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		<title>Simultan - Benutzerbeiträge [de]</title>
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		<subtitle>Benutzerbeiträge</subtitle>
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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Carnet_de_rendez-vous</id>
		<title>Carnet de rendez-vous</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 –&amp;amp;nbsp;[[La jeune fille rousse|Maus]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Kleptomanie&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnels&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – Mme Heinz &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse &lt;br /&gt;
*13h00 – M. Frey &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Impuissance sexuelle&lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – [[Daisy|Daisy]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – [[:Category:Jörg|Mathilde]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Problèmes conjugaux &lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Society,_I_hope_you%27re_not_lonely_without_me</id>
		<title>Society, I hope you're not lonely without me</title>
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				<updated>2011-01-21T08:27:39Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Mme Hagebutten sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie&amp;amp;nbsp;! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est&amp;amp;nbsp;? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;amp;nbsp;Chère Mme Hagebutten, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt&amp;amp;nbsp;» &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition&amp;amp;nbsp;: que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Society &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>Society, I hope you're not lonely without me</title>
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				<updated>2011-01-21T08:27:13Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Mme Hagebutten sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie&amp;amp;nbsp;! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est&amp;amp;nbsp;? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;amp;nbsp;Chère Mme Hagebutten, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt&amp;amp;nbsp;» &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition&amp;amp;nbsp;: que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Society &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Aaron_Schmitt_le_fataliste</id>
		<title>Aaron Schmitt le fataliste</title>
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				<updated>2011-01-21T08:22:45Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Aaron Schmitt alluma son ordinateur. Puis, il consulta son profil Facebook. Il vit que plusieurs jeunes femmes voulaient prendre contact avec lui. Réjoui, il survola brièvement les différents messages et tomba sur celui-ci&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;«&amp;amp;nbsp;Hé le vieux, tu crois que tu caches&amp;amp;nbsp;? On sait que c'est toi qui a la mallette de fric que j'ai prêté à cet imbécile de Poe. Je te donne 24 heures pour me la remettre sinon je te promets que là où je vais t'envoyer, il n'y aura aucune jolie fille. 24 heures, Schmitt, 24 heures.&amp;amp;nbsp;» Le message était signé Vito Antonielli.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt éteignit son ordinateur d’un geste nerveux. A ce moment, il sut qu’il venait de s’attirer de graves ennuis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt le fataliste]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Aaron_Schmitt_le_fataliste</id>
		<title>Aaron Schmitt le fataliste</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Aaron Schmitt alluma son ordinateur. Puis, il consulta son profil Facebook. Il vit que plusieurs jeunes femmes voulaient prendre contact avec lui. Réjoui, …“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Aaron Schmitt alluma son ordinateur. Puis, il consulta son profil Facebook. Il vit que plusieurs jeunes femmes voulaient prendre contact avec lui. Réjoui, il survola brièvement les différents messages et tomba sur celui-ci :&amp;lt;br&amp;gt;« Hé le vieux, tu crois que tu caches ? On sait que c'est toi qui a la mallette de fric que j'ai prêté à cet imbécile de Poe. Je te donne 24 heures pour me la remettre sinon je te promets que là où je vais t'envoyer, il n'y aura aucune jolie fille. 24 heures, Schmitt, 24 heures. » Le message était signé Vito Antonielli.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt éteignit son ordinateur d’un geste nerveux. A ce moment, il sut qu’il venait de s’attirer de graves ennuis.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
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				<updated>2011-01-21T08:20:47Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;Il arriva au cabinet à huit heures, soit quinze minutes plus tôt que d’habitude, la mallette en main. Mme Hagebutten n’était pas encore là. Il entra dans son bureau, posa la mallette sur le sol et s’assit sur son fauteuil. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt avait prit la décision la plus simple, celle de remettre la mallette à [[Aaron Schmitt le fataliste|Vito Antonielli]] et d’en informer M. Poe. De ce fait, les choses rentraient dans l’ordre et il ne parlerait plus jamais de cette mallette.&amp;lt;br&amp;gt;Il faut dire que la nuit avait été agitée. Le vieux psychiatre n’avait pas fermé l’œil. Il n’avait cessé de se demander comment Vito Antonielli avait su pour la mallette. Il n’y avait qu’une seule explication possible. M. Poe s’était souvenu l’avoir oubliée dans le cabinet d’Aaron Schmitt et l’avait dit à Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychiatre avait reçu un mail d’Antonielli, convenant d’un lieu et d’une heure de rendez-vous. Il devait le retrouver à neuf heures trente précises au café de l’Odéon. Mais il devait voir une patiente avant. Aaron Schmitt espérait que la séance ne s’éterniserait pas. Heureusement, la patiente annula le rendez-vous et le vieux psychiatre eut un peu moins d’une heure pour tenter de se calmer. Alors qu’il réfléchissait, tout en buvant un verre de scotch, Mme Hagebutten entra dans le bureau&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Docteur Schmitt, je vous dérange&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est à propos de M. Poe, dit la réceptionniste presque en chuchotant, il est décédé hier soir.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt sentit son cœur faire un bond. Il se redressa sur sa chaise et faillit renverser son verre. &amp;lt;br&amp;gt;- Comment est-il mort&amp;amp;nbsp;? demanda-t-il.&amp;lt;br&amp;gt;- Renversé par un camion.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychologue se rassit et étrangement, se sentait rassuré. Tout de suite, il avait imaginé M. Poe assassiné par Antonielli. Pendant un instant, il se demanda si tout cela s’était vraiment passé.&amp;lt;br&amp;gt;Sa montre indiquait neuf heures et quart. Il était temps de se rendre à l’Odéon. Une atmosphère grise et pluvieuse flottait dans les rues. Certains passants portaient des bonnets et d’autres des gants. L’Odéon ne se trouvait pas très loin du cabinet, à cinq minutes à peine. Arrivé sur place, Aaron Schmitt commanda une pression et il attendit. &amp;lt;br&amp;gt;Il scrutait les passants à travers la vitre, tout en buvant nerveusement. A plusieurs reprises, un homme entra dans le café et passa devant lui, mais sans s’arrêter. Il finit sa bière et en commanda une autre. Il ne pensa pas une seule seconde à M. Poe. Seul comptait l’instant présent. Une heure passa mais Aaron Schmitt était toujours autant nerveux. Il se demanda à quoi bon le faire attendre dans le café. Du pied, il vérifia que la mallette était là, sous la table. Un homme entra et le regarda, mais ce fut bref, et l’homme continua son chemin pour aller s’asseoir à une table du fond. &amp;lt;br&amp;gt;Il était midi et le café commençait à se remplir de clients qui désiraient manger. Aaron Schmitt paya l’addition et retourna en direction de son cabinet. Son esprit était embrouillé. Pourquoi Antonielli n’était pas venu&amp;amp;nbsp;? Peut-être que celui-ci l’avait averti par mail. Aaron Schmitt sentait au fond de lui que quelque chose s’était passé. En arrivant au cabinet, la première chose qu’il fit fut de vérifier ses mails mais la boite était vide. Ensuite, il fouilla le bureau de Mme Hagebutten, celle-ci était partie manger, à la recherche d’une lettre ou d’un mot, de n’importe quoi. Il ne trouva rien. Alors, il décida de faire une pause et d’allumer un moment la télévision, celle qui se trouvait dans la salle d’attente. Il tomba sur le journal télévisé et à nouveau, son cœur fit un bond. &amp;lt;br&amp;gt;On y voyait Vito Antonielli embarqué dans une voiture de police. Apparemment, l’escroc s’était fait arrêter la veille. La présentatrice résumait en quelques mots l’arrestation et les chefs d’accusation. Voilà pourquoi Antonielli n’était pas venu à l’Odéon. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt éteignit le téléviseur. Etait-ce le fruit du hasard&amp;amp;nbsp;? D’abord, M. Poe qui décède et ensuite Antonielli derrière les barreaux. Et le même jours, qui plus est. &amp;lt;br&amp;gt;Tout en buvant son verre de scotch, le vieux psychologue réfléchissait. Avec Antonielli en prison, il ne risquait plus rien. Mais que faire de tout cet argent&amp;amp;nbsp;? La réponse était facile.&amp;lt;br&amp;gt;La nuit tombée, Aaron Schmitt se rendit au Lac de Bienne dont les reflets de lune éclaircissaient la nuit. Il resta un instant au bord de l’eau et observa les alentours. Personne à l’horizon. Alors, de toutes ces forces, il lança la mallette qui d’un bruit sourd, s’engouffra dans les profondeurs du lac. &amp;lt;br&amp;gt;Ensuite, il s’assit et s’alluma une cigarette. Il ne fumait plus depuis des années mais à ce moment, il avait besoin d’une cigarette. Puis, il se leva et rentra chez lui.&amp;lt;br&amp;gt;Il se mit au lit rassuré et heureux, se disant que parfois le hasard fait bien les choses. Il entendit un bruit provenant du couloir et se redressa dans son lit, à l’affût du moindre bruit. Il sortit gentiment du lit et dans l’obscurité la plus profonde, il se dirigea vers la porte d’entrée. Il lui semblait sentir la présence d’un homme dans le couloir. Il prit une bouffé d’air et d’un mouvement rapide, ouvrit la porte. Mais personne ne se trouvait derrière et le couloir était vide. Alors, il s’appuya contre le mur, s’alluma une cigarette et se demanda si tout cela s’était vraiment passé. Puis, il ressentit une grande douleur. &lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|Un coup]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
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				<updated>2011-01-21T08:19:43Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;Il arriva au cabinet à huit heures, soit quinze minutes plus tôt que d’habitude, la mallette en main. Mme Hagebutten n’était pas encore là. Il entra dans son bureau, posa la mallette sur le sol et s’assit sur son fauteuil. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt avait prit la décision la plus simple, celle de remettre la mallette à Vito Antonielli et d’en informer M. Poe. De ce fait, les choses rentraient dans l’ordre et il ne parlerait plus jamais de cette mallette.&amp;lt;br&amp;gt;Il faut dire que la nuit avait été agitée. Le vieux psychiatre n’avait pas fermé l’œil. Il n’avait cessé de se demander comment Vito Antonielli avait su pour la mallette. Il n’y avait qu’une seule explication possible. M. Poe s’était souvenu l’avoir oubliée dans le cabinet d’Aaron Schmitt et l’avait dit à Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychiatre avait reçu un mail d’Antonielli, convenant d’un lieu et d’une heure de rendez-vous. Il devait le retrouver à neuf heures trente précises au café de l’Odéon. Mais il devait voir une patiente avant. Aaron Schmitt espérait que la séance ne s’éterniserait pas. Heureusement, la patiente annula le rendez-vous et le vieux psychiatre eut un peu moins d’une heure pour tenter de se calmer. Alors qu’il réfléchissait, tout en buvant un verre de scotch, Mme Hagebutten entra dans le bureau :&amp;lt;br&amp;gt;- Docteur Schmitt, je vous dérange ?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est à propos de M. Poe, dit la réceptionniste presque en chuchotant, il est décédé hier soir.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt sentit son cœur faire un bond. Il se redressa sur sa chaise et faillit renverser son verre. &amp;lt;br&amp;gt;- Comment est-il mort ? demanda-t-il.&amp;lt;br&amp;gt;- Renversé par un camion.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychologue se rassit et étrangement, se sentait rassuré. Tout de suite, il avait imaginé M. Poe assassiné par Antonielli. Pendant un instant, il se demanda si tout cela s’était vraiment passé.&amp;lt;br&amp;gt;Sa montre indiquait neuf heures et quart. Il était temps de se rendre à l’Odéon. Une atmosphère grise et pluvieuse flottait dans les rues. Certains passants portaient des bonnets et d’autres des gants. L’Odéon ne se trouvait pas très loin du cabinet, à cinq minutes à peine. Arrivé sur place, Aaron Schmitt commanda une pression et il attendit. &amp;lt;br&amp;gt;Il scrutait les passants à travers la vitre, tout en buvant nerveusement. A plusieurs reprises, un homme entra dans le café et passa devant lui, mais sans s’arrêter. Il finit sa bière et en commanda une autre. Il ne pensa pas une seule seconde à M. Poe. Seul comptait l’instant présent. Une heure passa mais Aaron Schmitt était toujours autant nerveux. Il se demanda à quoi bon le faire attendre dans le café. Du pied, il vérifia que la mallette était là, sous la table. Un homme entra et le regarda, mais ce fut bref, et l’homme continua son chemin pour aller s’asseoir à une table du fond. &amp;lt;br&amp;gt;Il était midi et le café commençait à se remplir de clients qui désiraient manger. Aaron Schmitt paya l’addition et retourna en direction de son cabinet. Son esprit était embrouillé. Pourquoi Antonielli n’était pas venu ? Peut-être que celui-ci l’avait averti par mail. Aaron Schmitt sentait au fond de lui que quelque chose s’était passé. En arrivant au cabinet, la première chose qu’il fit fut de vérifier ses mails mais la boite était vide. Ensuite, il fouilla le bureau de Mme Hagebutten, celle-ci était partie manger, à la recherche d’une lettre ou d’un mot, de n’importe quoi. Il ne trouva rien. Alors, il décida de faire une pause et d’allumer un moment la télévision, celle qui se trouvait dans la salle d’attente. Il tomba sur le journal télévisé et à nouveau, son cœur fit un bond. &amp;lt;br&amp;gt;On y voyait Vito Antonielli embarqué dans une voiture de police. Apparemment, l’escroc s’était fait arrêter la veille. La présentatrice résumait en quelques mots l’arrestation et les chefs d’accusation. Voilà pourquoi Antonielli n’était pas venu à l’Odéon. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt éteignit le téléviseur. Etait-ce le fruit du hasard ? D’abord, M. Poe qui décède et ensuite Antonielli derrière les barreaux. Et le même jours, qui plus est. &amp;lt;br&amp;gt;Tout en buvant son verre de scotch, le vieux psychologue réfléchissait. Avec Antonielli en prison, il ne risquait plus rien. Mais que faire de tout cet argent ? La réponse était facile.&amp;lt;br&amp;gt;La nuit tombée, Aaron Schmitt se rendit au Lac de Bienne dont les reflets de lune éclaircissaient la nuit. Il resta un instant au bord de l’eau et observa les alentours. Personne à l’horizon. Alors, de toutes ces forces, il lança la mallette qui d’un bruit sourd, s’engouffra dans les profondeurs du lac. &amp;lt;br&amp;gt;Ensuite, il s’assit et s’alluma une cigarette. Il ne fumait plus depuis des années mais à ce moment, il avait besoin d’une cigarette. Puis, il se leva et rentra chez lui.&amp;lt;br&amp;gt;Il se mit au lit rassuré et heureux, se disant que parfois le hasard fait bien les choses. Il entendit un bruit provenant du couloir et se redressa dans son lit, à l’affût du moindre bruit. Il sortit gentiment du lit et dans l’obscurité la plus profonde, il se dirigea vers la porte d’entrée. Il lui semblait sentir la présence d’un homme dans le couloir. Il prit une bouffé d’air et d’un mouvement rapide, ouvrit la porte. Mais personne ne se trouvait derrière et le couloir était vide. Alors, il s’appuya contre le mur, s’alluma une cigarette et se demanda si tout cela s’était vraiment passé. Puis, il ressentit une grande douleur.&lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|Un coup]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>Carnet de rendez-vous</title>
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				<updated>2011-01-14T11:35:19Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
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Lundi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
