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		<title>Simultan - Benutzerbeiträge [de]</title>
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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Benutzer:Arthurb/B%C3%BCcher/Histoire_de_Thomas_Sorel</id>
		<title>Benutzer:Arthurb/Bücher/Histoire de Thomas Sorel</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire de Thomas Sorel ==&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
:[[La métamorphose d'immatriculation]]&lt;br /&gt;
:[[Cours de langue]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
:[[Une clope après l'amour]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[En écoutant Beethoven]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Histoire de Thomas Sorel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Journal cinématographique</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J'ai voulu créer ce journal en tant qu'autoportrait.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la première partie&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|TJKY5ftqOYQ}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la deuxième :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|hPO__rJFCV4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Journal vidéographique]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J'ai voulu créer ce journal en tant qu'autoportrait.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En voici la première partie&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|TJKY5ftqOYQ}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et la deuxième :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|hPO__rJFCV4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Journal vidéographique]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''''Extrait du journal de Thomas&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;'''''&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis un être humain. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir l'intense et terrible sensation d'être plutôt un personnage de fiction. Je porte le prénom de l'anti-héros de [http://fr.wikipedia.org/wiki/L'Insoutenable_Légèreté_de_l'être L'insoutenable légèreté de l'être], et le nom de famille du héros du [http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rouge_et_le_Noir Rouge et le Noir].&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, je ne fais pas partie d'un roman de Kundera ou de Stendhal, je suis bien réel, j'existe, j'ai un [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001918231467 profil Facebook], une [http://www.youtube.com/thomasorel page youtube], j'existe, bon sang, j'existe bel et bien&amp;amp;nbsp;! Je ne suis pas imaginaire, je ne suis pas imaginé, je suis là... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m'appelle Thomas Sorel et j'ai vingt-trois ans. J'ai eu une vie finalement banale, en Suisse. J'ai fini le gymnase, j'ai commencé des hautes études, dans un [[Institut cinématographique Biennois|institut cinématographique]], à Bienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, c'est moi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Thomas Sorel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Exquis</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L’homme fixe le décor vide, au-dehors. Tout est immobile. Par la fenêtre, il voit le salon des voisins. Une tête de cerf empaillée, plutôt classique. Plutôt sympathique, genre SPA. Il adore ces fragments de vie inexpliqués. L’étrange. Un étang d’étrange. Une femme passe&amp;amp;nbsp;; elle porte un tailleur gris, elle est absolument commune. Il la fixe avec une profonde et intense indifférence. Elle pourrait mourir ici, en cet instant, qu’il ne réagirait pas, qu’il ne ferait pas le moindre mouvement. Et pourtant, il ne peut la quitter des yeux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brusquement, elle s’arrête et lève les yeux vers lui. Il doit arrêter de boire son café et lâcher la tasse. Enfin, il devrait. Mais autant il aimait son salon, autant il la trouve fade. Avec moins d’habits, à la rigueur. L’homme tourne la tête, au prix d’un immense effort. Il fixe son appartement un peu vide, en chantier. Il n’y a rien ici qui lui appartienne vraiment, qu’il a vraiment choisi. Tout semble ici appartenir à un autre. D’ailleurs, il ne supporterait jamais d’être prof, faire des dessins à l’acrylique, des oiseaux en papier mâché&amp;amp;nbsp;: une perte d’énergie pour cette marmaille qui n’est pas la nôtre. Débarrassons-nous d’eux, ils ne servent à rien. Il faut savoir jeter, ne pas gaspiller, se libérer de l’inutile au quotidien. Faire le vide, faire le tri, mettre à la poubelle. D’ailleurs, il lui faut aller à la Migros pour déposer le verre vide. Il se lève, prend la bouteille de vin devant lui, et la vide dans l’évier avant de la placer soigneusement dans un sac en plastique, parmi ses semblables. Enfin, semblables… Il lui semble qu’elles se ressemblent toutes, de toute façon. Sans blague&amp;amp;nbsp;! Il faudrait qu’il fasse un geste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il sort de chez lui. S’étire. C’est comme un réflexe. Il sent ses muscles rouler sous sa peau. C’est agréable de se sentir fort. Il froisse en sortant de la cour les fleurs de lavandes, porte les doigts à son nez. Lui qui n’aime aucun parfum, celui-la le fascine. Il sent le vrai. Ça semble ridicule à dire, et pourtant c’est ça. Il s’approche. La situation lui semble surréaliste. Peut-être qu’il devrait arrêter de fumer ces joints sur son balcon, arrêter de prendre des bains trop chaud ou de regarder le cul des filles quand elles passent. Un instant de malaise, puis il se sent basculer vers l’avant. Sa tête heurte les pavés, il perd connaissance.&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Jörg]]&amp;amp;nbsp;[[Category:Sven]]&amp;amp;nbsp;[[Category:Thomas|Exquis]] [[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Exquis</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „L’homme fixe le décor vide, au-dehors. Tout est immobile. Par la fenêtre, il voit le salon des voisins. Une tête de cerf empaillée, plutôt classique. Plut…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L’homme fixe le décor vide, au-dehors. Tout est immobile. Par la fenêtre, il voit le salon des voisins. Une tête de cerf empaillée, plutôt classique. Plutôt sympathique, genre SPA. Il adore ces fragments de vie inexpliqués. L’étrange. Un étang d’étrange. Une femme passe ; elle porte un tailleur gris, elle est absolument commune. Il la fixe avec une profonde et intense indifférence. Elle pourrait mourir ici, en cet instant, qu’il ne réagirait pas, qu’il ne ferait pas le moindre mouvement. Et pourtant, il ne peut la quitter des yeux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Brusquement, elle s’arrête et lève les yeux vers lui. Il doit arrêter de boire son café et lâcher la tasse. Enfin, il devrait. Mais autant il aimait son salon, autant il la trouve fade. Avec moins d’habits, à la rigueur. L’homme tourne la tête, au prix d’un immense effort. Il fixe son appartement un peu vide, en chantier. Il n’y a rien ici qui lui appartienne vraiment, qu’il a vraiment choisi. Tout semble ici appartenir à un autre. D’ailleurs, il ne supporterait jamais d’être prof, faire des dessins à l’acrylique, des oiseaux en papier mâché : une perte d’énergie pour cette marmaille qui n’est pas la nôtre. Débarrassons-nous d’eux, ils ne servent à rien. Il faut savoir jeter, ne pas gaspiller, se libérer de l’inutile au quotidien. Faire le vide, faire le tri, mettre à la poubelle. D’ailleurs, il lui faut aller à la Migros pour déposer le verre vide. Il se lève, prend la bouteille de vin devant lui, et la vide dans l’évier avant de la placer soigneusement dans un sac en plastique, parmi ses semblables. Enfin, semblables… Il lui semble qu’elles se ressemblent toutes, de toute façon. Sans blague ! Il faudrait qu’il fasse un geste. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il sort de chez lui. S’étire. C’est comme un réflexe. Il sent ses muscles rouler sous sa peau. C’est agréable de se sentir fort. Il froisse en sortant de la cour les fleurs de lavandes, porte les doigts à son nez. Lui qui n’aime aucun parfum, celui-la le fascine. Il sent le vrai. Ça semble ridicule à dire, et pourtant c’est ça. Il s’approche. La situation lui semble surréaliste. Peut-être qu’il devrait arrêter de fumer ces joints sur son balcon, arrêter de prendre des bains trop chaud ou de regarder le cul des filles quand elles passent. Un instant de malaise, puis il se sent basculer vers l’avant. Sa tête heurte les pavés, il perd connaissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Jörg|Exquis]]&amp;amp;nbsp;[[Category:Thomas|Exquis]] [[Category:Sven|Exquis]] [[Category:Matheo|Exquis]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Instants Anodins</title>
