du jour au lendemain. Un matin, Morand s’est réveillé, s’est rendu au CO sans apercevoir l’anorak noir de Kevin, en est reparti sans se sentir épié, ne l’a plus jamais croisé dans le reflet d’une vitrine. Morand se dit que Kevin est revenu. Qu’il va enfin avoir droit à sa vengeance. Il reste à terre, mains sur la tête. Une deuxième détonation et des hurlements de plus en plus forts. On hurle devant sa porte, on tape et on supplie. Il ouvre et trois de ses anciens élèves se jettent à l’intérieur.&amp;lt;br&amp;gt; – Refermez, vite&amp;amp;nbsp;! Il faut prévenir la police, il est devenu complètement fou&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; Morand a tout juste le temps d’apercevoir dans la nuit deux ou trois jeunes disparaître derrière les fourrés qui bordent les immeubles, et à leur poursuite, crachant et maudissant, Monsieur Vannier, la main tendue, le poing refermé sur un pistolet.&amp;lt;br&amp;gt; Morand claque la porte. À l’intérieur, Tarkan a déjà prévenu la police.&amp;lt;br&amp;gt; &amp;#160;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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