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*08h00 –&amp;amp;nbsp;[[La jeune fille rousse|Maus]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Kleptomanie&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnels&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – Mme Heinz &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse &lt;br /&gt;
*13h00 – M. Frey &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – [[Daisy|Daisy]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – [[:Category:Jörg|Mathilde]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Problèmes conjugaux &lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnels&lt;br /&gt;
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Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
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*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
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Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Lundi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
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*08h00 –&amp;amp;nbsp;[[La jeune fille rousse|Maus]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Kleptomanie&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnels&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – Mme Heinz &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse &lt;br /&gt;
*13h00 – M. Frey &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – [[Daisy|Daisy]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – Mathilde &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Problèmes conjugaux &lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Carnet_de_rendez-vous</id>
		<title>Carnet de rendez-vous</title>
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				<updated>2011-01-14T11:29:45Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 –&amp;amp;nbsp;[[La jeune fille rousse|Maus]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Kleptomanie&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – Mme Heinz &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse &lt;br /&gt;
*13h00 – M. Frey &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – [[Daisy|Daisy]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – Mathilde &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Problèmes conjugaux&lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;Il arriva au cabinet à huit heures, soit quinze minutes plus tôt que d’habitude, la mallette en main. Mme Hagebutten n’était pas encore là. Il entra dans son bureau, posa la mallette sur le sol et prit le téléphone. Il appela Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt avait prit la décision la plus simple, celle de remettre la mallette à Vito Antonielli et d’en informer M. Poe. De ce fait, les choses rentraient dans l’ordre et il ne parlerait plus jamais de cette mallette.&amp;lt;br&amp;gt;Il faut dire que la nuit avait été agitée. Le vieux psychiatre n’avait pas fermé l’œil. Il n’avait cessé de se demander comment Vito Antonielli avait su pour la mallette. Il n’y avait qu’une seule explication possible. M. Poe s’était souvenu l’avoir oubliée dans le cabinet d’Aaron Schmitt et l’avait dit à Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Un coup]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>La Mallette</title>
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				<updated>2011-01-14T11:08:20Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;J’ai classé des papiers, j’ai signé les ordonnances, j’ai remis de l’eau dans la machine à café, j’ai fermé la fenêtre car il faisait froid, j’ai lu la page politique du journal, j’ai mangé un croissant, j’ai cherché mes maudites lunettes, j’ai trouvé mes maudites lunettes, j’ai perdu mes maudites lunettes, j’ai pensé à Annie, j’ai bu un café, j’ai pensé à Maus, j’ai lu la page économique du journal, j’ai pensé à Thomas, j’ai pleuré un peu, j’ai essayé de pisser, j’ai insulté ma prostate, j’ai pleuré un peu plus, j’ai tenté de comprendre, j’ai souhaité retrouver ma jeunesse, j’ai fait les cent pas, j’ai serré ma cravate, j’ai pensé à Thomas, j’ai relacé mes chaussures, j’ai pensé à Mathilde, j’ai calmé mes ardeurs, j’ai pensé à Maus, j’ai marché vers la fenêtre, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai voulu sauter, j’ai regardé en bas, j’ai fermé la fenêtre, j’ai pris cette mallette…Une mallette&amp;amp;nbsp;? Que fait-elle ici&amp;amp;nbsp;? Quelqu’un l’a sûrement oubliée. En plus d’être fou à lier, mes patients sont guettés par M. Alzheimer. Je me demande vraiment pourquoi je fais ce métier. Je devrais peut-être moi-même aller voir un psy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voyons, qui était mon dernier patient&amp;amp;nbsp;? M. Poe, l’amoureux de la boisson. Bon Dieu, il va falloir que je lui téléphone. Et je déteste devoir appeler mes patients, ils essayent à chaque fois de profiter d’une séance gratuite. &amp;lt;br&amp;gt;Et si je la donnais à Mme Hagebutten&amp;amp;nbsp;? Cette vieille pie serait encore capable de la perdre&amp;amp;nbsp;! Il faut vraiment que je fasse tout moi-même. Je pourrais l’ouvrir&amp;amp;nbsp;? Non, ce ne serait pas digne de ma réputation. Mais nom de Dieu, je suis Aaron Schmitt, bon sang&amp;amp;nbsp;! Et je suis le psychiatre de M. Poe, cela me regarde aussi ce qu’il y a dans cette fichue mallette&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Je l’ouvre. Mon pacemaker manque de lâcher, tout comme ma prostate cette fois-ci. Des billets violets. Des dizaines de billets violets. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|La Mallette]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/M._Poe</id>
		<title>M. Poe</title>
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				<updated>2011-01-14T11:06:56Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;- Avez-vous eu des relations depuis notre dernière séance, M. Poe&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Non, Docteur. &amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Mais est-ce que votre partenaire, comment dire, vous incite à l’acte&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Oui, Docteur. Mais je crois que je deviens vieux. Vous avez quel âge&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Ce n’est pas la question. Votre partenaire, comment s’y prend-elle&amp;amp;nbsp;? Je veux dire, est-ce cela vous plait&amp;amp;nbsp;? Peut-être devriez-vous en parler avec &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;elle.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Nous faisons ce que tous les couples font, j’imagine.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Lui demandez-vous des choses particulières&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Hé bien, j’aime que ce soit naturel. Je lui demande ce que nous aimons, les hommes.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Nous sommes tous différents, M. Poe.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Je lui demande, vous savez, de me caresser.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Continuez, il n’y a aucune gêne à avoir.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Je dois avouer que c’est difficile pour moi.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Vous devriez vous ouvrir à elle.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Je préfèrerais que ce soit elle qui s’ouvre, Docteur.&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Dîtes-lui alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;J’y arrive pas. &amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Soyez franc&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Grand Dieu, Docteur&amp;amp;nbsp;! Je vais pas dire à ma femme&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;suce-moi&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;- &amp;amp;nbsp;Pas de cette manière, bon sang&amp;amp;nbsp;! Mais plus subtilement et en d’autres termes&amp;amp;nbsp;! A moins que ce ne soit ce genre de discours qui vous, comment &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; dire, stimule.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, Docteur.&amp;lt;br&amp;gt;- Avez-vous des soucis, M. Poe&amp;amp;nbsp;? Des choses qui vous tracassent et vous empêchent de vous concentrer&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- J’ai peut-être fait une bêtise, Docteur. Je vous en parle parce que nous sommes sous, c’est quoi déjà, secret professionnel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- J’ai perdu beaucoup d’argent aux jeux, de l’argent qui ne m’appartenait pas, vous voyez. &amp;lt;br&amp;gt;- Continuez.&amp;lt;br&amp;gt;- J’ai réussi à réunir la somme, mon compte épargne y est passé, vous voyez. Mais sans les intérêts demandés. Je dois voir cet homme aujourd'hui et j’ai peur qu’il soit pas très content.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;! Je suis sûr qu’il comprendra et vous accordera un délai supplémentaire.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est pas le genre de type compréhensible, Docteur.&amp;lt;br&amp;gt;- Vous devriez peut-être alerter la police, M. Poe.&amp;lt;br&amp;gt;- Jamais&amp;amp;nbsp;! Il le saurait. Ce type sait tout&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Et vous pensez que c’est cela qui vous empêche d’avoir une érection&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Peut-être, je sais pas. En tous cas, ça me fait bien flipper&amp;amp;nbsp;!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|M. Poe]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Equilibre</id>
		<title>Equilibre</title>
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				<updated>2011-01-14T11:06:03Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;Quand Aaron Schmitt décide de sortir du cabinet en pleine journée, il sait le regard de Mme Hagebutten sur sa nuque. La vieille folle n’attend que ça pour s’emparer des chocolats destinés aux clients, dans la salle d’attente. Heureusement, Aaron Schmitt est un vieux renard rusé. Il cache les chocolats dans une armoire fermée la clé. Il sort dans les rues de Bienne le sourire aux lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;C’est bientôt Noël et une mince couche de neige recouvre le trottoir. &amp;lt;br&amp;gt;La chocolaterie se trouve un peu plus loin, sur l’Avenue de la Gare. Aaron Schmitt déteste le chocolat. Mais quel plaisir de passer devant Mme Hagebutten, la plaque dépassant à peine de sa poche, mais assez pour être visible, et s’offrir cette vision merveilleuse de son visage jaloux et dépité! Bien sûr, elle n’en aura pas un carrée et la plaque finira certaînement à la poubelle.&amp;lt;br&amp;gt;„Ce sont les petits moments qui font les grands“, pense le vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;Droit devant lui, un groupe de punks marche à grands pas dans sa direction. Bottes militaires, pantalons rouges à rayures noires, ceintures à pointes longues comme des poignards, vestes de cuir, t-shirts sur lesquel est écrit „Fuck the Police and Fuck you too“, colliers à têtes de mort, et des coupes de cheveux qui feraient passer le Cirque de l’Horreur pour un jardin d’enfants.&amp;lt;br&amp;gt;Mais c’est une femme qui attire plus particulièrement l’attention d’Aaron Schmitt.&amp;lt;br&amp;gt;Celle-ci est en tête du groupe et marche avec assurance.&amp;lt;br&amp;gt;Elle porte des bottes de cuir à talon qui allonge la longueur déjà vertigineuse de ses jambes. Une paire de bas résilles rouges, troués vers le haut des cuisses. Son joli ventre est nu malgré le froid ambiant. Ses seins ne sont recouverts que d’un minuscule gilet, certainement trouvé au rayon enfants, et nulle besoin de bénéficier d’une imagination débordante pour imaginer ce qui se trouve sous ce gilet, tant ce qui est montré est déjà révélateur. Elle porte une simple veste de fourrure violette sur ses bras.&amp;lt;br&amp;gt;- Hé le vieux, dit-elle à Aaron Schmitt. C’est cinquante francs pour mater en public. En privé, c’est gratuit.&amp;lt;br&amp;gt;Le groupe suit sa route dans l’hilarité générale.&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Equilibre]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_jeune_fille_rousse</id>
		<title>La jeune fille rousse</title>
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				<updated>2011-01-14T11:05:05Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;'''&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;- Alors, kleptomane&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt aimait commencer ses séances en annonçant à voix haute la maladie de ses patients. De cette façon, on savait sans faire d’erreurs qui était atteint et qui était sain d’esprit. Il fallait le rappeler aux femmes aux foyers maniaco-dépressives et aux drogués accros aux médicaments, eux qui accusaient même le vieux psychiatre de faire partie du complot qui visait à les tuer, sinon ils n’avaient aucun respect. Il était souvent nécessaire de remettre l’église au milieu du village. A quoi bon faire des études&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt aimait que les choses soient claires. &amp;lt;br&amp;gt;Il n’avait pas accordé un seul regard à cette jeune fille rousse, entr’aperçu dans la salle d’attente, qui aujourd’hui venait profiter de ces cinq années de médecine. Il ne lui avait pas balancé à la figure un triste bonjour, et même pas de sa voix la plus froide, celle qui l’utilise pour ses patients les plus dérangés. Non, il ne s’en souciait pas. Il ne savait pas depuis combien de temps désormais elle attendait dans son bureau. Il avait bu son café sans l’œil collé à sa [[La Montre|montre]] dans la pièce d’à côté. Bien sûr, il avait entendu cette folle de Mme Hagebutten à onze heures précises, heure du rendez-vous, la diriger vers le bureau du psychiatre. Mais il n’allait pas se presser et lire son journal en hâte à cause d’une malade de plus, bon Dieu&amp;amp;nbsp;! Il était entré dans le bureau les yeux ailleurs, obstrués tout de même par cet éclat de rousseur vif qui agressait le regard. Il s’était assis et avait procéder à ses habitudes, celles qui rythment sa profession depuis plus de vingt-cinq ans.&amp;lt;br&amp;gt;- Ja.&amp;lt;br&amp;gt; Mme Hagebutten l’avait pourtant prévenu, mais Aaron Schmitt fut surpris par cette réponse germanique. Cette jeune fille ne parlait quasiment pas le français. Mais comment s’appelait-elle déjà&amp;amp;nbsp;? Un nom étrange, pas de son époque, Mme Hagebutten le lui avait rappelé plusieurs fois de sa voix de mégère désespérée et obèse. Ah oui, Maus. Aaron Schmitt se demanda combien de bouteilles ses parents avaient bien pu siffler au moment de nommer leur fille. Le monde part en vrille, se dit le vieux psychiatre. Il pensa également qu’il serait bien de trouver une autre réceptionniste que cette folle de Mme Hagebutten et de faire enlever l’annotation «&amp;amp;nbsp;pour germanophones également» de son annonce publicitaire dans le journal. Mais pourquoi Seigneur, pourquoi exerçait-il à Bienne, ville bilingue&amp;amp;nbsp;? Et puis, pourquoi avait-il fait médecine à Zürich&amp;amp;nbsp;? L'allemand en Suisse, c'est important, pour les politiciens, oui&amp;amp;nbsp;! Idiot, très idiot, Aaron Schmitt. Maintenant, il devait même se farcer les malades mentaux de Suisse alémanique. Pour faire honneur à son serment d’Hippocrate, mais seulement parce qu’il était un homme de parole, Aaron Schmitt se résolut tout de même à parler la langue de Goethe.&amp;lt;br&amp;gt;- Interessant, dit-il. Schwierig, schwierig. Bitte nicht stehlen hier&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Jetzt&amp;amp;nbsp;? Nein, répondit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;La machine étant rouillée, Aaron Schmitt avait besoin d’un certain temps d’adaptation pour retrouver son allemand. La jeune fille ne semblait pas être autrement affectée par cet énorme manque de politesse dont elle faisait preuve. Si le psychiatre parle en français, le patient parle en français&amp;amp;nbsp;! C’est tout&amp;amp;nbsp;! C’est ce qu’on apprend en médecine, nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! C’est ce que dicte ce diplôme de psychiatre derrière lui&amp;amp;nbsp;! Et de sûr, il était impossible de ne pas le remarquer, imposant, beau, digne de respect qu’il était ce diplôme de l’Université de Zürich&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Pour la première fois de la séance, Aaron Schmitt leva les yeux vers sa patiente. Celle-ci était plus jeune qu’il ne l’avait imaginé et son visage pur et lisse, dénué de toutes rides, réveillait l’instinct paternel qui avait toujours sommeillé en lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait l’air si perdue, à la merci de la vie, qu’Aaron Schmitt, pour la première fois depuis bien des années, ressentit un puissant élan de compassion à l’encontre de l’un de ses patients. A ce moment, à la vision de cette jeune fille rousse, il aurait voulu qu’Annie soit encore vivante. Il ne savait pas pourquoi, à cet instant précis, il pensait à sa femme, chose qui devenait de plus en rare avec le temps. Peut-être que la beauté appelle la beauté, se dit-il. La jeune fille était vêtue d’un pull orné de rayures rouges et blanches, ainsi que d’un pantalon vert. Et en temps normal, Aaron Schmitt aurait été choqué d’un pareil accoutrement, les rayures c’est pour les zèbres, mais avec Maus, c’était différent. Il n’était pas choqué. Portée par cette aura de misères et d’incertitudes qui marquait ses yeux, Maus réveillait l’humanité du vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;- Wann haben Sie angefangen zu stehlen&amp;amp;nbsp;? demanda-t’il.