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				<updated>2011-01-19T13:11:22Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''''Extrait du journal intime de Thomas, le 12 juillet 2010''''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a certaines scènes qui marquent, sans que l’on puisse l’expliquer. Quelques instants de vie, parfois volés, souvent anodins, qui vous traversent, vous transcendent presque, par leur exceptionnelle banalité. Ces instants sont de toutes sortes&amp;amp;nbsp;: ils vont de l’alcoolique assis sur sa valise, un téléphone à la main, au beau milieu d’une gare déserte, le regard dans le vide à la jeune passante qui ne vous remarque pas, alors que vous ne remarquez qu’elle&amp;amp;nbsp;; [[L'existence est ailleurs|du vieil ivrogne, dans ce bar de Nidau]], [[Exquis|d'une femme aperçue par la fenêtre]], de cet étranger qui semble proche à ce proche que l’on ne reconnaît plus&amp;amp;nbsp;; de cet autre qui semble être moi à cette femme assise sur un banc. Et pourtant, ils ont tous en commun cette sensation étrange au ventre, sorte d’impression de déjà-vu, avec quelque chose de plus… D’indiciblement plus fort. Au point de faire regretter de ne pas avoir un appareil photo sur soi, histoire d’immortaliser ce moment d’éternité, qui ne dure pourtant jamais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toujours, c’est absurde. Comme si toutes ces scènes sortaient d’un roman de Camus, ces situations n’ont évidemment de sens que lorsqu’on leur en donne un, parce qu’on leur en donne un. Et pourtant, quelle importance revêtent ces quelques [[La métamorphose d'immatriculation|rencontres éclatantes de banalité]]&amp;amp;nbsp;! A tel point que l’on s’en souvient, des années plus tard. Le plus étrange, c’est que presque toujours, il faut être deux, mais qu’on est toujours seul. L’instant marquant ne l’est que très rarement pour les deux protagonistes en même temps – c’est d’ailleurs ce décalage qui rend la chose si forte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est comme voir un fantôme. Ou être un fantôme en train de regarder. La vie n’a soudain plus aucune importance, placée au second plan, derrière les personnes, les individus, les choses… Qui restent seules, comme des enveloppes transparentes et vides, images de cet instant où le temps n’est plus. Car évidemment, le temps est une notion qui disparaît absolument – sa disparition est d’ailleurs une condition sine qua non à la bonne réalisation de cette situation grotesque, mais néanmoins magique, qui fait à la fois tout comprendre, et tout oublier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Simultan:B%C3%BCcher/Carnet_de_Rendez-vous</id>
		<title>Simultan:Bücher/Carnet de Rendez-vous</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Carnet de Rendez-vous ==&lt;br /&gt;
:[[Carnet de rendez-vous]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 1 | Kapitel 1&lt;br /&gt;
:[[Aaron Schmitt]]&lt;br /&gt;
:[[Maus]]&lt;br /&gt;
:[[Jörg]]&lt;br /&gt;
:[[Thomas Sorel]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 2 | Kapitel 2&lt;br /&gt;
:[[Equilibre]]&lt;br /&gt;
:[[Aarons Heft]]&lt;br /&gt;
:[[Sven]]&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 3 | Kapitel 3&lt;br /&gt;
:[[La jeune fille rousse]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[Mathilde]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 4 | Kapitel 4&lt;br /&gt;
:[[Le Profil]]&lt;br /&gt;
:[[Seesack]]&lt;br /&gt;
:[[Da passt alles rein, was ich tagsüber so brauche]]&lt;br /&gt;
:[[Symétrie automnale de l'hiver]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 5 | Kapitel 5&lt;br /&gt;
:[[M. Poe]]&lt;br /&gt;
:[[La Mallette]]&lt;br /&gt;
:[[Die Entführung]]&lt;br /&gt;
:[[Zuhaus]]&lt;br /&gt;
:[[VERRÜCKT]]&lt;br /&gt;
:[[Pour la route]]&lt;br /&gt;
:[[Abricoderm]]&lt;br /&gt;
:[[Une clope après l'amour]]&lt;br /&gt;
:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 6 | Kapitel 6&lt;br /&gt;
:[[Un coup de dés jamais n'abolira le hasard]]&lt;br /&gt;
:[[Die Schublade]]&lt;br /&gt;
:[[Schlaflos]]&lt;br /&gt;
:[[Die Stimme]]&lt;br /&gt;
:[[Eine Woche später]]&lt;br /&gt;
:[[24 octobre, 9 h 20]]&lt;br /&gt;
:[[Bien.]]&lt;br /&gt;
:[[Celui du quatrième]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 7 | Kapitel 7&lt;br /&gt;
:[[Treffpunkt]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 8 | Kapitel 8&lt;br /&gt;
:[[Society, I hope you're not lonely without me]]&lt;br /&gt;
:[[Amerika, London West, Winterthur, Biel etc.]]&lt;br /&gt;
:[[Troubles dissociatifs]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Bücher/Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Thomas_Sorel</id>
		<title>Thomas Sorel</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''''Extrait du journal de Thomas&amp;amp;nbsp;:&amp;amp;nbsp;'''''&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis un être humain. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir l'intense et terrible sensation d'être plutôt un personnage de fiction. Est-ce parce que mon nom de famille est identique à celui du héros du [http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rouge_et_le_Noir Rouge et le Noir]&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, je ne fais pas partie d'un roman de Stendhal, je suis bien réel, j'existe, j'ai un [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001918231467 profil Facebook], une [http://www.youtube.com/thomasorel page youtube], j'existe, bon sang, j'existe bel et bien&amp;amp;nbsp;! Je ne suis pas imaginaire, je ne suis pas imaginé, je suis là... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m'appelle Thomas Sorel et j'ai vingt-trois ans. J'ai eu une vie finalement banale, en Suisse. J'ai fini le gymnase, j'ai commencé des hautes études, dans un [[Institut cinématographique Biennois|institut cinématographique]], à Bienne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, c'est moi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Thomas Sorel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>Thomas Sorel</title>