&amp;lt;br&amp;gt;- Ich weiss nicht…Ich weiss nicht, ob man es stehlen nennen kann. Es ist mehr…Eine Art Sammeln.&amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Könnten Sie sich in dem Fall keine Briefmarkensammlung zulegen statt zu stehlen?&amp;lt;br&amp;gt;Il avait espéré la faire sourire avec cette réflexion, peut-être même lui arracher un sourire. Mais visiblement la vie était si dure avec elle, qu’elle lui avait même enlevé son envie de rire.&amp;lt;br&amp;gt;-Briefmarken interessieren mich nicht…Jedenfalls nicht im Speziellen, dit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;- Haben Sie denn das Gefühl, dass Ihnen etwas fehlt&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht wirklich.&amp;lt;br&amp;gt;Comment pouvait-elle répondre cela&amp;amp;nbsp;? Même un aveugle verrait qu’il lui manque le sourire&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt aurait arraché le sien, dont il n’a guère besoin, et le lui aurait offert. Il ne voyait pas de meilleures façons d’aider la jeune fille. &amp;lt;br&amp;gt;- Wie fühlen Sie sich denn jetzt im Moment&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;La question de secours utilisée par tous les bons psychiatres en manque d’inspiration.&amp;lt;br&amp;gt;- Normal.&amp;lt;br&amp;gt;- Was meinen Sie damit, normal&amp;amp;nbsp;? Normal&amp;amp;nbsp;? Wollen Sie mich in den Fall bestehlen&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht nötig&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Ouf&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt avait déjà le doigt sur le petit bouton rouge sous son bureau qui servait à appeler d’urgence le poste de police. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un embué du cerveau dépressif et suicidaire l’emmène avec lui dans l’au-delà, pour avoir de la compagnie lors d[[Society, I hope you're not lonely without me|u grand voyage.&amp;amp;nbsp;]]&amp;lt;br&amp;gt;Il ne savait que dire. Il ressentait l’envie d’aider cette jeune fille. Il aurait voulu la gratifier d’un long discours moralisateur qui l’aurait écartée de la voie du larcin. C’est alors que dans son esprit surgirent les Dix commandements que lui répétait sans cesse son père, et plus particulièrement le Huitième «&amp;amp;nbsp;Tu ne voleras point&amp;amp;nbsp;». La Bible, rien de mieux pour aider une brebis à retrouver son troupeau. Mais Aaron Schmitt était lui-même persuadé que les Ecritures saintes ne seraient d’aucun secours. &amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Gut. Also ...Dann möchte ich jetzt, dass Sie sich auf das nächste Mal überlegen, weshalb Sie stehlen. Und ich möchte, dass Sie jedes Mal bevor Sie etwas stehlen wollen, sich die Person vor Augen führen, die Sie gerade vorhaben zu bestehlen und sich dann überlegen, ob es tatsächlich nötig ist. Abgemacht?&amp;lt;br&amp;gt;- Wenn es sein muss.&amp;lt;br&amp;gt;- Dann lassen Sie sich von Fr. Hagebutten einen Termin geben draussen und dann sehen wir uns wieder.&amp;lt;br&amp;gt;Elle prit son sac vert qui était accoudé à sa chaise et partit. Aaron Schmitt ouvrit son tiroir, en sortit sa bouteille de bourbon et se servit un verre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|La jeune fille]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>Carnet de rendez-vous</title>
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				<updated>2011-01-14T11:04:13Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lundi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 –&amp;amp;nbsp;[[La jeune fille rousse|Maus]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Kleptomanie&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mardi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – Mme Heinz &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse &lt;br /&gt;
*13h00 – M. Frey &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mercredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*08h00 – [[Daisy|Daisy]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – M. Dubois&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles &lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Society,_I_hope_you%27re_not_lonely_without_me</id>
		<title>Society, I hope you're not lonely without me</title>
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				<updated>2011-01-14T11:03:26Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Elle sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie&amp;amp;nbsp;! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est&amp;amp;nbsp;? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;amp;nbsp;Chère Mme Hagebutten, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt&amp;amp;nbsp;» &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition&amp;amp;nbsp;: que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Society[[Category:Aaron_Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Th%C3%A9rapie_capillaire</id>
		<title>Thérapie capillaire</title>
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				<updated>2011-01-14T11:02:42Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du jeunot)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était un vieil immeuble au centre ville. Thomas entra, se dirigea au fond d’un long couloir et fit face à la réceptionniste, une certaine Mme Hagebutten (elle lui avait dit son nom au téléphone, et il n’avait d’ailleurs pas pu s’empêcher de lâcher un léger rire).&amp;lt;br&amp;gt;- M. Sorel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas hocha la tête, bizarrement gêné.&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez bien patienter, Monsieur Schmitt arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr, répondit le jeune homme, avant de se diriger vers la salle d’attente, où, il le voyait d’ici, des sièges à l’apparence confortables (sensés «&amp;amp;nbsp;mettre à l’aise&amp;amp;nbsp;») étaient disposés…&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le bureau de Monsieur Schmitt, intervint alors la réceptionniste. Il arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;Thomas trouva la proposition un peu incongrue, mais accepta. Il se dirigea donc vers le bureau de son futur psy, qu’il ne connaissait pas encore, puisqu’il s’agissait de leur première séance… L’idée d’aller voir un psychiatre lui avait d’abord semblé saugrenue, jusqu’à qu’il réalise qu’il avait besoin d’en parler, de parler de son problème avec les femmes, puisque c’était un problème, puisqu’il n’était pas heureux… La rencontre lui faisait tout de même peur, il était un peu impressionné, il n’avait jamais été dans une pareille situation et il ne savait pas vraiment ce qu’il allait dire, s’il allait être capable de dire quelque chose…&amp;lt;br&amp;gt;Il était dans ce bureau, tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, exactement tel qu’il l’avait imaginé&amp;amp;nbsp;: il manquait peut-être simplement le siège en cuir «&amp;amp;nbsp;typique thérapie&amp;amp;nbsp;», puisque la pièce ne contenait que deux chaises, l’une en face de l’autre, séparée par un grand bureau en bois. Derrière le bureau, sur le mur, un diplôme, mis bien en évidence, avec – remarqua Thomas avec un sourire – une lampe qui avait été placée juste en dessus. Hasard ou volonté de se mettre en avant, le jeune homme était incapable de trancher pour l’instant. &amp;lt;br&amp;gt;Ce qui était sûr, c’était que tout, dans cette pièce, était totalement cliché. Du bureau ordonné à la bibliothèque remplie de livres de médecine (sans doute à nouveau une tentative pour rassurer le patient sur la légitimité du prix de la séance), au nom même de ce drôle de bonhomme&amp;amp;nbsp;: Aaron Schmitt. Thomas l’avait choisi pour ça, d’ailleurs, il avait cherché au hasard dans l’annuaire et était tombé sur ce nom., qui lui avait semblé tellement invraisemblablement banal qu’il s’était dit que ça devait être le bon. Il y avait dans ce nom et cette atmosphère, dans ce bureau, quelque chose d’incroyablement rassurant de banalité, et peut-être était-ce bien ce que l’on recherchait chez un psychiatre… Parler de tant d’excentricités, de bizarreries, peut-être était-ce plus simple dans un contexte terriblement «&amp;amp;nbsp;normal&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Un détail cependant attira l’œil de Thomas tandis qu’il parcourait la pièce du regard… Il s’approcha de la bibliothèque et retira délicatement un livre qui avait frappé son attention&amp;amp;nbsp;: entre le Traité sur la rhétorique médicale par Igor Bistouri et Analyse cognitive et comportementale&amp;amp;nbsp;: comment notre petite enfance marque-t-elle à jamais notre vie&amp;amp;nbsp;? par Sandrine Hologue, se trouvait un petit livre qui portait le titre suivant&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et je l’assume – Petite discussion avec sa calvitie.&amp;amp;nbsp;» Avec un sourire, et pour s’occuper dans cette attente qui commençait à être longue («&amp;amp;nbsp;dans un instant&amp;amp;nbsp;», tu parles…), Thomas ne put alors s’empêcher de feuilleter cet ouvrage incongru.&amp;lt;br&amp;gt;Malheureusement, alors qu’il contemplait avec de grands yeux la liste des «&amp;amp;nbsp;dix exercices pratiques pour se détacher de sa dépendance capillaire&amp;amp;nbsp;», un homme d’une soixantaine d’année, à moitié chauve, fit irruption dans la pièce, sourire aux lèvres. Il fixa Thomas, fixa le livre, fixa à nouveau Thomas, ne dit rien, fit disparaître son sourire, et resta planté là. Thomas, de son côté, était au comble de l’embarras&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre resta dans un silence absolu, et Thomas l’interpréta comme un&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;tout ceci devra rester entre nous, ça ne s’est jamais produit.&amp;amp;nbsp;». Il se dirigea vers la chaise derrière son bureau, s’assit, fit un geste pour indiquer à Thomas qu’il pouvait (ou devait) en faire de même, le jeune homme s’exécuta, et les deux hommes se firent face, silencieusement toujours.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre – vêtu dans un costume en tweed brun, Thomas était interloqué que cela se porte encore – fouilla dans ses papiers, sembla regarder un dossier, et finit par lâcher&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Curieuse approche. Thomas ne trouva qu’un mot à répondre&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Et on le payait pour poser des questions pareilles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sinon je ne serais pas là.&amp;lt;br&amp;gt;- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas resta silencieux quelques instants, et face à la concision de cet homme, il décida finalement lui aussi de faire court et direct&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre eut une expression étrange.&amp;lt;br&amp;gt;- Sexuellement ou… Emotionnellement&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Un peu les deux.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est-à-dire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas rougit légèrement&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le psychiatre marqua un temps, regarda par la fenêtre, puis murmura&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Là encore, Thomas décida de la jouer franc jeu. Finalement, c’était pour ça qu’il était là.&amp;lt;br&amp;gt;- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psy le coupa&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Mais… N’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Tomber amoureux&amp;amp;nbsp;? Tomber amoureux…&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Le psychologue sembla réfléchir, et Thomas se sentit étrangement gêné, presque idiot&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait vraiment ce qu’est l’amour, mon garçon&amp;amp;nbsp;! déclara alors le docteur Schmitt avec emphase. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’était le bouquet. Il devait payer autant pour s’entendre dire de telles banalités&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute. &amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il pas une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’est pas possible… Ça doit être un sketch… Où est la caméra cachée&amp;amp;nbsp;? Il essaye de faire poète, maintenant…&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas…&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon, il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Non, [[Dialogue Clair-obscure|il n’y en a pas]]. C’est bien le problème.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;Le psy ne voulait pas lâcher l’affaire&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Il était bouché, ou quoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance. C’est fini pour aujourd’hui.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;? s’étonna Thomas. Il avait l’impression que cela n’avait duré que quelques minutes. A quoi bon s’être déplacé pour… ça&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Encore une banalité… S’en suivit un serrage de mains un peu convenu, puis Thomas tourna donc les talons, en lâchant simplement, sans trop savoir pourquoi, mais bien décidé à revenir&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du psychiatre)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre rendez-vous de 09h00 vous attend dans votre bureau, Docteur Schmitt. Essayez de ne pas trop le faire attendre, c’est un sacré bel homme, dit Mme Hagebutten avec son sourire malicieux qui avait plus l’air d’un rictus que d’autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt n’avait pas le souvenir d’avoir engagé une réceptionniste pour qu’elle se mette à draguer les patients comme dans une discothèque, ici on soignait la déficience mentale, bon sang&amp;amp;nbsp;! Il la surveillait en cachette, l’épiant depuis la salle d’attente, feignant la lecture d’un magazine, il savait qu’elle mangeuse d’homme de première catégorie elle était, avec ses chemises à décolleté plongeant. Elle avait la poitrine généreuse et accueillante, d’ailleurs. Mais il se méfiait des femmes comme cela, parce qu’il savait que lorsque la tentation vient, il est difficile de ne pas y céder. Même lorsqu’on a soixante ans, cela ne change en rien la mécanique, à part que celle-ci a plus de mal à démarrer. Il alla se préparer un café à la machine automatique de la salle d’attente. Il était fier de son nouveau joujou. Expresso, ristretto, cappuccino, café au lait, lait au café, avec sucre, sans sucre, avec lait, sans lait, chocolat chaud, thé à la camomille, la machine savait tout faire. En tous cas, le café y était meilleur que dans la cafetière que concoctait chaque matin cette folle de Mme Hagebutten. Aaron Schmitt savait où placer les investissements pour faire prospérer son cabinet. Pas besoin d’être allé en école de commerce pour cela. Coup d’œil à sa montre, 09h10. Il était temps de s’occuper de son patient, un certain Thomas Sorel. A peine entré dans son bureau, Aaron Schmitt sut que les problèmes l’attendaient. Le jeune homme s’était emparé d’un livre dans la bibliothèque. Nom de Dieu, mais quelle époque&amp;amp;nbsp;! Pas n’importe quel ouvrage, «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et j’assume – Petite discussion avec sa calvitie&amp;amp;nbsp;». La plupart des patients sont des fouineurs qui ne peuvent s’empêcher de toucher tout et n’importe quoi. Le psychiatre était déjà mal à l’aise, le patient en savait déjà plus sur le Docteur que l’inverse, le diplôme accroché au mur n’avait plus de sens, et surtout Thomas Sorel avait une magnifique chevelure. Aaron Schmitt hésita à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire, le jeune homme essaya de se justifier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais Nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Marcher, s’asseoir et commencer la séance. Remuer quelques feuilles, tousser et commencer la séance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;? commença le vieux psychiatre comme à son habitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, des problèmes, pensa-t-il. Oui, l’obsession de s’introduire dans la vie des gens, dans leurs sphères privées et personnelles. Ne pas pouvoir patienter gentiment que le Docteur arrive, parler de ses problèmes et payer la facture. Oui, penser que ce visage fin et élégant, ce corps musclé et jeune sous ces habits, ce pétillement dans le regard suffisaient à tout se permettre. Aaron Schmitt remarqua comme le jeune homme était beau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sinon je ne serai pas là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Sorel esquissa un sourire, Aaron Schmitt resta de marbre. Il ne riait pas. Merde, se dit-il, voilà pourquoi le Docteur Harberg est meilleur psychiatre, il rigole aux blagues de ses patients&amp;amp;nbsp;! Ca instaure un climat de tranquillité, brise la glace. Aaron Schmitt hésita encore une fois à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais nom de Dieu&amp;amp;nbsp;? était-ce une blague de Mme Hagebutten ce jeune homme beau et viril&amp;amp;nbsp;? Pendant un instant, le double menton et la robe aux fleurs imprimées de la réceptionniste se dessinèrent dans l’esprit du psychiatre. Il l’imaginait très bien comploter pour renverser son patron et prendre sa place, il l’avait déjà vu s’entraîner à la psychothérapie avec des tasses, mimer une séance. Elle se croyait seule et pensait que cela resterait secret. Heureusement qu’Aaron Schmitt était un homme bienveillant qui surveille toujours ses arrières. Il fallait se reprendre et continuer la séance&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sexuellement ou…Emotionnellement&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Un peu des deux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C’est à dire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jeune homme se tut un instant et Aaron Schmitt se demanda combien de femmes Thomas Sorel avait connues, alors que le psychiatre n’avait partagé sa vie qu’avec Annie. D’ailleurs, en pensant à elle, il se dit que peut-être il devrait trouver le courage d’aller fleurir sa tombe et faire face à la réalité. Aaron Schmitt hésita à boire un coup, mais pour d’autres raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la fenêtre, les passants n’en avaient rien à foutre du sentiment de perdition d’Aaron Schmitt, qui depuis la fenêtre du cinquième étage observait la rue. Il aurait donné une vie de lettres d’amour pour retrouver sa jeunesse, et pouvoir tenir ce genre de discours. Mais au fond, il savait que si le temps lui était rendu, il passerait quand même sa vie avec Annie. Pourquoi avoir [[Le Profil|créé un profil]] sur [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001682561698 Facebook]&amp;amp;nbsp;? Pourquoi vouloir connaître des jeunes femmes alors que celles-ci cherchent précisément ce qui tourmente le vieux psychiatre&amp;amp;nbsp;? Nom de Dieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est étrange avec les souvenirs, c’est qu’avec le temps, ils deviennent des souvenirs de souvenirs.