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				<updated>2011-01-19T00:57:17Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „'''''Extrait du journal de Thomas :&amp;amp;nbsp;'''''&amp;lt;br&amp;gt;  Je suis un être humain. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir l'intense et terrible sensation d'être p…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;'''''Extrait du journal de Thomas :&amp;amp;nbsp;'''''&amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis un être humain. Et pourtant, je ne peux m'empêcher d'avoir l'intense et terrible sensation d'être plutôt un personnage de fiction. Est-ce parce que mon nom de famille est identique à celui du héros du [http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rouge_et_le_Noir Rouge et le Noir] ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourtant, je ne fais pas partie d'un roman de Stendhal, je suis bien réel, j'existe, j'ai un [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001918231467 profil Facebook], une [http://www.youtube.com/thomasorel page youtube], j'existe, bon sang, j'existe bel et bien ! Je ne suis pas imaginaire, je ne suis pas imaginé, je suis là...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m'appelle Thomas Sorel et j'ai vingt-trois ans. J'ai eu une vie finalement banale, en Suisse. J'ai fini le gymnase, j'ai commencé des hautes études, dans un [[Institut_cinématographique_Biennois|institut cinématographique]], à Bienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà, c'est moi.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Kategorie:Thomas</title>
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				<updated>2011-01-19T00:50:12Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Voici donc ma page, à moi, [[Thomas Sorel|Thomas Sorel]], petit étudiant de vingt-trois ans un peu perdu dans cet [[Institut cinématographique Biennois|institut cinématographique biennois]], passionné de l’image, beau gosse sans le vouloir, terriblement [[Une clope après l'amour|inconstant avec les femmes]], même que ça me rend triste… Il faudrait que je trouve l’amour, mais peut-être que je ne suis pas fait pour ça, alors je vais chez ce [[Aaron Schmitt|vieux psy juif]] et je lui raconte ma vie… Et puis, quand je m'ennuie, je vais faire un tour sur ma [http://www.youtube.com/user/thomasorel page Youtube], sur laquelle j'ajoute de temps en temps quelques vidéos, dont mon [[Journal cinématographique|journal vidéographique]]... J'ai aussi [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001918231467 un profil Facebook]...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Carnet de Rendez-vous ==&lt;br /&gt;
:[[Carnet de rendez-vous]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 1 | Kapitel 1&lt;br /&gt;
:[[Aaron Schmitt]]&lt;br /&gt;
:[[Maus]]&lt;br /&gt;
:[[Jörg]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 2 | Kapitel 2&lt;br /&gt;
:[[Equilibre]]&lt;br /&gt;
:[[Aarons Heft]]&lt;br /&gt;
:[[Sven]]&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 3 | Kapitel 3&lt;br /&gt;
:[[La jeune fille rousse]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[Mathilde]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 4 | Kapitel 4&lt;br /&gt;
:[[Le Profil]]&lt;br /&gt;
:[[Seesack]]&lt;br /&gt;
:[[Da passt alles rein, was ich tagsüber so brauche]]&lt;br /&gt;
:[[Symétrie automnale de l'hiver]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 5 | Kapitel 5&lt;br /&gt;
:[[M. Poe]]&lt;br /&gt;
:[[La Mallette]]&lt;br /&gt;
:[[Die Entführung]]&lt;br /&gt;
:[[Zuhaus]]&lt;br /&gt;
:[[VERRÜCKT]]&lt;br /&gt;
:[[Pour la route]]&lt;br /&gt;
:[[Abricoderm]]&lt;br /&gt;
:[[Une clope après l'amour]]&lt;br /&gt;
:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 6 | Kapitel 6&lt;br /&gt;
:[[Un coup de dés jamais n'abolira le hasard]]&lt;br /&gt;
:[[Die Schublade]]&lt;br /&gt;
:[[Schlaflos]]&lt;br /&gt;
:[[Die Stimme]]&lt;br /&gt;
:[[Eine Woche später]]&lt;br /&gt;
:[[24 octobre, 9 h 20]]&lt;br /&gt;
:[[Bien.]]&lt;br /&gt;
:[[Celui du quatrième]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 7 | Kapitel 7&lt;br /&gt;
:[[Treffpunkt]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 8 | Kapitel 8&lt;br /&gt;
:[[Society, I hope you're not lonely without me]]&lt;br /&gt;
:[[Amerika, London West, Winterthur, Biel etc.]]&lt;br /&gt;
:[[Troubles dissociatifs]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Bücher/Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Simultan:B%C3%BCcher/Carnet_de_Rendez-vous</id>
		<title>Simultan:Bücher/Carnet de Rendez-vous</title>
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				<updated>2011-01-14T11:53:11Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Carnet de Rendez-vous ==&lt;br /&gt;
:[[Carnet de rendez-vous]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 1 | Kapitel 1&lt;br /&gt;
:[[Aaron Schmitt]]&lt;br /&gt;
:[[Maus]]&lt;br /&gt;
:[[Jörg]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 2 | Kapitel 2&lt;br /&gt;
:[[Equilibre]]&lt;br /&gt;
:[[Aarons Heft]]&lt;br /&gt;
:[[Sven]]&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 3 | Kapitel 3&lt;br /&gt;
:[[La jeune fille rousse]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[Mathilde]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 4 | Kapitel 4&lt;br /&gt;
:[[Le Profil]]&lt;br /&gt;
:[[Seesack]]&lt;br /&gt;
:[[Da passt alles rein, was ich tagsüber so brauche]]&lt;br /&gt;
:[[Symétrie automnale de l'hiver]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 5 | Kapitel 5&lt;br /&gt;
:[[M. Poe]]&lt;br /&gt;
:[[La Mallette]]&lt;br /&gt;
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:[[Pour la route]]&lt;br /&gt;
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:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 6 | Kapitel 6&lt;br /&gt;
:[[Un coup de dés jamais n'abolira le hasard]]&lt;br /&gt;
:[[Die Schublade]]&lt;br /&gt;
:[[Schlaflos]]&lt;br /&gt;
:[[Die Stimme]]&lt;br /&gt;
:[[Eine Woche später]]&lt;br /&gt;
:[[24 octobre, 9 h 20]]&lt;br /&gt;
:[[Bien.]]&lt;br /&gt;
:[[Celui du quatrième]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 7 | Kapitel 7&lt;br /&gt;
:[[Treffpunkt]]&lt;br /&gt;
;Chapitre 8 | Kapitel 8&lt;br /&gt;
:[[Society, I hope you're not lonely without me]]&lt;br /&gt;
:[[Amerika, London West, Winterthur, Biel etc.]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Bücher/Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Abschaum_der_Tage</id>
		<title>Abschaum der Tage</title>
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				<updated>2011-01-14T10:53:47Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Begegnung zwischen Maus und Thomas (Maus' Version)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... Nichts wie raus hier. Maus zieht die Tür hinter sich zu. Entschlossenen Schrittes geht sie den weissen Flur entlang und gräbt dabei schon mal nach dem Buch in ihrer Tasche; Schaum der Tage von Boris Vian. Sie würde lesen nachher im Bus. Nichts wünscht sie sich jetzt sehnlicher als aus dieser Welt zu verschwinden und abzutauchen in eine andere. Der Umgang mit Buchstaben und fiktiven Charakteren ist ihr bedeutend lieber und fällt ihr auch weitaus leichter als derjenige mit wahrhaftig existierenden Lebewesen. &amp;lt;br&amp;gt;«Ah! Vous lisez ça?», durchbricht eine Stimme ihre Gedanken. «C`est certainement un des plus beaux romans que j`ai lu récemment.»&amp;lt;br&amp;gt;Erschrocken wendet Maus den Kopf. Die Tür des Wartezimmers steht offen. Grosse blaue Augen sehen sie an. Redet der mit mir oder wie? Sie zweifelt, zögert, aber dann bleibt sie stehen. Und als ob der Unbekannte ihre Frage erraten hätte, hebt er seinen Arm, zeigt auf das zerfledderte Buch in ihrer Hand. &amp;lt;br&amp;gt;«Uh!», stösst sie hervor – unbeholfener als ihr lieb gewesen wäre. «Vraiment ... wirklich? Nun, ich bin noch nicht ganz durch».&amp;lt;br&amp;gt;«Ah, ich verstehe ...» &amp;lt;br&amp;gt;Was, fragt sie sich, was versteht er?&amp;lt;br&amp;gt;«Und ... ich habe dich hier noch nie gesehen, kommst du neu zu Herrn Schmitt?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus runzelt die Stirn. Sie wüsste nicht, was ihn das angehen würde. Und überhaupt; neu zu Herrn Schmitt kommen? Die Selbstverständlichkeit, die in dieser Formulierung steckt, kommt ihr suspekt vor. Klingt schon fast so, als wäre der Typ schon ewig in Behandlung, denkt sie. Was es wohl war in seinem Fall? Depression? Manie? Drogen? Wahnvorstellungen? Aber wo sie ihn sich jetzt genauer ansieht, traut sie ihm eigentlich nichts von alle dem so richtig zu. Er hat einen drei Tagebart, seine dunklen Haare sind etwas nachlässig frisiert, unter seinen Augen liegen Schatten. Wahrscheinlich schläft er nicht allzu viel, vermutet Maus, aber sein Gesicht ist freundlich und wirkt trotz allem offen und wach. Wie einer, der vollständig eins an der Waffel hätte, sieht er ihrer spontanen Einschätzung nach jedenfalls nicht aus. &amp;lt;br&amp;gt;«Sozusagen. Es ... es war meine erste Sitzung.», gibt sie zur Antwort. «Und die letzte.» &amp;lt;br&amp;gt;«Ja, ich verstehe.»&amp;lt;br&amp;gt;Schon wieder versteht er. Erstaunlich – aber wenn er meint.&amp;lt;br&amp;gt;«Er ist ein bisschen komisch», fährt er fort, «aber ich finde genau das gleichzeitig auch beruhigend.»&amp;lt;br&amp;gt;Viel fällt ihr zum Thema Aaron Schmitt nicht mehr ein: «Hm. Oui.» &amp;lt;br&amp;gt;«Vielleicht können wir eines Tages ein Glas zusammen trinken?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus schluckt. Etwas in ihr krampft sich zusammen, sie spürt, wie sie unruhig wird.&amp;lt;br&amp;gt;«Ein Glas was?» &amp;lt;br&amp;gt;Fast möchte sie sich die Hand vor den Mund halten. Sie bemerkt, dass ihre Stimme zu laut klingt und der aggressive Tonfall, der darin mitschwingt, erschreckt sie selbst. Hast dich mal wieder nicht unter Kontrolle. Reiss dich zusammen Mädchen, schimpft sie innerlich mit sich. Musst ja nicht Ja sagen, wenn du nicht willst. Sowieso musst du überhaupt gar nichts. Niemand zwingt dich zu irgendetwas.&amp;lt;br&amp;gt;«Ich ...nun ... ich weiss nicht. Vielleicht.»&amp;lt;br&amp;gt;«Wie du willst! Fühl dich nicht gezwungen!» Das sagt er, wobei er ihr gleichzeitig nett lächelnd Zettel und Stift entgegenstreckt. «Schreib mir hier deine Nummer auf.»&amp;lt;br&amp;gt;«Meine Nummer?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus hält einen Moment lang inne. Na schön, denkt sie dann, was soll`s und nimmt Papier und Kugelschreiber entgegen. Hauptsache endlich weg hier. Wird schon nicht anrufen, der Typ. Hastig notiert sie ihre Handynummer und gibt ihm die Schreibutensilien zurück. Er lächelt. «Ok ... voilà. Dann ciao», stösst sie zum Abschied hervor.&amp;lt;br&amp;gt;«Bis bald!» Er strahlt noch immer. Sie hat jetzt so gut wie keine Zweifel mehr; sie weiss, sein Lächeln gilt ihr. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Als Maus das Gebäude verlässt allerdings, an die frische Luft gelangt, fällt ihr ein, dass er sie nicht mal nach ihrem Namen gefragt hatte. Mistkerl. Aber von mir aus, auch gut, sagt sie sich, zieht die Jackenärmel bis über ihre Fingerkuppen, verschränkt die Arme vor der Brust und bewegt sich in Richtung Bushaltestelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Begegnung zwischen Maus und&amp;amp;nbsp;Thomas (Thomas' Version)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas attendait dans la salle d’attente du psychiatre juif pour son rendez-vous. Cette fois, contrairement à [[Thérapie capillaire|la première]], il avait pu aller s’asseoir sur les fauteuils confortables plutôt que d’entrer en avance dans le bureau conventionnel d’[[Aaron Schmitt|Aaron Schmidt]]. Apparemment, aujourd’hui, il y avait un autre «&amp;amp;nbsp;patient&amp;amp;nbsp;»… Thomas attendait tranquillement son tour, un peu gêné, car il avait la désagréable impression que la réceptionniste, Mme Hagebutten, avec sa tête de crapaud écervelé, ne cessait de l’observer. Il eut même le sentiment un peu étrange qu’elle l’avait placé là juste pour se distraire. A cette idée saugrenue, Thomas eut un frisson de dégoût. Le temps passait… C’était long. &amp;lt;br&amp;gt;Et là, à cet instant précis – il s’en souviendrait toute sa vie, il en était persuadé – il la vit. Ce fut comme un éclair qui le foudroya. Il eut l’impression d’entendre le concerto en mi mineur pour violon de Mendelssohn, ses oreilles éclataient, ses poumons crachaient, son cœur tambourinait, il n’avait jamais ressenti une chose pareille en un si court instant, comme si le temps s’arrêtait… Les violons valsaient en lui, accompagné bientôt par tous les instruments de l’orchestre, son foie devint trombone, son pancréas se métamorphosa en hautbois, son dos se transcenda en contrebasse, ses épaules jouaient les violoncelles, son esprit se transforma en soliste, avec un vibrato à couper le souffle, et son cœur, pour couronner le tout, avait pris le rôle des percussions, qui donnaient du panache à l’ensemble.&amp;lt;br&amp;gt;A cet instant, Thomas se sentit formidablement vivant. Elle était là. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait déjà entendu ça un milliers fois. Cette «&amp;amp;nbsp;légende du coup de foudre&amp;amp;nbsp;». C’était exactement ça. Et le temps s’était arrêté. Mais ce que l’on ne lui avait pas dit, c’était que, l’instant d’après, qui venait malgré tout… Le temps faisait alors tout pour rattraper son retard. En aussi peu de temps qu’elle lui était apparue, la silhouette de la jeune femme aux cheveux rouges avait disparu du couloir.&amp;lt;br&amp;gt;Il n’attendit pas une seule seconde. Il fallait qu’il lui parle. Il bondit de sa chaise, traversa le couloir, l’aperçut, s’apprêta à l’appeler, se retint, se sentit affreusement bête, et chercha désespérément quelque chose à dire… C’est là qu’il vit le livre qu’elle venait de sortir de son sac&amp;amp;nbsp;: [[Voyage en train|L’écume des jours]], de Boris Vian. On ne pouvait rêver plus bel hasard. Sans hésiter il s’écria alors&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Ah&amp;amp;nbsp;! Vous lisez ça&amp;amp;nbsp;? C`est certainement un des plus beaux romans que j’ai lu récemment. &amp;lt;br&amp;gt;La jeune fille se retourna et c’est seulement à cet instant qu’il regarda véritablement son visage. Elle était d’une beauté éblouissante… Elle avait quelque chose d’étrange, de différent, un petit côté garçon manqué avec ses cheveux courts et rouges, mais en même temps une énergie fantastiquement féminine… Thomas se sentit rougir en voyant l’expression de profond étonnement sur le visage de l’inconnue, qui s’était arrêtée&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Uh! Vraiment... wirklich? Nun, ich bin noch nicht ganz durch.&amp;lt;br&amp;gt;Elle parlait allemand&amp;amp;nbsp;! Evidemment&amp;amp;nbsp;! Malgré son niveau très modeste dans cette langue, Thomas trouvait cela formidable. Cela ne faisait qu’ajouter une part de mystère chez cette jeune femme&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, ich verstehe... murmura-t-il alors avec un accent certain, und ... ich habe dich hier noch nie gesehen, kommst du neu zu Herrn Schmitt?  &amp;lt;br&amp;gt;La jeune fille sembla soulagée que Thomas se soit adressé à elle dans sa langue. Elle répondit avec un drôle de regard&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Sozusagen. Es ... es war meine erste Sitzung. Und die letzte. &amp;lt;br&amp;gt;Thomas sourit. En plus elle avait de l’humour&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Ja, ich verstehe, répéta-t-il, parce que justement il ne comprenait rien, ou plutôt il était tellement obnubilé par elle qu’il avait l’impression que les mots n’avaient plus d’importance. Er ist ein bisschen komisch, aber ich finde genau das gleichzeitig auch beruhigend.&amp;lt;br&amp;gt;- Hm. Oui.&amp;lt;br&amp;gt;Ah&amp;amp;nbsp;! Quelle beauté dans ce simple «&amp;amp;nbsp;oui&amp;amp;nbsp;», lâché timidement. Thomas avait l’impression de fondre sur place. Il sentait, dans ce «&amp;amp;nbsp;oui&amp;amp;nbsp;», qu’elle aussi n’était pas indifférente. Il s’empressa alors, avec un sang-froid qu’il ne se connaissait pas, de lui demander&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Vielleicht können wir eines Tages ein Glas zusammen trinken? &amp;lt;br&amp;gt;- Ein Glas was? ... ich ...nun ... ich weiss nicht. Vielleicht.&amp;lt;br&amp;gt;Quelle fille charmante&amp;amp;nbsp;! Elle feignait d’être désintéressée&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Wie du willst! Fühl dich nicht gezwungen! Schreib mir hier deine Nummer auf.  &amp;lt;br&amp;gt;A ces mots, il lui tendit un morceau de papier car il voyait bien que c’était ce qu’elle voulait. &amp;lt;br&amp;gt;- Meine Nummer? Ok ... voilà ... dann ciao.&amp;lt;br&amp;gt;Quelle voix…&amp;lt;br&amp;gt;- Bis bald!&amp;lt;br&amp;gt;Elle sortit. Thomas se rendit compte qu’il ne lui avait même pas demandé son nom. Il fixa le bout de papier où était griffonné un numéro, le serra dans sa main, et soupira en repensant à cette sublime inconnue. C’était sûr, [[Treffpunkt|ils se reverraient]]. Il était persuadé que s’il avait ressenti tout cela, ce devait être la même chose pour elle. Ce genre de chose ne pouvait se passer à sens unique…&amp;lt;br&amp;gt; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Maus]] [[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Th%C3%A9rapie_capillaire</id>