&amp;amp;nbsp;La couleur préférée d’Annie, était-ce le vert&amp;amp;nbsp;? Le bleu&amp;amp;nbsp;? Et puis, est-ce que les citronniers se cachent sous terre maintenant qu’elle n’est plus là&amp;amp;nbsp;? Elle adorait le thé au ciron, mais peut-être qu’en fait c’était du thé au miel. Il souhaitait à Thomas Sorel de ne plus se rappeler un jour, mais de garder en tête ce qui importe vraiment. Ses lunettes rouges qu’elles trouvaient bien trop grosses, la façon qu’elle avait de se mettre sur la pointe des pieds pour le baiser de bonne nuit, elle tout simplement. C’était elle qui importait vraiment. Mais comment avait-il pu se laisser aller au point d’avoir une bouteille de bourbon dans son tiroir de bureau&amp;amp;nbsp;? De se balader chez lui avec une carabine Winchester&amp;amp;nbsp;? De n’être pas allé au cimetière depuis quinze ans&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant, mais n’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;C’était un sentiment étrange. Celui d’être d’accord avec un de ses patients pour une fois. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’il se passait&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt était totalement déstabilisé. Il pensa à ces minutes de folie durant lesquelles toute une vie peut basculer totalement. Etait-ce un des moments-là&amp;amp;nbsp;? Puis, il pensa à cette mallette remplie d’argent, qui se trouvait sous son canapé. La redonner à M. Poe, prendre sa retraite et partir dans le sud de l’Italie pour y finir ses jours. Voilà ce que se disait Aaron Schmitt. Et voilà ce qu’il ferait dès le lendemain.&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait ce que c’est l’amour, mon garçon. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute.&amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une femme comme Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas.&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon&amp;amp;nbsp;! Il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde a une Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Les oliviers et les maisons à toits plats, les rochers près de Galatone et le kiosque de moules de son cousin, le vert de la mer et les lézards, l’ail et les tomates, les lunettes rouges et la robe bleue.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt a serré la main de ce jeune homme en ayant le sentiment que c’était à ces illusions perdues qu’il venait de dire au revoir.&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]]&amp;amp;nbsp;[[Category:Aaron_Schmitt|Thérapie capillaire]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Le_Profil</id>
		<title>Le Profil</title>
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				<updated>2011-01-14T11:01:34Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Depuis [[Thérapie capillaire|la séance avec Thomas Sorel]], Aaron Schmitt ne cessa de penser à cette jeunesse perdue qu’il désirait retrouver plus que tout au monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le problème&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt est un psychologue de soixante ans, alcoolique et à la prostate défaillante.&amp;lt;br&amp;gt;Comment redevenir jeune&amp;amp;nbsp;? Bien des hommes et des femmes se sont posés cette question à travers l’histoire.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt pensa au mythe de la Fontaine de jouvence. Il aurait fallu trouver le moyen de se rendre au Jardin d’Eden et d’y goûter son eau. &amp;lt;br&amp;gt;Etrangement, dans la tête du psychologue, cela évoqua quelque chose.&amp;lt;br&amp;gt;Il avait lu quelques mots à ce sujet dans un livre ou une revue. C’était peut-être hier ou le jour d’avant. Il se leva, se rendit dans les toilettes du cabinet.&amp;lt;br&amp;gt;Le magazine ä scandales était là, posé sur le sol à côté de la cuvette. Aaron Schmitt l’avait confisqué à Mme Hagebutten car il l’avait surpris en train de le lire pendant les heures de bureau. Nom de Dieu, être obligé de confisquer les choses comme à un gamin de huit ans. &amp;lt;br&amp;gt;Mais il faut dire que c’était une lecture agréable, lorsque la nature se faisait sentir. &amp;lt;br&amp;gt;En première page, le gros titre «&amp;amp;nbsp;Exclusif&amp;amp;nbsp;: Madonna à 25 ans sur Facebook&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;La chanteuse avait donc trouvé le moyen de fausser son âge. &amp;lt;br&amp;gt;Mais qu’est-ce que ce Facebook&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt ouvrit le magazine en pages trois et lut entièrement l’article. Apparemment, c’est un site internet. Très populaire chez les jeunes. &amp;lt;br&amp;gt;Il est possible de se créer un profil et de se faire des amis en quelques clics.&amp;lt;br&amp;gt;Intéressant.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychiatre alluma son ordinateur qu’il utilisait très peu. Il cliqua sur le navigateur internet et la page d’accueil s’ouvrit.&amp;lt;br&amp;gt;Maladroitement, il tapa le mot «&amp;amp;nbsp;Facebook&amp;amp;nbsp;» sur Google et automatiquent, il se retrouva devant la page d’accueil du site.&amp;lt;br&amp;gt;C’était à rien n’y comprendre. Arriver jusque là était déjà une véritable prouesse informatique pour le vieux psychiatre. Inutile de penser à demander de l’aide à Mme Hagebutten, il devrait lui expliquer le pourquoi du comment et Aaron Schmitt en avait bien trop honte.&amp;lt;br&amp;gt;Il repéra le champ «&amp;amp;nbsp;inscription&amp;amp;nbsp;». Il entra son prénom, son nom de famille, son adresse mail professionnelle, il ne l’avait plus relevé ses mails depuis deux ans. Il cliqua sur le gros bouton vert de confirmation mais il n’avait pas rempli tous les champs.&amp;lt;br&amp;gt;Le site lui indiqua de remplir le champ «&amp;amp;nbsp;Sexe&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Comment ça, sexe&amp;amp;nbsp;? Pourquoi aurait-il besoin de son sexe&amp;amp;nbsp;? Etait-ce une question de taille&amp;amp;nbsp;? Ah, il devait simplement indiquer être un homme. &amp;lt;br&amp;gt;Date de naissance&amp;amp;nbsp;? Vingt-trois ans. Dans la force de l’âge.&amp;lt;br&amp;gt;Cette fois-ci, en cliquant sur le gros bouton vert, le profil se créa.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Le Profil]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Equilibre</id>
		<title>Equilibre</title>
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				<updated>2011-01-14T10:54:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Un besoin pressant“ nach „Equilibre“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;Quand Aaron Schmitt décide de sortir du cabinet en pleine journée, il sait le regard de Mme Hagebutten sur sa nuque. La vieille folle n’attend que ça pour s’emparer des chocolats destinés aux clients, dans la salle d’attente. Heureusement, Aaron Schmitt est un vieux renard rusé. Il cache les chocolats dans une armoire fermée la clé. Il sort dans les rues de Bienne le sourire aux lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;C’est bientôt Noël et une mince couche de neige recouvre le trottoir. &amp;lt;br&amp;gt;La chocolaterie se trouve un peu plus loin, sur l’Avenue de la Gare. Aaron Schmitt déteste le chocolat. Mais quel plaisir de passer devant Mme Hagebutten, la plaque dépassant à peine de sa poche, mais assez pour être visible, et s’offrir cette vision merveilleuse de son visage jaloux et dépité! Bien sûr, elle n’en aura pas un carrée et la plaque finira certaînement à la poubelle.&amp;lt;br&amp;gt;„Ce sont les petits moments qui font les grands“, pense le vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;Droit devant lui, un groupe de punks marche à grands pas dans sa direction. Bottes militaires, pantalons rouges à rayures noires, ceintures à pointes longues comme des poignards, vestes de cuir, t-shirts sur lesquel est écrit „Fuck the Police and Fuck you too“, colliers à têtes de mort, et des coupes de cheveux qui feraient passer le Cirque de l’Horreur pour un jardin d’enfants.&amp;lt;br&amp;gt;Mais c’est une femme qui attire plus particulièrement l’attention d’Aaron Schmitt.&amp;lt;br&amp;gt;Celle-ci est en tête du groupe et marche avec assurance.&amp;lt;br&amp;gt;Elle porte des bottes de cuir à talon qui allonge la longueur déjà vertigineuse de ses jambes. Une paire de bas résilles rouges, troués vers le haut des cuisses. Son joli ventre est nu malgré le froid ambiant. Ses seins ne sont recouverts que d’un minuscule gilet, certainement trouvé au rayon enfants, et nulle besoin de bénéficier d’une imagination débordante pour imaginer ce qui se trouve sous ce gilet, tant ce qui est montré est déjà révélateur. Elle porte une simple veste de fourrure violette sur ses bras.&amp;lt;br&amp;gt;- Hé le vieux, dit-elle à Aaron Schmitt. C’est cinquante francs pour mater en public. En privé, c’est gratuit.&amp;lt;br&amp;gt;Le groupe suit sa route dans l’hilarité générale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre</id>
		<title>Diskussion:Equilibre</title>
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				<updated>2011-01-14T10:54:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Diskussion:Un besoin pressant“ nach „Diskussion:Equilibre“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Pauvre Aaron. Ça lui apprendra à gâcher du bon chocolat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(je vais chercher du chocolat, d'ailleurs, parce que ça donne faim, tout ça) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; J'aime bien la phrase de la punk. Aussi, j'adore les petits élans de sadisme qu'il a avec Mme Hagenbutten. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette relation me semble bien complexe... Je me réjouis de voir l'impact de cette phrase sur notre bon vieux psy. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, on attend la suite!&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Moi j'aime la phrase sur &amp;quot;... le Cirque de l’Horreur ...&amp;quot; - tout un unvers ...!&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La relation avec sa secrétaire est bien établi!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urs&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je l`impression que Aaron se rend plus à plus malfaisant et crevard (?)! J`aime bien ça. Le caractère de ton personnage devient plus fort et précis. &lt;br /&gt;
Olivia&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>Un besoin pressant</title>
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				<updated>2011-01-14T10:54:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Un besoin pressant“ nach „Equilibre“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#WEITERLEITUNG [[Equilibre]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Un_besoin_pressant</id>
		<title>Diskussion:Un besoin pressant</title>
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				<updated>2011-01-14T10:54:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Diskussion:Un besoin pressant“ nach „Diskussion:Equilibre“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#WEITERLEITUNG [[Diskussion:Equilibre]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Aaron_Schmitt</id>
		<title>Aaron Schmitt</title>
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				<updated>2011-01-14T10:54:07Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt referma la porte derrière Mme Mayer qui venait pour sa séance quotidienne. Cela faisait deux ans qu’elle était terrassée par une grave dépression. Et elle ne semblait pas aller vers la guérison.&amp;lt;br&amp;gt;En ouvrant son [[Carnet de rendez-vous|carnet de rendez-vous]], assis à son bureau, Aaron Schmitt remarqua avec étonnement que sa journée était terminée. Mme Mayer était son dernier rendez-vous le jeudi. Alors, il rangea son carnet dans le dernier tiroir de son bureau, ouvrit le premier, en sortit une bouteille de bourbon et se servit un verre. Il but une rasade et sentit sa gorge se serrer sous le feu de l’alcool. Mais il le dégusta allègrement, se délaissant des restes d’une journée de labeurs.&amp;lt;br&amp;gt;Derrière lui, sur le grand mur de son cabinet, son diplôme de psychiatre, fruit de longues années études en médecine. Il était placé là pour que le patient n’oublie pas qui est le diplômé pendant la séance. Cela permettait de garder un certain [[Un_besoin_pressant|équilibre]]. Il en était fier.&amp;lt;br&amp;gt;Il voulut ranger la bouteille de bourbon dans son tiroir mais fut coupé dans son élan à la vision d’une [[Lettre|lettre]] avec écrit dessus &amp;quot;Aaron&amp;quot;. Elle n’était pas affranchie, elle portait simplement son nom.&amp;lt;br&amp;gt;Mais le psychiatre résista à la tentation de l’ouvrir. Son contenu devait être trop éprouvant à lire. Il referma le tiroir d’un coup sec qui fit trembler le bureau tout entirer. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt était un homme bon, généreux et qui n’hésitait pas à donner une pièce au premier mendiant venu. Issu d’une bonne famille juive, il avait été élevé à l’ancienne, dans le respect des [[Traditions|traditions]]. Son père lui avait enseigné l’art d’être un homme, avant que celui-ci, ivre, ne laisse tomber sa bouteille de vin sur les voies et tentant de la ramasser, se fit happer par le train. Depuis, Aaron Schmitt essayait de lui faire honneur. Même si parfois, il aurait voulu détacher cette ombre paternelle de son dos pour tracer son propre chemin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Equilibre</id>
		<title>Equilibre</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Equilibre"/>
				<updated>2011-01-14T10:52:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;Quand Aaron Schmitt décide de sortir du cabinet en pleine journée, il sait le regard de Mme Hagebutten sur sa nuque. La vieille folle n’attend que ça pour s’emparer des chocolats destinés aux clients, dans la salle d’attente. Heureusement, Aaron Schmitt est un vieux renard rusé. Il cache les chocolats dans une armoire fermée la clé. Il sort dans les rues de Bienne le sourire aux lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;C’est bientôt Noël et une mince couche de neige recouvre le trottoir. &amp;lt;br&amp;gt;La chocolaterie se trouve un peu plus loin, sur l’Avenue de la Gare. Aaron Schmitt déteste le chocolat. Mais quel plaisir de passer devant Mme Hagebutten, la plaque dépassant à peine de sa poche, mais assez pour être visible, et s’offrir cette vision merveilleuse de son visage jaloux et dépité! Bien sûr, elle n’en aura pas un carrée et la plaque finira certaînement à la poubelle.&amp;lt;br&amp;gt;„Ce sont les petits moments qui font les grands“, pense le vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;Droit devant lui, un groupe de punks marche à grands pas dans sa direction. Bottes militaires, pantalons rouges à rayures noires, ceintures à pointes longues comme des poignards, vestes de cuir, t-shirts sur lesquel est écrit „Fuck the Police and Fuck you too“, colliers à têtes de mort, et des coupes de cheveux qui feraient passer le Cirque de l’Horreur pour un jardin d’enfants.&amp;lt;br&amp;gt;Mais c’est une femme qui attire plus particulièrement l’attention d’Aaron Schmitt.&amp;lt;br&amp;gt;Celle-ci est en tête du groupe et marche avec assurance.&amp;lt;br&amp;gt;Elle porte des bottes de cuir à talon qui allonge la longueur déjà vertigineuse de ses jambes. Une paire de bas résilles rouges, troués vers le haut des cuisses. Son joli ventre est nu malgré le froid ambiant. Ses seins ne sont recouverts que d’un minuscule gilet, certainement trouvé au rayon enfants, et nulle besoin de bénéficier d’une imagination débordante pour imaginer ce qui se trouve sous ce gilet, tant ce qui est montré est déjà révélateur. Elle porte une simple veste de fourrure violette sur ses bras.&amp;lt;br&amp;gt;- Hé le vieux, dit-elle à Aaron Schmitt. C’est cinquante francs pour mater en public. En privé, c’est gratuit.&amp;lt;br&amp;gt;Le groupe suit sa route dans l’hilarité générale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&amp;lt;br&amp;gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Quelques_Mots</id>
		<title>Quelques Mots</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Quelques_Mots"/>
				<updated>2011-01-14T10:49:33Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;'''De l'au-delà &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;'''01.01.10 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cher Aaron, &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
N’oublie pas d’arroser mes pétunias. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Annie &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Delete|A]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Lettre</id>
		<title>Lettre</title>
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				<updated>2011-01-14T10:46:25Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''La Lettre &amp;amp;nbsp; '''&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;01.01.10 &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Annie. Elle était la femme d’Aaron. Elle s’est suicidée et ne lui a laissé qu’une simple lettre et [[Quelques Mots|quelques mots]] encrés sur un bout de papier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Delete|aaron]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Diskussion:Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
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				<updated>2011-01-14T10:39:57Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Diskussion:La Montre“ nach „Diskussion:Un coup de dés jamais n'abolira le hasard“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Il y un super embience - presque un peu d'un western, avec sa winchester... - dans ce texte. Son monde intérieur sort très bien dans ces description. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est parfait comme il se prépare pour aller boire du lait avec du miel - puis se sert du bourbon à la place. J'enlèverais le bourbon dans la pèremière partie du texte, là ou il se prépare pour aller boire du lait - vraiment le laisser prendre la décision de boire du lait, puis se servir du bourbon sans vraiment y penser - le mensenge de l'alcoholique à lui même.... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urs &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonne idée pour la décision de boire du lait sans bourbon au début, ça m'a fait rire aussi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aime beaucoup, j'ai beaucoup ri au passage où tu dis&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;lorsqu'il était enfant et qu'il avait des cheveux&amp;quot; ou quelque chose comme ça.. Et puis le passage sur la chirurgie esthétique, à la fin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, pour moi c'est pareil avec le lait/bourbon. Je pense aussi qu'on pourrait aller loin avec cette carabine, et j'aime bien le fait - si je l'ai bien compris - qu'il l'ait rangée dans l'ancienne armoire de sa femme, ta description l'impression de vide, avant d'empoigner l'arme rassurante. C'est drôle, ces histoires de cheveux, j'ai bien aimé le même passage qu'Arthur. Je pense que tu peux aussi beaucoup jouer sur son complexe capillaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J`aime le folie de la persécution d`Aaron Schmitt!! Et dans ce text on remarque que sa femme lui manque sans tu le dis directement-je trouve que ça c`est très bien fait! De plus, je trouve drole comment tu décris comment il pense à ses amis spécialisés de L`Université de Zurich ....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Olivia&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:La_Montre</id>
		<title>Diskussion:La Montre</title>
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				<updated>2011-01-14T10:39:57Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „Diskussion:La Montre“ nach „Diskussion:Un coup de dés jamais n'abolira le hasard“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#WEITERLEITUNG [[Diskussion:Un coup de dés jamais n'abolira le hasard]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
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				<updated>2011-01-14T10:39:56Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „La Montre“ nach „Un coup de dés jamais n'abolira le hasard“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;Il arriva au cabinet à huit heures, soit quinze minutes plus tôt que d’habitude, la mallette en main. Mme Hagebutten n’était pas encore là. Il entra dans son bureau, posa la mallette sur le sol et prit le téléphone. Il appela Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt avait prit la décision la plus simple, celle de remettre la mallette à Vito Antonielli et d’en informer M. Poe. De ce fait, les choses rentraient dans l’ordre et il ne parlerait plus jamais de cette mallette.&amp;lt;br&amp;gt;Il faut dire que la nuit avait été agitée. Le vieux psychiatre n’avait pas fermé l’œil. Il n’avait cessé de se demander comment Vito Antonielli avait su pour la mallette. Il n’y avait qu’une seule explication possible. M. Poe s’était souvenu l’avoir oubliée dans le cabinet d’Aaron Schmitt et l’avait dit à Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_Montre</id>
		<title>La Montre</title>
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				<updated>2011-01-14T10:39:56Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: hat „La Montre“ nach „Un coup de dés jamais n'abolira le hasard“ verschoben&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;#WEITERLEITUNG [[Un coup de dés jamais n'abolira le hasard]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard"/>
				<updated>2011-01-14T10:36:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;Il arriva au cabinet à huit heures, soit quinze minutes plus tôt que d’habitude, la mallette en main. Mme Hagebutten n’était pas encore là. Il entra dans son bureau, posa la mallette sur le sol et prit le téléphone. Il appela Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt avait prit la décision la plus simple, celle de remettre la mallette à Vito Antonielli et d’en informer M. Poe. De ce fait, les choses rentraient dans l’ordre et il ne parlerait plus jamais de cette mallette.&amp;lt;br&amp;gt;Il faut dire que la nuit avait été agitée. Le vieux psychiatre n’avait pas fermé l’œil. Il n’avait cessé de se demander comment Vito Antonielli avait su pour la mallette. Il n’y avait qu’une seule explication possible. M. Poe s’était souvenu l’avoir oubliée dans le cabinet d’Aaron Schmitt et l’avait dit à Vito Antonielli. &amp;lt;br&amp;gt;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard</id>
		<title>Un coup de dés jamais n'abolira le hasard</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Un_coup_de_d%C3%A9s_jamais_n%27abolira_le_hasard"/>
				<updated>2011-01-14T10:35:22Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coussin calé derrière la tête, seul désormais dans le lit matrimonial, Aaron Schmitt n’arrivait pas à trouver le sommeil. Tous les retournements stratégiques, contre la gauche, contre la droite, en face de la fenêtre, de la porte, afin de trouver la position idéale n’avait pas arrangé les choses. Aaron Schmitt avait maintenant mal au dos.&amp;lt;br&amp;gt;Il pensa à se lever et à se préparer une tasse de lait arrosé d’une goutte de miel. Si dans cinq minutes, il était encore en train de remuer comme un lion en cage, il n’essaierait plus de lutter. Cinq minutes plus tard, Aaron Schmitt se leva.&amp;lt;br&amp;gt;La chambre baignait dans une lumière blafarde. De minces filets de lune parvenaient à se faufiler à travers les volets qui étaient toujours fermés la nuit tombée, il était si facile pour un cambrioleur de casser une vitre. Pour ça, Aaron Schmitt gardait une vieille carabine Winchester qui appartenait à son [[Traditions|père]]. Elle était toujours utile quand [[Un besoin pressant|&amp;lt;span style=&amp;quot;text-decoration: underline;&amp;quot;&amp;gt;un besoin pressant&amp;lt;/span&amp;gt;]] se faisait sentir en pleine nuit. Il suffisait d’ouvrir l’armoire contenant toutes les affaire d’Annie, de ressentir un immense vide à l’intérieur, et d’empoigner cette magnifique protection, ce fut la première chose que fit Aaron Schmitt en se levant ce soir-là.&amp;lt;br&amp;gt;La porte de la chambre s’ouvrit dans un grincement sordide. Aaron Schmitt jeta un coup d’œil à gauche, à droite, le couloir était désert. &amp;lt;br&amp;gt;La cuisine se trouvait au rez-de-chaussée. En descendant les vieux escaliers, le psychiatre se devait d’être prudent, une hanche cassée n’avait rien d’attirant, même s’il aurait voulu courir à toute vitesse comme lorsqu’il était enfant et qu’il avait des cheveux.&amp;lt;br&amp;gt;La cuisine avait perdue de sa beauté, la nourriture n’avait plus le même goût depuis qu’Annie n’était plus là. Aaron Schmitt resta un instant dans l’encadrement de la porte à se souvenir du tablier rouge, des casseroles à vapeurs et des tomates fraîches. Puis, il ouvrit une armoire, celle qui contenait du chocolat auparavant, et se servit un verre de bourbon, au diable le lait.&amp;lt;br&amp;gt;L’horloge au-dessus du lavabo indiquait trois heures du matin. Le clocher non loin de la maison confirma en sonnant trois fois. Dans quatre heures, Aaron Schmitt devra se rendre à son cabinet pour son rendez-vous avec [[Carnet de rendez-vous|Mme Heinz]], la grillée du cerveau maniaco-dépressive et paranoïaque. Il ne comprenait comment il était possible de se laisser aller à ce point-là. Depuis deux ans, Mme Heinz alignait scandales sur scandales. Elle soupçonnait tout le monde de faire partie d’un complot gouvernemental visant à l’abattre. Elle se baladait avec un revolver dans son sac et n’avait pas hésité à le sortir quand un jeune homme voulut l’aider à porter ses commissions.&amp;lt;br&amp;gt;Ah, Aaron Schmitt ne comprenait pas. En soixante ans de vie, il était las de ne pas comprendre.&amp;lt;br&amp;gt;Il pensa à [[Carnet de rendez-vous|Mme Magnin]], alcoolique depuis la mort de son père. Elle passait son temps à écumer son foie dans les bars. Il but une rasade brulante de son bourbon en hommage à elle, pauvre malade de la tête, siphonnée du cervelet.&amp;lt;br&amp;gt;L’horloge indiquait trois heures et quart. L’église non loin sonna une fois. Aaron Schmitt crut entendre un bruit dans le salon. Il empoigna sa carabine Winchester mais il n’y avait personne dans le salon. Il se servit un autre verre de bourbon.&amp;lt;br&amp;gt;La mallette trouvée cette après-midi était cachée sous le canapé en liège du salon et c’est dans cette direction que se portait le regard d’Aaron Schmitt.&amp;lt;br&amp;gt;Il n’en avait pas parlé à personne, surtout pas à cette ramonée du ciboulot de Mme Hagebutten, ni à [[Carnet de rendez-vous|M. Poe]] afin de lui demander si cette mallette lui appartenait. Il avait passé une bonne heure à compter tout l’argent. Cent mille francs. &amp;lt;br&amp;gt;Pris de panique, il avait couru dans son salon cacher la mallette sous le canapé, comme si elle était en sécurité là-dessous. C’était un réflexe nerveux.&amp;lt;br&amp;gt;L’argent, il n’en avait pas tant besoin. Ses honoraires étaient beaucoup trop élevés par rapport aux autres psychiatres de Bienne. Mais les patients continuaient d’affluer aux portes de son cabinet. &amp;lt;br&amp;gt;Mais depuis cet après-midi, une idée germait dans son esprit. Il avait quelques connaissances, des amis de l’Université de Zürich qui s’étaient spécialisés dans une autre branche de la médecine. Par exemple, le Dr Zimmermann de Fribourg le Dr Braum de Lucerne. Avec eux, il était sûr de bénéficier d’une certaine discrétion. Il ne savait pas combien pouvait coûter une opération. Enlever un peu de graisse au niveau du ventre, refaire le contour des yeux, retendre un peu la peau du visage, greffer des cheveux sur le crâne. Tout cela avait un prix conséquent, bien sûr. Le vieux psychiatre ne s’était plus regarder dans un miroir depuis dix ans désormais. Il s’était disputé avec Annie à ce sujet-là. Détacher tous les miroirs d’une maison, cela peut être mal interprété pour une femme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_jeune_fille_rousse</id>
		<title>La jeune fille rousse</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_jeune_fille_rousse"/>
				<updated>2011-01-14T10:32:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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&amp;amp;nbsp;- Alors, kleptomane&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt aimait commencer ses séances en annonçant à voix haute la maladie de ses patients. De cette façon, on savait sans faire d’erreurs qui était atteint et qui était sain d’esprit. Il fallait le rappeler aux femmes aux foyers maniaco-dépressives et aux drogués accros aux médicaments, eux qui accusaient même le vieux psychiatre de faire partie du complot qui visait à les tuer, sinon ils n’avaient aucun respect. Il était souvent nécessaire de remettre l’église au milieu du village. A quoi bon faire des études&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt aimait que les choses soient claires. &amp;lt;br&amp;gt;Il n’avait pas accordé un seul regard à cette jeune fille rousse, entr’aperçu dans la salle d’attente, qui aujourd’hui venait profiter de ces cinq années de médecine. Il ne lui avait pas balancé à la figure un triste bonjour, et même pas de sa voix la plus froide, celle qui l’utilise pour ses patients les plus dérangés. Non, il ne s’en souciait pas. Il ne savait pas depuis combien de temps désormais elle attendait dans son bureau. Il avait bu son café sans l’œil collé à sa [[La Montre|montre]] dans la pièce d’à côté. Bien sûr, il avait entendu cette folle de Mme Hagebutten à onze heures précises, heure du rendez-vous, la diriger vers le bureau du psychiatre. Mais il n’allait pas se presser et lire son journal en hâte à cause d’une malade de plus, bon Dieu&amp;amp;nbsp;! Il était entré dans le bureau les yeux ailleurs, obstrués tout de même par cet éclat de rousseur vif qui agressait le regard. Il s’était assis et avait procéder à ses habitudes, celles qui rythment sa profession depuis plus de vingt-cinq ans.&amp;lt;br&amp;gt;- Ja.&amp;lt;br&amp;gt; Mme Hagebutten l’avait pourtant prévenu, mais Aaron Schmitt fut surpris par cette réponse germanique. Cette jeune fille ne parlait quasiment pas le français. Mais comment s’appelait-elle déjà&amp;amp;nbsp;? Un nom étrange, pas de son époque, Mme Hagebutten le lui avait rappelé plusieurs fois de sa voix de mégère désespérée et obèse. Ah oui, Maus. Aaron Schmitt se demanda combien de bouteilles ses parents avaient bien pu siffler au moment de nommer leur fille. Le monde part en vrille, se dit le vieux psychiatre. Il pensa également qu’il serait bien de trouver une autre réceptionniste que cette folle de Mme Hagebutten et de faire enlever l’annotation «&amp;amp;nbsp;pour germanophones également» de son annonce publicitaire dans le journal. Mais pourquoi Seigneur, pourquoi exerçait-il à Bienne, ville bilingue&amp;amp;nbsp;? Et puis, pourquoi avait-il fait médecine à Zürich&amp;amp;nbsp;? L'allemand en Suisse, c'est important, pour les politiciens, oui&amp;amp;nbsp;! Idiot, très idiot, Aaron Schmitt. Maintenant, il devait même se farcer les malades mentaux de Suisse alémanique. Pour faire honneur à son serment d’Hippocrate, mais seulement parce qu’il était un homme de parole, Aaron Schmitt se résolut tout de même à parler la langue de Goethe.