		<title>Thérapie capillaire</title>
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				<updated>2011-01-14T10:53:10Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du jeunot)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était un vieil immeuble au centre ville. Thomas entra, se dirigea au fond d’un long couloir et fit face à la réceptionniste, une certaine Mme Hagebutten (elle lui avait dit son nom au téléphone, et il n’avait d’ailleurs pas pu s’empêcher de lâcher un léger rire).&amp;lt;br&amp;gt;- M. Sorel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas hocha la tête, bizarrement gêné.&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez bien patienter, Monsieur Schmitt arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr, répondit le jeune homme, avant de se diriger vers la salle d’attente, où, il le voyait d’ici, des sièges à l’apparence confortables (sensés «&amp;amp;nbsp;mettre à l’aise&amp;amp;nbsp;») étaient disposés…&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le bureau de Monsieur Schmitt, intervint alors la réceptionniste. Il arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;Thomas trouva la proposition un peu incongrue, mais accepta. Il se dirigea donc vers le bureau de son futur psy, qu’il ne connaissait pas encore, puisqu’il s’agissait de leur première séance… L’idée d’aller voir un psychiatre lui avait d’abord semblé saugrenue, jusqu’à qu’il réalise qu’il avait besoin d’en parler, de parler de son problème avec les femmes, puisque c’était un problème, puisqu’il n’était pas heureux… La rencontre lui faisait tout de même peur, il était un peu impressionné, il n’avait jamais été dans une pareille situation et il ne savait pas vraiment ce qu’il allait dire, s’il allait être capable de dire quelque chose…&amp;lt;br&amp;gt;Il était dans ce bureau, tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, exactement tel qu’il l’avait imaginé&amp;amp;nbsp;: il manquait peut-être simplement le siège en cuir «&amp;amp;nbsp;typique thérapie&amp;amp;nbsp;», puisque la pièce ne contenait que deux chaises, l’une en face de l’autre, séparée par un grand bureau en bois. Derrière le bureau, sur le mur, un diplôme, mis bien en évidence, avec – remarqua Thomas avec un sourire – une lampe qui avait été placée juste en dessus. Hasard ou volonté de se mettre en avant, le jeune homme était incapable de trancher pour l’instant. &amp;lt;br&amp;gt;Ce qui était sûr, c’était que tout, dans cette pièce, était totalement cliché. Du bureau ordonné à la bibliothèque remplie de livres de médecine (sans doute à nouveau une tentative pour rassurer le patient sur la légitimité du prix de la séance), au nom même de ce drôle de bonhomme&amp;amp;nbsp;: Aaron Schmitt. Thomas l’avait choisi pour ça, d’ailleurs, il avait cherché au hasard dans l’annuaire et était tombé sur ce nom., qui lui avait semblé tellement invraisemblablement banal qu’il s’était dit que ça devait être le bon. Il y avait dans ce nom et cette atmosphère, dans ce bureau, quelque chose d’incroyablement rassurant de banalité, et peut-être était-ce bien ce que l’on recherchait chez un psychiatre… Parler de tant d’excentricités, de bizarreries, peut-être était-ce plus simple dans un contexte terriblement «&amp;amp;nbsp;normal&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Un détail cependant attira l’œil de Thomas tandis qu’il parcourait la pièce du regard… Il s’approcha de la bibliothèque et retira délicatement un livre qui avait frappé son attention&amp;amp;nbsp;: entre le Traité sur la rhétorique médicale par Igor Bistouri et Analyse cognitive et comportementale&amp;amp;nbsp;: comment notre petite enfance marque-t-elle à jamais notre vie&amp;amp;nbsp;? par Sandrine Hologue, se trouvait un petit livre qui portait le titre suivant&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et je l’assume – Petite discussion avec sa calvitie.&amp;amp;nbsp;» Avec un sourire, et pour s’occuper dans cette attente qui commençait à être longue («&amp;amp;nbsp;dans un instant&amp;amp;nbsp;», tu parles…), Thomas ne put alors s’empêcher de feuilleter cet ouvrage incongru.&amp;lt;br&amp;gt;Malheureusement, alors qu’il contemplait avec de grands yeux la liste des «&amp;amp;nbsp;dix exercices pratiques pour se détacher de sa dépendance capillaire&amp;amp;nbsp;», un homme d’une soixantaine d’année, à moitié chauve, fit irruption dans la pièce, sourire aux lèvres. Il fixa Thomas, fixa le livre, fixa à nouveau Thomas, ne dit rien, fit disparaître son sourire, et resta planté là. Thomas, de son côté, était au comble de l’embarras&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre resta dans un silence absolu, et Thomas l’interpréta comme un&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;tout ceci devra rester entre nous, ça ne s’est jamais produit.&amp;amp;nbsp;». Il se dirigea vers la chaise derrière son bureau, s’assit, fit un geste pour indiquer à Thomas qu’il pouvait (ou devait) en faire de même, le jeune homme s’exécuta, et les deux hommes se firent face, silencieusement toujours.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre – vêtu dans un costume en tweed brun, Thomas était interloqué que cela se porte encore – fouilla dans ses papiers, sembla regarder un dossier, et finit par lâcher&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Curieuse approche. Thomas ne trouva qu’un mot à répondre&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Et on le payait pour poser des questions pareilles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sinon je ne serais pas là.&amp;lt;br&amp;gt;- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas resta silencieux quelques instants, et face à la concision de cet homme, il décida finalement lui aussi de faire court et direct&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre eut une expression étrange.&amp;lt;br&amp;gt;- Sexuellement ou… Emotionnellement&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Un peu les deux.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est-à-dire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas rougit légèrement&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le psychiatre marqua un temps, regarda par la fenêtre, puis murmura&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Là encore, Thomas décida de la jouer franc jeu. Finalement, c’était pour ça qu’il était là.&amp;lt;br&amp;gt;- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psy le coupa&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Mais… N’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Tomber amoureux&amp;amp;nbsp;? Tomber amoureux…&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Le psychologue sembla réfléchir, et Thomas se sentit étrangement gêné, presque idiot&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait vraiment ce qu’est l’amour, mon garçon&amp;amp;nbsp;! déclara alors le docteur Schmitt avec emphase. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’était le bouquet. Il devait payer autant pour s’entendre dire de telles banalités&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute. &amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il pas une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’est pas possible… Ça doit être un sketch… Où est la caméra cachée&amp;amp;nbsp;? Il essaye de faire poète, maintenant…&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas…&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon, il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Non, [[Dialogue Clair-obscure|il n’y en a pas]]. C’est bien le problème.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;Le psy ne voulait pas lâcher l’affaire&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Il était bouché, ou quoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance. C’est fini pour aujourd’hui.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;? s’étonna Thomas. Il avait l’impression que cela n’avait duré que quelques minutes. A quoi bon s’être déplacé pour… ça&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Encore une banalité… S’en suivit un serrage de mains un peu convenu, puis Thomas tourna donc les talons, en lâchant simplement, sans trop savoir pourquoi, mais bien décidé à revenir&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du psychiatre)  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre rendez-vous de 09h00 vous attend dans votre bureau, Docteur Schmitt. Essayez de ne pas trop le faire attendre, c’est un sacré bel homme, dit Mme Hagebutten avec son sourire malicieux qui avait plus l’air d’un rictus que d’autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt n’avait pas le souvenir d’avoir engagé une réceptionniste pour qu’elle se mette à draguer les patients comme dans une discothèque, ici on soignait la déficience mentale, bon sang&amp;amp;nbsp;! Il la surveillait en cachette, l’épiant depuis la salle d’attente, feignant la lecture d’un magazine, il savait qu’elle mangeuse d’homme de première catégorie elle était, avec ses chemises à décolleté plongeant. Elle avait la poitrine généreuse et accueillante, d’ailleurs. Mais il se méfiait des femmes comme cela, parce qu’il savait que lorsque la tentation vient, il est difficile de ne pas y céder. Même lorsqu’on a soixante ans, cela ne change en rien la mécanique, à part que celle-ci a plus de mal à démarrer. Il alla se préparer un café à la machine automatique de la salle d’attente. Il était fier de son nouveau joujou. Expresso, ristretto, cappuccino, café au lait, lait au café, avec sucre, sans sucre, avec lait, sans lait, chocolat chaud, thé à la camomille, la machine savait tout faire. En tous cas, le café y était meilleur que dans la cafetière que concoctait chaque matin cette folle de Mme Hagebutten. Aaron Schmitt savait où placer les investissements pour faire prospérer son cabinet. Pas besoin d’être allé en école de commerce pour cela. Coup d’œil à sa montre, 09h10. Il était temps de s’occuper de son patient, un certain Thomas Sorel. A peine entré dans son bureau, Aaron Schmitt sut que les problèmes l’attendaient. Le jeune homme s’était emparé d’un livre dans la bibliothèque. Nom de Dieu, mais quelle époque&amp;amp;nbsp;! Pas n’importe quel ouvrage, «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et j’assume – Petite discussion avec sa calvitie&amp;amp;nbsp;». La plupart des patients sont des fouineurs qui ne peuvent s’empêcher de toucher tout et n’importe quoi. Le psychiatre était déjà mal à l’aise, le patient en savait déjà plus sur le Docteur que l’inverse, le diplôme accroché au mur n’avait plus de sens, et surtout Thomas Sorel avait une magnifique chevelure. Aaron Schmitt hésita à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire, le jeune homme essaya de se justifier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais Nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Marcher, s’asseoir et commencer la séance. Remuer quelques feuilles, tousser et commencer la séance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;? commença le vieux psychiatre comme à son habitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, des problèmes, pensa-t-il. Oui, l’obsession de s’introduire dans la vie des gens, dans leurs sphères privées et personnelles. Ne pas pouvoir patienter gentiment que le Docteur arrive, parler de ses problèmes et payer la facture. Oui, penser que ce visage fin et élégant, ce corps musclé et jeune sous ces habits, ce pétillement dans le regard suffisaient à tout se permettre. Aaron Schmitt remarqua comme le jeune homme était beau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sinon je ne serai pas là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Sorel esquissa un sourire, Aaron Schmitt resta de marbre. Il ne riait pas. Merde, se dit-il, voilà pourquoi le Docteur Harberg est meilleur psychiatre, il rigole aux blagues de ses patients&amp;amp;nbsp;! Ca instaure un climat de tranquillité, brise la glace. Aaron Schmitt hésita encore une fois à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais nom de Dieu&amp;amp;nbsp;? était-ce une blague de Mme Hagebutten ce jeune homme beau et viril&amp;amp;nbsp;? Pendant un instant, le double menton et la robe aux fleurs imprimées de la réceptionniste se dessinèrent dans l’esprit du psychiatre. Il l’imaginait très bien comploter pour renverser son patron et prendre sa place, il l’avait déjà vu s’entraîner à la psychothérapie avec des tasses, mimer une séance. Elle se croyait seule et pensait que cela resterait secret. Heureusement qu’Aaron Schmitt était un homme bienveillant qui surveille toujours ses arrières. Il fallait se reprendre et continuer la séance&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sexuellement ou…Emotionnellement&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Un peu des deux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C’est à dire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jeune homme se tut un instant et Aaron Schmitt se demanda combien de femmes Thomas Sorel avait connues, alors que le psychiatre n’avait partagé sa vie qu’avec Annie. D’ailleurs, en pensant à elle, il se dit que peut-être il devrait trouver le courage d’aller fleurir sa tombe et faire face à la réalité. Aaron Schmitt hésita à boire un coup, mais pour d’autres raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la fenêtre, les passants n’en avaient rien à foutre du sentiment de perdition d’Aaron Schmitt, qui depuis la fenêtre du cinquième étage observait la rue. Il aurait donné une vie de lettres d’amour pour retrouver sa jeunesse, et pouvoir tenir ce genre de discours. Mais au fond, il savait que si le temps lui était rendu, il passerait quand même sa vie avec Annie. Pourquoi avoir [[Le Profil|créé un profil]] sur [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001682561698 Facebook]&amp;amp;nbsp;? Pourquoi vouloir connaître des jeunes femmes alors que celles-ci cherchent précisément ce qui tourmente le vieux psychiatre&amp;amp;nbsp;? Nom de Dieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est étrange avec les souvenirs, c’est qu’avec le temps, ils deviennent des souvenirs de souvenirs.