&amp;lt;br&amp;gt;- Interessant, dit-il. Schwierig, schwierig. Bitte nicht stehlen hier&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Jetzt&amp;amp;nbsp;? Nein, répondit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;La machine étant rouillée, Aaron Schmitt avait besoin d’un certain temps d’adaptation pour retrouver son allemand. La jeune fille ne semblait pas être autrement affectée par cet énorme manque de politesse dont elle faisait preuve. Si le psychiatre parle en français, le patient parle en français&amp;amp;nbsp;! C’est tout&amp;amp;nbsp;! C’est ce qu’on apprend en médecine, nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! C’est ce que dicte ce diplôme de psychiatre derrière lui&amp;amp;nbsp;! Et de sûr, il était impossible de ne pas le remarquer, imposant, beau, digne de respect qu’il était ce diplôme de l’Université de Zürich&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Pour la première fois de la séance, Aaron Schmitt leva les yeux vers sa patiente. Celle-ci était plus jeune qu’il ne l’avait imaginé et son visage pur et lisse, dénué de toutes rides, réveillait l’instinct paternel qui avait toujours sommeillé en lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait l’air si perdue, à la merci de la vie, qu’Aaron Schmitt, pour la première fois depuis bien des années, ressentit un puissant élan de compassion à l’encontre de l’un de ses patients. A ce moment, à la vision de cette jeune fille rousse, il aurait voulu qu’Annie soit encore vivante. Il ne savait pas pourquoi, à cet instant précis, il pensait à sa femme, chose qui devenait de plus en rare avec le temps. Peut-être que la beauté appelle la beauté, se dit-il. La jeune fille était vêtue d’un pull orné de rayures rouges et blanches, ainsi que d’un pantalon vert. Et en temps normal, Aaron Schmitt aurait été choqué d’un pareil accoutrement, les rayures c’est pour les zèbres, mais avec Maus, c’était différent. Il n’était pas choqué. Portée par cette aura de misères et d’incertitudes qui marquait ses yeux, Maus réveillait l’humanité du vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;- Wann haben Sie angefangen zu stehlen&amp;amp;nbsp;? demanda-t’il.&amp;lt;br&amp;gt;- Ich weiss nicht…Ich weiss nicht, ob man es stehlen nennen kann. Es ist mehr…Eine Art Sammeln.&amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Könnten Sie sich in dem Fall keine Briefmarkensammlung zulegen statt zu stehlen?&amp;lt;br&amp;gt;Il avait espéré la faire sourire avec cette réflexion, peut-être même lui arracher un sourire. Mais visiblement la vie était si dure avec elle, qu’elle lui avait même enlevé son envie de rire.&amp;lt;br&amp;gt;-Briefmarken interessieren mich nicht…Jedenfalls nicht im Speziellen, dit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;- Haben Sie denn das Gefühl, dass Ihnen etwas fehlt&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht wirklich.&amp;lt;br&amp;gt;Comment pouvait-elle répondre cela&amp;amp;nbsp;? Même un aveugle verrait qu’il lui manque le sourire&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt aurait arraché le sien, dont il n’a guère besoin, et le lui aurait offert. Il ne voyait pas de meilleures façons d’aider la jeune fille. &amp;lt;br&amp;gt;- Wie fühlen Sie sich denn jetzt im Moment&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;La question de secours utilisée par tous les bons psychiatres en manque d’inspiration.&amp;lt;br&amp;gt;- Normal.&amp;lt;br&amp;gt;- Was meinen Sie damit, normal&amp;amp;nbsp;? Normal&amp;amp;nbsp;? Wollen Sie mich in den Fall bestehlen&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht nötig&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Ouf&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt avait déjà le doigt sur le petit bouton rouge sous son bureau qui servait à appeler d’urgence le poste de police. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un embué du cerveau dépressif et suicidaire l’emmène avec lui dans l’au-delà, pour avoir de la compagnie lors d[[Society, I hope you're not lonely without me|u grand voyage.&amp;amp;nbsp;]]&amp;lt;br&amp;gt;Il ne savait que dire. Il ressentait l’envie d’aider cette jeune fille. Il aurait voulu la gratifier d’un long discours moralisateur qui l’aurait écartée de la voie du larcin. C’est alors que dans son esprit surgirent les Dix commandements que lui répétait sans cesse son père, et plus particulièrement le Huitième «&amp;amp;nbsp;Tu ne voleras point&amp;amp;nbsp;». La Bible, rien de mieux pour aider une brebis à retrouver son troupeau. Mais Aaron Schmitt était lui-même persuadé que les Ecritures saintes ne seraient d’aucun secours. &amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Gut. Also ...Dann möchte ich jetzt, dass Sie sich auf das nächste Mal überlegen, weshalb Sie stehlen. Und ich möchte, dass Sie jedes Mal bevor Sie etwas stehlen wollen, sich die Person vor Augen führen, die Sie gerade vorhaben zu bestehlen und sich dann überlegen, ob es tatsächlich nötig ist. Abgemacht?&amp;lt;br&amp;gt;- Wenn es sein muss.&amp;lt;br&amp;gt;- Dann lassen Sie sich von Fr. Hagebutten einen Termin geben draussen und dann sehen wir uns wieder.&amp;lt;br&amp;gt;Elle prit son sac vert qui était accoudé à sa chaise et partit. Aaron Schmitt ouvrit son tiroir, en sortit sa bouteille de bourbon et se servit un verre.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Traditions</title>
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Le rasoir. Aaron Schmitt aimait son rasoir. Lame qui frôle la peau, la délaissant de ses poils indésirables. Tous ses collègues étaient barbus mais Aaron Schmitt dans son désir perpétuel et machinal d’une recherche marginale, se rasait, même le week-end et les jours fériés. Son rasoir incarnait cette discipline et cette ponctualité qu’il considérait comme chef d’orchestre de la musique douce et sécurisante qu’avait été son existence. &amp;lt;br&amp;gt;Aaron avait acheté ce rasoir en 1968, le jour de ses dix-huit printemps, dans une boutique du centre-ville de Bienne. Il s’en souvient très bien car c’est en achetant ce rasoir qu’Aaron était devenu un homme. Selon son père, le passage rituel et inévitable du garçon à l’homme se faisait dans l’achat d’un rasoir.&amp;lt;br&amp;gt;«&amp;amp;nbsp;Les hommes se rasent, pas les enfants&amp;amp;nbsp;», disait son père. «&amp;amp;nbsp;Les hommes se rasent, vont travailler et paient des factures. Ils les paient, sans exception, tu comprends, fils. Ils ne contractent pas de dettes, n’ont pas besoin d’aide et ne pleurent pas. Mais surtout, les hommes se rasent&amp;amp;nbsp;», disait-il également. &amp;lt;br&amp;gt;Quand Aaron pleurait lorsqu’il était enfant, son père le giflait, mais une main n’a rarement le pouvoir d’arrêter une larme, alors son père le giflait encore, toujours plus fort, jusqu’à ce que les larmes sèchent. Et elles finissaient par sécher.&amp;lt;br&amp;gt;Ce matin-là, un vendredi où tout semblait pareil mais tout allait être différent, le réveil d’Aaron Schmitt, posé sur sa table de chevet, à une distance ni trop proche ni trop éloigné, pour un réveil tout en douceur, s’éteignit vers cinq heures du matin. Ses piles lâchèrent et il s’éteignit. Pourtant, Aaron n’avait pas voulu d’un réveil à piles. Il avait dit au vendeur «&amp;amp;nbsp;Ah non, je ne veux pas d’un réveil à piles&amp;amp;nbsp;» de peur que celui justement ne s’éteigne. Mais il n’y avait pas d’autres réveils que ceux fonctionnant avec des piles à la boutique et Aaron, par l’obligation du rasage, devait s’acheter un réveil. &amp;lt;br&amp;gt;Pas besoin de réveil pour le travail. Aaron avait une horloge intérieure qui le sortait du sommeil, mais elle ne fonctionnait pas pour le rasage.&amp;lt;br&amp;gt;Sauf que ce matin-là, le réveil ne sonna pas. &lt;br /&gt;
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[[category: Aaron_transitoire|aaron schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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*11h00 - [[Voyage en train|Thomas]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles&lt;br /&gt;
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*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
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*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
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&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;'''Carnet de rendez-vous du Dr Schmitt &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; '''01.01.10 &lt;br /&gt;
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*09h00 – M. Dubois&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles &lt;br /&gt;
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*09h30 – M. [[M. Poe|Poe]]&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Impuissance sexuelle &lt;br /&gt;
*14h15 – M. Goldman &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Addiction aux jeux d’argent&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jeudi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
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*08h00 – [[Daisy|Daisy]] &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Troubles mentaux &lt;br /&gt;
*13h15 – M. Lüthi &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;Dépression chronique/alcoolisme &lt;br /&gt;
*16h00 – Mme Mayer &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Dépression nerveuse&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*09h00 – M. Dubois&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; Troubles obsessionnelles &lt;br /&gt;
*13h00 – Mme Magnin &amp;amp;nbsp; Alcoolisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_Mallette</id>
		<title>La Mallette</title>
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				<updated>2011-01-14T09:30:50Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;'''15.10.10''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;J’ai classé des papiers, j’ai signé les ordonnances, j’ai remis de l’eau dans la machine à café, j’ai fermé la fenêtre car il faisait froid, j’ai lu la page politique du journal, j’ai mangé un croissant, j’ai cherché mes maudites lunettes, j’ai trouvé mes maudites lunettes, j’ai perdu mes maudites lunettes, j’ai pensé à Annie, j’ai bu un café, j’ai pensé à Maus, j’ai lu la page économique du journal, j’ai pensé à Thomas, j’ai pleuré un peu, j’ai essayé de pisser, j’ai insulté ma prostate, j’ai pleuré un peu plus, j’ai tenté de comprendre, j’ai souhaité retrouver ma jeunesse, j’ai fait les cent pas, j’ai serré ma cravate, j’ai pensé à Thomas, j’ai relacé mes chaussures, j’ai pensé à Mathilde, j’ai calmé mes ardeurs, j’ai pensé à Maus, j’ai marché vers la fenêtre, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai voulu sauter, j’ai regardé en bas, j’ai fermé la fenêtre, j’ai pris cette mallette…Une mallette&amp;amp;nbsp;? Que fait-elle ici&amp;amp;nbsp;? Quelqu’un l’a sûrement oubliée. En plus d’être fou à lier, mes patients sont guettés par M. Alzheimer. Je me demande vraiment pourquoi je fais ce métier. Je devrais peut-être moi-même aller voir un psy.&amp;lt;br&amp;gt;Voyons, qui était mon dernier patient&amp;amp;nbsp;? M. Poe, l’amoureux de la boisson. Bon Dieu, il va falloir que je lui téléphone. Et je déteste devoir appeler mes patients, ils essayent à chaque fois de profiter d’une séance gratuite. &amp;lt;br&amp;gt;Et si je la donnais à Mme Hagebutten&amp;amp;nbsp;? Cette vieille pie serait encore capable de la perdre&amp;amp;nbsp;! Il faut vraiment que je fasse tout moi-même. Je pourrais l’ouvrir&amp;amp;nbsp;? Non, ce ne serait pas digne de ma réputation. Mais nom de Dieu, je suis Aaron Schmitt, bon sang&amp;amp;nbsp;! Et je suis le psychiatre de M. Poe, cela me regarde aussi ce qu’il y a dans cette fichue mallette&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Je l’ouvre. Mon pacemaker manque de lâcher, tout comme ma prostate cette fois-ci. Des billets violets. Des dizaines de billets violets. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>La Mallette</title>
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				<updated>2011-01-14T09:30:04Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
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&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;J’ai classé des papiers, j’ai signé les ordonnances, j’ai remis de l’eau dans la machine à café, j’ai fermé la fenêtre car il faisait froid, j’ai lu la page politique du journal, j’ai mangé un croissant, j’ai cherché mes maudites lunettes, j’ai trouvé mes maudites lunettes, j’ai perdu mes maudites lunettes, j’ai pensé à Annie, j’ai bu un café, j’ai pensé à Maus, j’ai lu la page économique du journal, j’ai pensé à Thomas, j’ai pleuré un peu, j’ai essayé de pisser, j’ai insulté ma prostate, j’ai pleuré un peu plus, j’ai tenté de comprendre, j’ai souhaité retrouver ma jeunesse, j’ai fait les cent pas, j’ai serré ma cravate, j’ai pensé à Thomas, j’ai relacé mes chaussures, j’ai pensé à Mathilde, j’ai calmé mes ardeurs, j’ai pensé à Maus, j’ai marché vers la fenêtre, j’ai ouvert la fenêtre, j’ai voulu sauter, j’ai regardé en bas, j’ai fermé la fenêtre, j’ai pris cette mallette…Une mallette&amp;amp;nbsp;? Que fait-elle ici&amp;amp;nbsp;? Quelqu’un l’a sûrement oublié. En plus d’être fou à lier, mes patients sont guettés par M. Alzheimer. Je me demande vraiment pourquoi je fais ce métier. Je devrais peut-être moi-même aller voir un psy.&amp;lt;br&amp;gt;Voyons, qui était mon dernier patient&amp;amp;nbsp;? M. Poe, l’amoureux de la boisson. Bon Dieu, il va falloir que je lui téléphone. Et je déteste devoir appeler mes patients, ils essayent à chaque fois de profiter d’une séance gratuite. &amp;lt;br&amp;gt;Et si je la donnais à Mme Hagebutten&amp;amp;nbsp;? Cette vieille pie serait encore capable de la perdre&amp;amp;nbsp;! Il faut vraiment que je fasse tout moi-même. Je pourrais l’ouvrir&amp;amp;nbsp;? Non, ce ne serait pas digne de ma réputation. Mais nom de Dieu, je suis Aaron Schmitt, bon sang&amp;amp;nbsp;! Et je suis le psychiatre de M. Poe, cela me regarde aussi ce qu’il y a dans cette fichue mallette&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Je l’ouvre. Mon pacemaker manque de lâcher, tout comme ma prostate cette fois-ci. Des billets violets. Des dizaines de billets violets. &lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>Society, I hope you're not lonely without me</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Elle sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie&amp;amp;nbsp;! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est&amp;amp;nbsp;? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
«&amp;amp;nbsp;Chère Mme Hagebutten, &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égales. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt&amp;amp;nbsp;» &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition&amp;amp;nbsp;: que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>Society, I hope you're not lonely without me</title>
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				<updated>2011-01-14T08:34:11Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeu…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Elle sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible :&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit :&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit :&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie ! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est ? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chère Mme Hagebutten,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition : que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>La jeune fille rousse</title>
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&lt;br /&gt;
&amp;amp;nbsp;- Alors, kleptomane&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt aimait commencer ses séances en annonçant à voix haute la maladie de ses patients. De cette façon, on savait sans faire d’erreurs qui était atteint et qui était sain d’esprit. Il fallait le rappeler aux femmes aux foyers maniaco-dépressives et aux drogués accros aux médicaments, eux qui accusaient même le vieux psychiatre de faire partie du complot qui visait à les tuer, sinon ils n’avaient aucun respect. Il était souvent nécessaire de remettre l’église au milieu du village. A quoi bon faire des études&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt aimait que les choses soient claires. &amp;lt;br&amp;gt;Il n’avait pas accordé un seul regard à cette jeune fille rousse, entr’aperçu dans la salle d’attente, qui aujourd’hui venait profiter de ces cinq années de médecine. Il ne lui avait pas balancé à la figure un triste bonjour, et même pas de sa voix la plus froide, celle qui l’utilise pour ses patients les plus dérangés. Non, il ne s’en souciait pas. Il ne savait pas depuis combien de temps désormais elle attendait dans son bureau. Il avait bu son café sans l’œil collé à sa [[La Montre|montre]] dans la pièce d’à côté. Bien sûr, il avait entendu cette folle de Mme Hagebutten à onze heures précises, heure du rendez-vous, la diriger vers le bureau du psychiatre. Mais il n’allait pas se presser et lire son journal en hâte à cause d’une malade de plus, bon Dieu&amp;amp;nbsp;! Il était entré dans le bureau les yeux ailleurs, obstrués tout de même par cet éclat de rousseur vif qui agressait le regard. Il s’était assis et avait procéder à ses habitudes, celles qui rythment sa profession depuis plus de vingt-cinq ans.&amp;lt;br&amp;gt;- Ja.&amp;lt;br&amp;gt; Mme Hagebutten l’avait pourtant prévenu, mais Aaron Schmitt fut surpris par cette réponse germanique. Cette jeune fille ne parlait quasiment pas le français. Mais comment s’appelait-elle déjà&amp;amp;nbsp;? Un nom étrange, pas de son époque, Mme Hagebutten le lui avait rappelé plusieurs fois de sa voix de mégère désespérée et obèse. Ah oui, Maus. Aaron Schmitt se demanda combien de bouteilles ses parents avaient bien pu siffler au moment de nommer leur fille. Le monde part en vrille, se dit le vieux psychiatre. Il pensa également qu’il serait bien de trouver une autre réceptionniste que cette folle de Mme Hagebutten et de faire enlever l’annotation «&amp;amp;nbsp;pour germanophones également» de son annonce publicitaire dans le journal. Mais pourquoi Seigneur, pourquoi exerçait-il à Bienne, ville bilingue&amp;amp;nbsp;? Et puis, pourquoi avait-il fait médecine à Zürich&amp;amp;nbsp;? L'allemand en Suisse, c'est important, pour les politiciens, oui&amp;amp;nbsp;! Idiot, très idiot, Aaron Schmitt. Maintenant, il devait même se farcer les malades mentaux de Suisse alémanique. Pour faire honneur à son serment d’Hippocrate, mais seulement parce qu’il était un homme de parole, Aaron Schmitt se résolut tout de même à parler la langue de Goethe.&amp;lt;br&amp;gt;- Interessant, dit-il. Schwierig, schwierig. Bitte nicht stehlen hier&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Jetzt&amp;amp;nbsp;? Nein, répondit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;La machine étant rouillée, Aaron Schmitt avait besoin d’un certain temps d’adaptation pour retrouver son allemand. La jeune fille ne semblait pas être autrement affectée par cet énorme manque de politesse dont elle faisait preuve. Si le psychiatre parle en français, le patient parle en français&amp;amp;nbsp;! C’est tout&amp;amp;nbsp;! C’est ce qu’on apprend en médecine, nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! C’est ce que dicte ce diplôme de psychiatre derrière lui&amp;amp;nbsp;! Et de sûr, il était impossible de ne pas le remarquer, imposant, beau, digne de respect qu’il était ce diplôme de l’Université de Zürich&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Pour la première fois de la séance, Aaron Schmitt leva les yeux vers sa patiente. Celle-ci était plus jeune qu’il ne l’avait imaginé et son visage pur et lisse, dénué de toutes rides, réveillait l’instinct paternel qui avait toujours sommeillé en lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait l’air si perdue, à la merci de la vie, qu’Aaron Schmitt, pour la première fois depuis bien des années, ressentit un puissant élan de compassion à l’encontre de l’un de ses patients. A ce moment, à la vision de cette jeune fille rousse, il aurait voulu qu’Annie soit encore vivante. Il ne savait pas pourquoi, à cet instant précis, il pensait à sa femme, chose qui devenait de plus en rare avec le temps. Peut-être que la beauté appelle la beauté, se dit-il. La jeune fille était vêtue d’un pull orné de rayures rouges et blanches, ainsi que d’un pantalon vert. Et en temps normal, Aaron Schmitt aurait été choqué d’un pareil accoutrement, les rayures c’est pour les zèbres, mais avec Maus, c’était différent. Il n’était pas choqué. Portée par cette aura de misères et d’incertitudes qui marquait ses yeux, Maus réveillait l’humanité du vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;- Wann haben Sie angefangen zu stehlen&amp;amp;nbsp;? demanda-t’il.&amp;lt;br&amp;gt;- Ich weiss nicht…Ich weiss nicht, ob man es stehlen nennen kann. Es ist mehr…Eine Art Sammeln.&amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Könnten Sie sich in dem Fall keine Briefmarkensammlung zulegen statt zu stehlen?&amp;lt;br&amp;gt;Il avait espéré la faire sourire avec cette réflexion, peut-être même lui arracher un sourire. Mais visiblement la vie était si dure avec elle, qu’elle lui avait même enlevé son envie de rire.&amp;lt;br&amp;gt;-Briefmarken interessieren mich nicht…Jedenfalls nicht im Speziellen, dit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;- Haben Sie denn das Gefühl, dass Ihnen etwas fehlt&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht wirklich.&amp;lt;br&amp;gt;Comment pouvait-elle répondre cela&amp;amp;nbsp;? Même un aveugle verrait qu’il lui manque le sourire&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt aurait arraché le sien, dont il n’a guère besoin, et le lui aurait offert. Il ne voyait pas de meilleures façons d’aider la jeune fille. &amp;lt;br&amp;gt;- Wie fühlen Sie sich denn jetzt im Moment&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;La question de secours utilisée par tous les bons psychiatres en manque d’inspiration.&amp;lt;br&amp;gt;- Normal.&amp;lt;br&amp;gt;- Was meinen Sie damit, normal&amp;amp;nbsp;? Normal&amp;amp;nbsp;? Wollen Sie mich in den Fall bestehlen&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht nötig&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Ouf&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt avait déjà le doigt sur le petit bouton rouge sous son bureau qui servait à appeler d’urgence le poste de police. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un embué du cerveau dépressif et suicidaire l’emmène avec lui dans l’au-delà, pour avoir de la compagnie lors d[[Society, I hope you're not lonely without me|u grand voyage.&amp;amp;nbsp;]]&amp;lt;br&amp;gt;Il ne savait que dire. Il ressentait l’envie d’aider cette jeune fille. Il aurait voulu la gratifier d’un long discours moralisateur qui l’aurait écartée de la voie du larcin. C’est alors que dans son esprit surgirent les Dix commandements que lui répétait sans cesse son père, et plus particulièrement le Huitième «&amp;amp;nbsp;Tu ne voleras point&amp;amp;nbsp;». La Bible, rien de mieux pour aider une brebis à retrouver son troupeau. Mais Aaron Schmitt était lui-même persuadé que les Ecritures saintes ne seraient d’aucun secours. &amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Gut. Also ...Dann möchte ich jetzt, dass Sie sich auf das nächste Mal überlegen, weshalb Sie stehlen. Und ich möchte, dass Sie jedes Mal bevor Sie etwas stehlen wollen, sich die Person vor Augen führen, die Sie gerade vorhaben zu bestehlen und sich dann überlegen, ob es tatsächlich nötig ist. Abgemacht?&amp;lt;br&amp;gt;- Wenn es sein muss.&amp;lt;br&amp;gt;- Dann lassen Sie sich von Fr. Hagebutten einen Termin geben draussen und dann sehen wir uns wieder.&amp;lt;br&amp;gt;Elle prit son sac vert qui était accoudé à sa chaise et partit. Aaron Schmitt ouvrit son tiroir, en sortit sa bouteille de bourbon et se servit un verre.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>La jeune fille rousse</title>
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				<updated>2011-01-14T08:33:05Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;'''&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;'''14.10.10''' &lt;br /&gt;
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&amp;amp;nbsp;- Alors, kleptomane&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt aimait commencer ses séances en annonçant à voix haute la maladie de ses patients. De cette façon, on savait sans faire d’erreurs qui était atteint et qui était sain d’esprit. Il fallait le rappeler aux femmes aux foyers maniaco-dépressives et aux drogués accros aux médicaments, eux qui accusaient même le vieux psychiatre de faire partie du complot qui visait à les tuer, sinon ils n’avaient aucun respect. Il était souvent nécessaire de remettre l’église au milieu du village. A quoi bon faire des études&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt aimait que les choses soient claires. &amp;lt;br&amp;gt;Il n’avait pas accordé un seul regard à cette jeune fille rousse, entr’aperçu dans la salle d’attente, qui aujourd’hui venait profiter de ces cinq années de médecine. Il ne lui avait pas balancé à la figure un triste bonjour, et même pas de sa voix la plus froide, celle qui l’utilise pour ses patients les plus dérangés. Non, il ne s’en souciait pas. Il ne savait pas depuis combien de temps désormais elle attendait dans son bureau. Il avait bu son café sans l’œil collé à sa [[La Montre|montre]] dans la pièce d’à côté. Bien sûr, il avait entendu cette folle de Mme Hagebutten à onze heures précises, heure du rendez-vous, la diriger vers le bureau du psychiatre. Mais il n’allait pas se presser et lire son journal en hâte à cause d’une malade de plus, bon Dieu&amp;amp;nbsp;! Il était entré dans le bureau les yeux ailleurs, obstrués tout de même par cet éclat de rousseur vif qui agressait le regard. Il s’était assis et avait procéder à ses habitudes, celles qui rythment sa profession depuis plus de vingt-cinq ans.&amp;lt;br&amp;gt;- Ja.&amp;lt;br&amp;gt; Mme Hagebutten l’avait pourtant prévenu, mais Aaron Schmitt fut surpris par cette réponse germanique. Cette jeune fille ne parlait quasiment pas le français. Mais comment s’appelait-elle déjà&amp;amp;nbsp;? Un nom étrange, pas de son époque, Mme Hagebutten le lui avait rappelé plusieurs fois de sa voix de mégère désespérée et obèse. Ah oui, Maus. Aaron Schmitt se demanda combien de bouteilles ses parents avaient bien pu siffler au moment de nommer leur fille. Le monde part en vrille, se dit le vieux psychiatre. Il pensa également qu’il serait bien de trouver une autre réceptionniste que cette folle de Mme Hagebutten et de faire enlever l’annotation «&amp;amp;nbsp;pour germanophones également» de son annonce publicitaire dans le journal. Mais pourquoi Seigneur, pourquoi exerçait-il à Bienne, ville bilingue&amp;amp;nbsp;? Et puis, pourquoi avait-il fait médecine à Zürich&amp;amp;nbsp;? L'allemand en Suisse, c'est important, pour les politiciens, oui&amp;amp;nbsp;! Idiot, très idiot, Aaron Schmitt. Maintenant, il devait même se farcer les malades mentaux de Suisse alémanique. Pour faire honneur à son serment d’Hippocrate, mais seulement parce qu’il était un homme de parole, Aaron Schmitt se résolut tout de même à parler la langue de Goethe.&amp;lt;br&amp;gt;- Interessant, dit-il. Schwierig, schwierig. Bitte nicht stehlen hier&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Jetzt&amp;amp;nbsp;? Nein, répondit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;La machine étant rouillée, Aaron Schmitt avait besoin d’un certain temps d’adaptation pour retrouver son allemand. La jeune fille ne semblait pas être autrement affectée par cet énorme manque de politesse dont elle faisait preuve. Si le psychiatre parle en français, le patient parle en français&amp;amp;nbsp;! C’est tout&amp;amp;nbsp;! C’est ce qu’on apprend en médecine, nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! C’est ce que dicte ce diplôme de psychiatre derrière lui&amp;amp;nbsp;! Et de sûr, il était impossible de ne pas le remarquer, imposant, beau, digne de respect qu’il était ce diplôme de l’Université de Zürich&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Pour la première fois de la séance, Aaron Schmitt leva les yeux vers sa patiente. Celle-ci était plus jeune qu’il ne l’avait imaginé et son visage pur et lisse, dénué de toutes rides, réveillait l’instinct paternel qui avait toujours sommeillé en lui. &lt;br /&gt;
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Elle avait l’air si perdue, à la merci de la vie, qu’Aaron Schmitt, pour la première fois depuis bien des années, ressentit un puissant élan de compassion à l’encontre de l’un de ses patients. A ce moment, à la vision de cette jeune fille rousse, il aurait voulu qu’Annie soit encore vivante. Il ne savait pas pourquoi, à cet instant précis, il pensait à sa femme, chose qui devenait de plus en rare avec le temps. Peut-être que la beauté appelle la beauté, se dit-il. La jeune fille était vêtue d’un pull orné de rayures rouges et blanches, ainsi que d’un pantalon vert. Et en temps normal, Aaron Schmitt aurait été choqué d’un pareil accoutrement, les rayures c’est pour les zèbres, mais avec Maus, c’était différent. Il n’était pas choqué. Portée par cette aura de misères et d’incertitudes qui marquait ses yeux, Maus réveillait l’humanité du vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;- Wann haben Sie angefangen zu stehlen&amp;amp;nbsp;? demanda-t’il.&amp;lt;br&amp;gt;- Ich weiss nicht…Ich weiss nicht, ob man es stehlen nennen kann. Es ist mehr…Eine Art Sammeln.&amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Könnten Sie sich in dem Fall keine Briefmarkensammlung zulegen statt zu stehlen?&amp;lt;br&amp;gt;Il avait espéré la faire sourire avec cette réflexion, peut-être même lui arracher un sourire. Mais visiblement la vie était si dure avec elle, qu’elle lui avait même enlevé son envie de rire.&amp;lt;br&amp;gt;-Briefmarken interessieren mich nicht…Jedenfalls nicht im Speziellen, dit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;- Haben Sie denn das Gefühl, dass Ihnen etwas fehlt&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht wirklich.&amp;lt;br&amp;gt;Comment pouvait-elle répondre cela&amp;amp;nbsp;? Même un aveugle verrait qu’il lui manque le sourire&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt aurait arraché le sien, dont il n’a guère besoin, et le lui aurait offert. Il ne voyait pas de meilleures façons d’aider la jeune fille. &amp;lt;br&amp;gt;- Wie fühlen Sie sich denn jetzt im Moment&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;La question de secours utilisée par tous les bons psychiatres en manque d’inspiration.&amp;lt;br&amp;gt;- Normal.&amp;lt;br&amp;gt;- Was meinen Sie damit, normal&amp;amp;nbsp;? Normal&amp;amp;nbsp;? Wollen Sie mich in den Fall bestehlen&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht nötig&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Ouf&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt avait déjà le doigt sur le petit bouton rouge sous son bureau qui servait à appeler d’urgence le poste de police. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un embué du cerveau dépressif et suicidaire l’emmène avec lui dans l’au-delà, pour avoir de la compagnie lors du grand voyage.&amp;amp;nbsp;&amp;lt;br&amp;gt;Il ne savait que dire. Il ressentait l’envie d’aider cette jeune fille. Il aurait voulu la gratifier d’un long discours moralisateur qui l’aurait écartée de la voie du larcin. C’est alors que dans son esprit surgirent les Dix commandements que lui répétait sans cesse son père, et plus particulièrement le Huitième «&amp;amp;nbsp;Tu ne voleras point&amp;amp;nbsp;». La Bible, rien de mieux pour aider une brebis à retrouver son troupeau. Mais Aaron Schmitt était lui-même persuadé que les Ecritures saintes ne seraient d’aucun secours. &amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Gut. Also ...Dann möchte ich jetzt, dass Sie sich auf das nächste Mal überlegen, weshalb Sie stehlen. Und ich möchte, dass Sie jedes Mal bevor Sie etwas stehlen wollen, sich die Person vor Augen führen, die Sie gerade vorhaben zu bestehlen und sich dann überlegen, ob es tatsächlich nötig ist. Abgemacht?&amp;lt;br&amp;gt;- Wenn es sein muss.&amp;lt;br&amp;gt;- Dann lassen Sie sich von Fr. Hagebutten einen Termin geben draussen und dann sehen wir uns wieder.&amp;lt;br&amp;gt;Elle prit son sac vert qui était accoudé à sa chaise et partit. Aaron Schmitt ouvrit son tiroir, en sortit sa bouteille de bourbon et se servit un verre.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Le_grand_voyage</id>
		<title>Le grand voyage</title>
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				<updated>2011-01-14T08:32:24Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: Die Seite wurde geleert.&lt;/p&gt;
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		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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				<updated>2011-01-14T08:32:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: Der Seiteninhalt wurde durch einen anderen Text ersetzt: „&amp;lt;br&amp;gt;“&lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;&amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Le grand voyage</title>