&amp;amp;nbsp;La couleur préférée d’Annie, était-ce le vert&amp;amp;nbsp;? Le bleu&amp;amp;nbsp;? Et puis, est-ce que les citronniers se cachent sous terre maintenant qu’elle n’est plus là&amp;amp;nbsp;? Elle adorait le thé au ciron, mais peut-être qu’en fait c’était du thé au miel. Il souhaitait à Thomas Sorel de ne plus se rappeler un jour, mais de garder en tête ce qui importe vraiment. Ses lunettes rouges qu’elles trouvaient bien trop grosses, la façon qu’elle avait de se mettre sur la pointe des pieds pour le baiser de bonne nuit, elle tout simplement. C’était elle qui importait vraiment. Mais comment avait-il pu se laisser aller au point d’avoir une bouteille de bourbon dans son tiroir de bureau&amp;amp;nbsp;? De se balader chez lui avec une carabine Winchester&amp;amp;nbsp;? De n’être pas allé au cimetière depuis quinze ans&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant, mais n’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;C’était un sentiment étrange. Celui d’être d’accord avec un de ses patients pour une fois. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’il se passait&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt était totalement déstabilisé. Il pensa à ces minutes de folie durant lesquelles toute une vie peut basculer totalement. Etait-ce un des moments-là&amp;amp;nbsp;? Puis, il pensa à cette mallette remplie d’argent, qui se trouvait sous son canapé. La redonner à M. Poe, prendre sa retraite et partir dans le sud de l’Italie pour y finir ses jours. Voilà ce que se disait Aaron Schmitt. Et voilà ce qu’il ferait dès le lendemain.&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait ce que c’est l’amour, mon garçon. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute.&amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une femme comme Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas.&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon&amp;amp;nbsp;! Il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde a une Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Les oliviers et les maisons à toits plats, les rochers près de Galatone et le kiosque de moules de son cousin, le vert de la mer et les lézards, l’ail et les tomates, les lunettes rouges et la robe bleue.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt a serré la main de ce jeune homme en ayant le sentiment que c’était à ces illusions perdues qu’il venait de dire au revoir.&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmidt]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<title>Benutzer:Arthurb/Bücher/Histoire de Thomas Sorel</title>
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				<updated>2011-01-14T10:33:08Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire de Thomas Sorel ==&lt;br /&gt;
=== Récit simultanien ===&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
:[[La métamorphose d'immatriculation]]&lt;br /&gt;
:[[Cours de langue]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
:[[Une clope après l'amour]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[En écoutant Beethoven]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Histoire de Thomas Sorel]]&lt;/div&gt;</summary>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „{{Gespeichertes Buch}}  == Histoire de Thomas Sorel == === Récit simultanien === ;Essai  Histoire de Thomas Sorel“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Histoire de Thomas Sorel ==&lt;br /&gt;
=== Récit simultanien ===&lt;br /&gt;
;Essai&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Histoire de Thomas Sorel]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Simultan:B%C3%BCcher/Carnet_de_Rendez-vous</id>
		<title>Simultan:Bücher/Carnet de Rendez-vous</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Gespeichertes Buch}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== TestBuch ==&lt;br /&gt;
=== Simultan Texte ===&lt;br /&gt;
:[[Aarons Heft]]&lt;br /&gt;
:[[Abschaum der Tage]]&lt;br /&gt;
:[[Amerika, London West, Winterthur, Biel etc.]]&lt;br /&gt;
:[[Da passt alles rein, was ich tagsüber so brauche]]&lt;br /&gt;
:[[Die Entführung]]&lt;br /&gt;
:[[Die Schublade]]&lt;br /&gt;
:[[Die Stimme]]&lt;br /&gt;
:[[Eine Woche später]]&lt;br /&gt;
:[[Olivia Weibel]]&lt;br /&gt;
:[[Schlaflos]]&lt;br /&gt;
:[[Seesack]]&lt;br /&gt;
:[[Treffpunkt]]&lt;br /&gt;
:[[VERRÜCKT]]&lt;br /&gt;
:[[Zuhaus]]&lt;br /&gt;
:[[Le Profil]]&lt;br /&gt;
:[[Thérapie capillaire]]&lt;br /&gt;
:[[Pablo Jakob]]&lt;br /&gt;
:[[Aaron Schmitt]]&lt;br /&gt;
:[[Traditions]]&lt;br /&gt;
:[[Lettre]]&lt;br /&gt;
:[[Carnet de rendez-vous]]&lt;br /&gt;
:[[Quelques Mots]]&lt;br /&gt;
:[[La jeune fille rousse]]&lt;br /&gt;
:[[La Mallette]]&lt;br /&gt;
:[[La Montre]]&lt;br /&gt;
:[[M. Poe]]&lt;br /&gt;
:[[Society, I hope you're not lonely without me]]&lt;br /&gt;
:[[24 octobre, 9 h 20]]&lt;br /&gt;
:[[Abricoderm]]&lt;br /&gt;
:[[Celui du quatrième]]&lt;br /&gt;
:[[Mathilde]]&lt;br /&gt;
:[[Bien.]]&lt;br /&gt;
:[[Jörg]]&lt;br /&gt;
:[[Pour la route]]&lt;br /&gt;
:[[Sven]]&lt;br /&gt;
:[[Symétrie automnale de l'hiver]]&lt;br /&gt;
:[[Cours de langue]]&lt;br /&gt;
:[[Dialogue Clair-obscure]]&lt;br /&gt;
:[[En écoutant Beethoven]]&lt;br /&gt;
:[[Instants Anodins]]&lt;br /&gt;
:[[Institut cinématographique Biennois]]&lt;br /&gt;
:[[Jean-Sol Partre]]&lt;br /&gt;
:[[Journal cinématographique]]&lt;br /&gt;
:[[L'existence est ailleurs]]&lt;br /&gt;
:[[La métamorphose d'immatriculation]]&lt;br /&gt;
:[[Ma seconde paire d'yeux]]&lt;br /&gt;
:[[Scène de couple (1)]]&lt;br /&gt;
:[[Scène de couple (2)]]&lt;br /&gt;
:[[Souvenir d'enfance]]&lt;br /&gt;
:[[Une clope après l'amour]]&lt;br /&gt;
:[[Voyage en train]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Kategorie:Bücher|Bücher/Carnet de Rendez-vous]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_m%C3%A9tamorphose_d%27immatriculation</id>
		<title>La métamorphose d'immatriculation</title>
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				<updated>2011-01-14T08:56:01Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Thomas se souvenait de son premier jour de cours. C’était aussi l’un de ses premiers jours dans cette ville biennoise, puisqu’il vivait encore à Genève. Ce jour-là, à Bienne, il était allé un peu derrière l’école, pour se faire prendre en photo, avec tous les autres étudiants. Il avait un peu le sentiment de vivre une métamorphose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas descendit l’escalier. Ils étaient tous ensemble au sous-sol de l’école, à attendre, chacun leur tour, comme à la queue leu leu. La pièce au bout du couloir laissait passer une lumière éclatante, et ils attendaient, debout. C’était long. Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de repenser à tout à l’heure, lorsqu’il avait dû subir la profondément agaçante «&amp;amp;nbsp;respiration&amp;amp;nbsp;» d’un bus, vers la gare, essayant désespérément de lire, assis sur un banc. Voilà, c’était comme ça, la vie était aussi faite de ça, de ces moments d’attente et d’ennui. Au Suivant&amp;amp;nbsp;! Ça lui fit penser à Brel. Et puis vint enfin son tour. Il entra dans la pièce blanche, salua, mal à l’aise, un homme un peu bourru, avec une barbe blanche et une crinière ébouriffée, et alla s’asseoir sur la chaise, au milieu de la pièce. Le type le photographia, trois fois. Il dut ensuite choisir la photo qui était la moins pire, sur l’ordinateur. Tout ça pour l’administration de l’institut, pour les répertorier. Il fallait que Thomas devienne, comme les autres, un «&amp;amp;nbsp;numéro d’immatriculation&amp;amp;nbsp;» et une «&amp;amp;nbsp;image&amp;amp;nbsp;», une photo prise dans cette salle en sous-sol. Un instant, et puis c’était terminé, voilà, super, bravo, il était devenu étudiant en Haute Ecole Spécialisée, il sortit, «&amp;amp;nbsp;auf wiedersehen&amp;amp;nbsp;», même s’il ne le reverrait probablement pas, le type ne répondit pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/La_m%C3%A9tamorphose_d%27immatriculation</id>
		<title>La métamorphose d'immatriculation</title>