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				<updated>2011-01-14T08:31:47Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeu…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Mme Hagebutten s’alluma une cigarette. Assise à la table, elle regardait par la fenêtre. La pluie tambourinait sur la voiture, parquée devant l’immeuble. &amp;lt;br&amp;gt;Elle pensa à Aaron Schmitt et fit une grimace. Le vieux psychologue était particulièrement ennuyant, ces derniers temps. Elle ne l’avait jamais vu aussi perturbé.&amp;lt;br&amp;gt;Elle éteignit sa cigarette. Elle voulut en prendre une autre, mais le paquet était vide. Elle resta encore assise un moment, puis elle se leva pour s’habiller. Dehors, la pluie s’intensifiait. &amp;lt;br&amp;gt;Alors qu’elle se peignait devant la glace de la chambre, elle entendit le tonnerre gronder. Ensuite, elle aperçut un éclair. Elle observa le ciel un instant, puis elle retourna dans la chambre. Elle prit son sac à main, vérifia que ses clés s’y trouvaient et sortit de l’appartement.&amp;lt;br&amp;gt;La portière de la voiture était froide car il avait gelé la nuit précédente. Mme Hagebutten gratta le pare-brise, fit chauffer le moteur et démarra. &amp;lt;br&amp;gt;Les routes étaient calmes. Et pendant cinq minutes au moins, elle ne croisa aucune autre voiture. Elle alluma la radio, changea de stations plusieurs fois, puis l’éteignit. Elle se gara dans le parking souterrain de l’immeuble. Elle sortit de la voiture et monta dans l’ascenseur. Elle revint sur ses pas car elle avait oublié son sac à main dans la voiture. Elle ne croisa personne jusqu’au troisième étage, où se trouvait le cabinet. Elle savait qu’Aaron Schmitt n’était pas encore arrivé car sa voiture n’était pas à sa place dans le parking. Elle entra dans le cabinet, enleva son manteau et s’assit à son bureau. Au moment où elle s’apprêtait à allumer l’ordinateur, le téléphone sonna une seule fois, ne laissant pas le temps à Mme Hagebutten de répondre. Elle pensa à un faux numéro et elle alluma son ordinateur. Elle regarda sa montre. Pour première fois, Aaron Schmitt était en retard. A ce moment précis, Mme Hagebutten sut qu’il s’était passé quelque chose. Elle appela au domicile du vieux psychiatre, même si celui-ci lui interdisait de le faire, mais personne ne répondit. Alors, Mme Hagebutten se dit qu’Aaron Schmitt était certainement en route. Mais cela ne la rassura pas du tout. Elle sentit la panique monter en elle. Elle faillit tomber de sa chaise lorsque la sonnerie du téléphone retentit une seconde fois. Déboussolée, elle répondit et dit d’une voix faible :&amp;lt;br&amp;gt;- J’arrive tout de suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il était allongé là, sur le lit. Il n’avait pas changé mais était si différent. Elle le voyait pour la première fois sans lunettes. Depuis un coin de la chambre, elle l’observait. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait un tuyau qui lui entrait dans les narines et une perfusion sur le poignet gauche. A côté de lui, un appareil bleu indiquait des mesures mais Mme Hagebutten ne savait pas à quoi elles correspondaient. Il était vêtu d’une blouse blanche, et à cet instant, la réceptionniste avait déjà oublié le vieux costume de tweed brun qu’il portait souvent. Elle ne se souvenait que de la cravate de la même couleur. &amp;lt;br&amp;gt;Il lui semblait être assise là depuis une éternité.&amp;lt;br&amp;gt;Pourtant, après le téléphone de l’hôpital, elle n’avait pas appelé les patients pour les informer. Elle s’était précipitée jusqu’à sa voiture. Elle était arrivée à l’hôpital en transpiration, avait soufflé un instant et s’était rendue à la réception où quelqu’un lui avait indiqué le numéro de chambre. Elle avait hésité à y entrer, de peur qu’en ouvrant cette porte, tout serait changé à jamais. Mais elle l’avait ouverte.&amp;lt;br&amp;gt;Et depuis, elle était assise dans un coin de la chambre, après qu’un médecin lui ait demandé de patienter. Elle observait le vieux psychiatre, dont le respirateur artificiel gonflait les poumons d’oxygène d’un rythme lent. &amp;lt;br&amp;gt;Le médecin revint dans la chambre, peut-être au bout d’une heure. Il observa l’appareil bleu un instant, nota quelque chose sur une feuille et demanda à Mme Hagebutten de patienter encore. Il s’en alla à nouveau.&amp;lt;br&amp;gt;Alors, Mme Hagebutten se mit à réfléchir, à des choses qui n’avaient aucun sens à ce moment. Elle pensa à la pluie qui tombait sur la voiture et à cet appel téléphonique qui n’avait sonné qu’une seule fois. Pendant un instant, elle ressentit une peur terrible, celle de n’avoir pas répondu à un appel au secours. Et ensuite, elle se sentit bête car c’était sûrement un faux numéro. &amp;lt;br&amp;gt;Un autre médecin revint dans la chambre et cette fois-ci, il referma la porte derrière lui. Il prit une chaise, la plaça en face de Mme Hagebutten et la regarda dans les yeux. Puis, il dit :&amp;lt;br&amp;gt;- Mme Hagebutten, je vous remercie d’être venu. Monsieur Schmitt n’ayant plus de famille, nous avons jugé que vous étiez la personne à contacter. &amp;lt;br&amp;gt;Soudain, la réceptionniste eut le sentiment d’avoir toujours fait partie de la vie du vieux psychiatre et malgré les désaccords, les ennuis et les disputes, il n’y avait rien en ce moment qui aurait pu lui prendre ce sentiment.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt a été victime d’une attaque cérébrale en sortant de chez lui hier soir, repris le médecin. C’est un de ses voisins qui a appelé les urgences. Je vais vous expliquer la situation. Il est maintenant en état de mort cérébrale. C’est à dire qu’il ne vit que grâce à ces appareils qui l’aident à respirer. Dans ces cas-là, lorsqu’il n’y a plus de famille, nous éteignons les appareils afin de permettre au patient de s’en aller. Mais puisque vous êtes là, cette décision vous appartient. &amp;lt;br&amp;gt;Il ne dit rien de plus. Il posa une main sur l’épaule de Mme Hagebutten, baissa la tête et sortit de la chambre. &amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste se leva d’un bond. Elle voulut partir à la poursuite du médecin mais elle ne le fit pas. Non, elle ne devait pas. Elle ne devait pas, ne pouvait pas prendre cette décision. Elle n’était que sa réceptionniste, rien de plus. &amp;lt;br&amp;gt;Elle se rassit, prit une grande respiration et mit sa tête entre ses mains. A ce moment-là, quelqu’un frappa à la porte et Mme Hagebutten se redressa. &amp;lt;br&amp;gt;Un petit homme, vêtu d’un costume noir entra dans la pièce. Il était très vieux. Lorsqu’il vit Mme Hagebutten, il sourit et s’assit en face d’elle. &amp;lt;br&amp;gt;- Vous devez être Mme Hagebutten, dit-il. Laissez-moi me présenter, Maître Goldschmidt, notaire et avocat. Je m’occupais des papiers du Dr. Schmitt. &amp;lt;br&amp;gt;Il se rassit plus confortablement, jeta un coup d’œil au vieux psychiatre et dit :&amp;lt;br&amp;gt;- Quelle tragédie ! Il y a des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Mme Hagebutten, si je suis ici, c’est pour vous donner ceci.&amp;lt;br&amp;gt;Il ouvrit sa mallette pour en sortir une grande enveloppe jaune qu’il tendit à la réceptionniste.&amp;lt;br&amp;gt;- Qu’est-ce que c’est ? dit-elle&amp;lt;br&amp;gt;- Une lettre pour vous, de Monsieur Schmitt. Il me la donné il y a une semaine, peut-être sentait-il la fin proche. Il m’a chargé de vous la remettre lorsque cela arriverait.&amp;lt;br&amp;gt;Mme Hagebutten prit l’enveloppe en le regardant dans les yeux, il souriait maladroitement. &amp;lt;br&amp;gt;- Je vais vous laisser seule, dit-il. Prenez tout le temps qu’il vous faut.&amp;lt;br&amp;gt;La réceptionniste regarda l’enveloppe. Son nom était écrit dessus et elle reconnaissait très bien l’écriture fine et régulière du vieux psychiatre. Elle l’ouvrit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Chère Mme Hagebutten,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsque je m’en irai, et que je rejoindrai les bras de Dieu, peut-être pourrais-je lui faire entendre mes prières, celles qui vous demandent de me pardonner.&amp;lt;br&amp;gt;Car lorsque l’on sent venir la mort, rien n’a plus d’importance que de demander pardon aux gens que l’on aime, pardon pour le mal que l’on a pu leur faire. &amp;lt;br&amp;gt;Ma lâcheté m’a empêché de vous le dire en face. Donc je l’écris, mais sachez que je le pense de tout mon cœur, et que je me n’adresse plus à vous en tant que Docteur, mais en tant qu’égales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec mon respect le plus profond,&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mme Hagebutten remit la lettre dans son enveloppe, se leva et essuya ses larmes. Elle resta un instant debout, le regard fixé sur un point invisible. Quelques minutes plus tard, Maître Goldschmidt entra dans la chambre et vit tout de suite les larmes.&amp;lt;br&amp;gt;Il posa sa main sur l’épaule de Mme Hagebutten. Ensuite, ils s’assirent tous les deux. &amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur Schmitt vous lègue tous ses biens, dit le notaire, ainsi que son cabinet. Il n’a demandé qu’une seule condition : que vous alliez fleurir sa tombe Annie de temps en temps. Bien, je vous laisse pour de bon cette fois.&amp;lt;br&amp;gt;Et le notaire s’en alla comme il était venu, laissant Mme Hagebutten à nouveau seule. Celle-ci appela le médecin et lorsqu’il vint, elle lui dit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Vous pourrez débrancher les appareils. Mais avant, laissez-moi encore un moment avec lui. &amp;lt;br&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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		<title>La jeune fille rousse</title>
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				<updated>2011-01-14T08:31:09Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Pabloj: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''&amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;&amp;amp;nbsp;'''&amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp; &amp;amp;nbsp;'''14.10.10''' &lt;br /&gt;
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&amp;amp;nbsp;- Alors, kleptomane&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt aimait commencer ses séances en annonçant à voix haute la maladie de ses patients. De cette façon, on savait sans faire d’erreurs qui était atteint et qui était sain d’esprit. Il fallait le rappeler aux femmes aux foyers maniaco-dépressives et aux drogués accros aux médicaments, eux qui accusaient même le vieux psychiatre de faire partie du complot qui visait à les tuer, sinon ils n’avaient aucun respect. Il était souvent nécessaire de remettre l’église au milieu du village. A quoi bon faire des études&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt aimait que les choses soient claires. &amp;lt;br&amp;gt;Il n’avait pas accordé un seul regard à cette jeune fille rousse, entr’aperçu dans la salle d’attente, qui aujourd’hui venait profiter de ces cinq années de médecine. Il ne lui avait pas balancé à la figure un triste bonjour, et même pas de sa voix la plus froide, celle qui l’utilise pour ses patients les plus dérangés. Non, il ne s’en souciait pas. Il ne savait pas depuis combien de temps désormais elle attendait dans son bureau. Il avait bu son café sans l’œil collé à sa [[La Montre|montre]] dans la pièce d’à côté. Bien sûr, il avait entendu cette folle de Mme Hagebutten à onze heures précises, heure du rendez-vous, la diriger vers le bureau du psychiatre. Mais il n’allait pas se presser et lire son journal en hâte à cause d’une malade de plus, bon Dieu&amp;amp;nbsp;! Il était entré dans le bureau les yeux ailleurs, obstrués tout de même par cet éclat de rousseur vif qui agressait le regard. Il s’était assis et avait procéder à ses habitudes, celles qui rythment sa profession depuis plus de vingt-cinq ans.&amp;lt;br&amp;gt;- Ja.&amp;lt;br&amp;gt; Mme Hagebutten l’avait pourtant prévenu, mais Aaron Schmitt fut surpris par cette réponse germanique. Cette jeune fille ne parlait quasiment pas le français. Mais comment s’appelait-elle déjà&amp;amp;nbsp;? Un nom étrange, pas de son époque, Mme Hagebutten le lui avait rappelé plusieurs fois de sa voix de mégère désespérée et obèse. Ah oui, Maus. Aaron Schmitt se demanda combien de bouteilles ses parents avaient bien pu siffler au moment de nommer leur fille. Le monde part en vrille, se dit le vieux psychiatre. Il pensa également qu’il serait bien de trouver une autre réceptionniste que cette folle de Mme Hagebutten et de faire enlever l’annotation «&amp;amp;nbsp;pour germanophones également» de son annonce publicitaire dans le journal. Mais pourquoi Seigneur, pourquoi exerçait-il à Bienne, ville bilingue&amp;amp;nbsp;? Et puis, pourquoi avait-il fait médecine à Zürich&amp;amp;nbsp;? L'allemand en Suisse, c'est important, pour les politiciens, oui&amp;amp;nbsp;! Idiot, très idiot, Aaron Schmitt. Maintenant, il devait même se farcer les malades mentaux de Suisse alémanique. Pour faire honneur à son serment d’Hippocrate, mais seulement parce qu’il était un homme de parole, Aaron Schmitt se résolut tout de même à parler la langue de Goethe.&amp;lt;br&amp;gt;- Interessant, dit-il. Schwierig, schwierig. Bitte nicht stehlen hier&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Jetzt&amp;amp;nbsp;? Nein, répondit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;La machine étant rouillée, Aaron Schmitt avait besoin d’un certain temps d’adaptation pour retrouver son allemand. La jeune fille ne semblait pas être autrement affectée par cet énorme manque de politesse dont elle faisait preuve. Si le psychiatre parle en français, le patient parle en français&amp;amp;nbsp;! C’est tout&amp;amp;nbsp;! C’est ce qu’on apprend en médecine, nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! C’est ce que dicte ce diplôme de psychiatre derrière lui&amp;amp;nbsp;! Et de sûr, il était impossible de ne pas le remarquer, imposant, beau, digne de respect qu’il était ce diplôme de l’Université de Zürich&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Pour la première fois de la séance, Aaron Schmitt leva les yeux vers sa patiente. Celle-ci était plus jeune qu’il ne l’avait imaginé et son visage pur et lisse, dénué de toutes rides, réveillait l’instinct paternel qui avait toujours sommeillé en lui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle avait l’air si perdue, à la merci de la vie, qu’Aaron Schmitt, pour la première fois depuis bien des années, ressentit un puissant élan de compassion à l’encontre de l’un de ses patients. A ce moment, à la vision de cette jeune fille rousse, il aurait voulu qu’Annie soit encore vivante. Il ne savait pas pourquoi, à cet instant précis, il pensait à sa femme, chose qui devenait de plus en rare avec le temps. Peut-être que la beauté appelle la beauté, se dit-il. La jeune fille était vêtue d’un pull orné de rayures rouges et blanches, ainsi que d’un pantalon vert. Et en temps normal, Aaron Schmitt aurait été choqué d’un pareil accoutrement, les rayures c’est pour les zèbres, mais avec Maus, c’était différent. Il n’était pas choqué. Portée par cette aura de misères et d’incertitudes qui marquait ses yeux, Maus réveillait l’humanité du vieux psychiatre.&amp;lt;br&amp;gt;- Wann haben Sie angefangen zu stehlen&amp;amp;nbsp;? demanda-t’il.&amp;lt;br&amp;gt;- Ich weiss nicht…Ich weiss nicht, ob man es stehlen nennen kann. Es ist mehr…Eine Art Sammeln.&amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Könnten Sie sich in dem Fall keine Briefmarkensammlung zulegen statt zu stehlen?&amp;lt;br&amp;gt;Il avait espéré la faire sourire avec cette réflexion, peut-être même lui arracher un sourire. Mais visiblement la vie était si dure avec elle, qu’elle lui avait même enlevé son envie de rire.&amp;lt;br&amp;gt;-Briefmarken interessieren mich nicht…Jedenfalls nicht im Speziellen, dit Maus.&amp;lt;br&amp;gt;- Haben Sie denn das Gefühl, dass Ihnen etwas fehlt&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht wirklich.&amp;lt;br&amp;gt;Comment pouvait-elle répondre cela&amp;amp;nbsp;? Même un aveugle verrait qu’il lui manque le sourire&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt aurait arraché le sien, dont il n’a guère besoin, et le lui aurait offert. Il ne voyait pas de meilleures façons d’aider la jeune fille. &amp;lt;br&amp;gt;- Wie fühlen Sie sich denn jetzt im Moment&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;La question de secours utilisée par tous les bons psychiatres en manque d’inspiration.&amp;lt;br&amp;gt;- Normal.&amp;lt;br&amp;gt;- Was meinen Sie damit, normal&amp;amp;nbsp;? Normal&amp;amp;nbsp;? Wollen Sie mich in den Fall bestehlen&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Nein, nicht nötig&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Ouf&amp;amp;nbsp;! Aaron Schmitt avait déjà le doigt sur le petit bouton rouge sous son bureau qui servait à appeler d’urgence le poste de police. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un embué du cerveau dépressif et suicidaire l’emmène avec lui dans l’au-delà, pour avoir de la compagnie lors [[Le grand voyage|du grand voyage. ]]&amp;lt;br&amp;gt;Il ne savait que dire. Il ressentait l’envie d’aider cette jeune fille. Il aurait voulu la gratifier d’un long discours moralisateur qui l’aurait écartée de la voie du larcin. C’est alors que dans son esprit surgirent les Dix commandements que lui répétait sans cesse son père, et plus particulièrement le Huitième «&amp;amp;nbsp;Tu ne voleras point&amp;amp;nbsp;». La Bible, rien de mieux pour aider une brebis à retrouver son troupeau. Mais Aaron Schmitt était lui-même persuadé que les Ecritures saintes ne seraient d’aucun secours. &amp;lt;br&amp;gt;-&amp;amp;nbsp;Gut. Also ...Dann möchte ich jetzt, dass Sie sich auf das nächste Mal überlegen, weshalb Sie stehlen. Und ich möchte, dass Sie jedes Mal bevor Sie etwas stehlen wollen, sich die Person vor Augen führen, die Sie gerade vorhaben zu bestehlen und sich dann überlegen, ob es tatsächlich nötig ist. Abgemacht?&amp;lt;br&amp;gt;- Wenn es sein muss.&amp;lt;br&amp;gt;- Dann lassen Sie sich von Fr. Hagebutten einen Termin geben draussen und dann sehen wir uns wieder.&amp;lt;br&amp;gt;Elle prit son sac vert qui était accoudé à sa chaise et partit. Aaron Schmitt ouvrit son tiroir, en sortit sa bouteille de bourbon et se servit un verre.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Pabloj</name></author>	</entry>

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