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				<updated>2011-01-14T08:55:42Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Thomas se souvenait de son premier jour de cours. C’était aussi l’un de ses premiers jours dans cette ville biennoise, puisqu’il vivait encore à Genève, dans un appartement, en ville, à la Servette. Ce jour-là, à Bienne, il était allé un peu derrière l’école, pour se faire prendre en photo, avec tous les autres étudiants. Il avait un peu le sentiment de vivre une métamorphose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas descendit l’escalier. Ils étaient tous ensemble au sous-sol de l’école, à attendre, chacun leur tour, comme à la queue leu leu. La pièce au bout du couloir laissait passer une lumière éclatante, et ils attendaient, debout. C’était long. Le jeune homme ne pouvait s’empêcher de repenser à tout à l’heure, lorsqu’il avait dû subir la profondément agaçante «&amp;amp;nbsp;respiration&amp;amp;nbsp;» d’un bus, vers la gare, essayant désespérément de lire, assis sur un banc. Voilà, c’était comme ça, la vie était aussi faite de ça, de ces moments d’attente et d’ennui. Au Suivant&amp;amp;nbsp;! Ça lui fit penser à Brel. Et puis vint enfin son tour. Il entra dans la pièce blanche, salua, mal à l’aise, un homme un peu bourru, avec une barbe blanche et une crinière ébouriffée, et alla s’asseoir sur la chaise, au milieu de la pièce. Le type le photographia, trois fois. Il dut ensuite choisir la photo qui était la moins pire, sur l’ordinateur. Tout ça pour l’administration de l’institut, pour les répertorier. Il fallait que Thomas devienne, comme les autres, un «&amp;amp;nbsp;numéro d’immatriculation&amp;amp;nbsp;» et une «&amp;amp;nbsp;image&amp;amp;nbsp;», une photo prise dans cette salle en sous-sol. Un instant, et puis c’était terminé, voilà, super, bravo, il était devenu étudiant en Haute Ecole Spécialisée, il sortit, «&amp;amp;nbsp;auf wiedersehen&amp;amp;nbsp;», même s’il ne le reverrait probablement pas, le type ne répondit pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|La métamorphose d'immatriculation]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Qui_suis-je_%3F</id>
		<title>Qui suis-je ?</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Qui_suis-je_%3F"/>
				<updated>2011-01-14T08:52:44Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Moi, Matheo.  J’ai vingt-trois ans. Autrefois, je faisais une école d’art, on y faisait du cinéma, je crois. A présent, je suis entré dans le ciném…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Moi, Matheo.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai vingt-trois ans. Autrefois, je faisais une école d’art, on y faisait du cinéma, je crois. A présent, je suis entré dans le cinéma, et depuis là, je regarde le monde comme depuis derrière l’écran, et je vois tous les spectateurs qui me fixent étrangement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des souvenirs d’une ancienne vie me reviennent, je vois des femmes, si nombreuses, trop nombreuses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vois des images vagues et floues, je vois des symboles et des dessins surréalistes qui semblent s’unir. Je vois une souffrance qui ressort de cette union.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|_BpfOm8eCQo}} &amp;lt;br&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ça me rappelle ce célèbre film de [http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Wall_(film) Pink Floyd : The Wall]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est ça.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[:Category:Thomas|Thomas]], c’était mon mur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis mort et je suis né à nouveau. Ma résurrection, ça a été la destruction de mon mur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me suis choisi, pour de vrai, entièrement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je n’existe plus que comme un personnage de fiction, et pourtant j’existe vraiment, puisque j’ai pris le corps d’un homme réel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je vois des femmes, mais l’une ressort toujours, je ne peux voir son visage, mais je la reconnais par [[Maus|sa chevelure rouge]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De derrière l’écran, je m’amuse à regarder les gens dans la salle de cinéma, ils font de drôle de tête au fil des péripéties. Je me sens un peu l’âme d’un projectionniste. Mais en plus actif : c’est moi qui fait le film, je suis à la fois le réalisateur, le scénariste, et l’acteur principal de mon destin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai été créé par l'imaginaire et je remplis à présent tout le vide de la réalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Matheo|Qui suis-je ?]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/D%C3%A9ambulations</id>
		<title>Déambulations</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/D%C3%A9ambulations"/>
				<updated>2011-01-14T08:48:16Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{#ev:youtube|CE07HN_lnsI}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je crois que j'ai passé la nuit dehors. Six heures sonnent sur la ville de Bienne. Matin&amp;amp;nbsp;? Je déambule dans les rues, en me rappelant le souvenir étrange d’un jour passé, d’un jour où j’étais un autre. J’ai l’impression que la ville n’est faite que de miroir, mais que je n’ai plus de reflet. En marchant, je débouche devant la devanture d’un magasin de télévision. Devant l’écran d’un vieux téléviseur à tube cathodique, je fixe béatement une ancienne émission où Gainsbourg apparait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|g4NFYKMEClE}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai l’impression de me retrouver bousculer dans le passé. «&amp;amp;nbsp;La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence.&amp;amp;nbsp;» En voilà un qui avait du verbe. Mais la phrase d’avant avait bien plus bousculé Matheo&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;La destinée, on peut la maîtriser.&amp;amp;nbsp;» Oui, je me suis choisi, je me suis choisi Matheo, car avant, je le sais, j’étais un autre, un autre incomplet, vide, en manque. Je ne me suis jamais senti aussi vivant, et paradoxalement, jamais aussi perdu. Perdu.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis rentré chez moi, j’habite à Bienne à présent, en collocation. &amp;lt;br&amp;gt;Le grand appartement, bien que rempli, m’a semblé vide. Je ne suis pas passé par la cuisine, me suit dirigé directement vers ma chambre. Là, je me suis assis sur mon lit et je suis resté un moment sans rien faire. Je réalise à présent qu’il faudrait que je fasse quelque chose, que je bouge, mais je n’ai envie de rien, pas même de dormir, pour rien au monde de dormir. Ce corps qui est le mien me semble étranger, tout ici et en moi me semble lointain, appartenant à un autre. Ce monde n’est pas le mien, cette chambre n’est pas la mienne.&amp;lt;br&amp;gt;Las, et n’ayant pas envie d’entrer dans cette angoisse inutile, j’allume mon poste de télévision, avec l’envie profonde de ne plus penser à rien, juste m’abrutir. Je zappe, au fur et à mesure je tombe sur une émission devant laquelle je reste un moment, ébahi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|JCRMpr2Q70s}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il me vient alors tant de pensées que mon esprit s’en alourdit et devient incapable d’en formuler une seule. Je ne ressens qu’un immense vide intérieur, qu’un profond désarroi en voyant cet ahuri en train de tenter la psychanalyse de monsieur tout le monde.&amp;lt;br&amp;gt;Il me rappelle un peu [[Aaron Schmitt|Aaron Schmitt]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai arrêté d’aller le voir. Il appartient au passé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et moi, alors, [[Qui suis-je ?|qui suis-je ?]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Dialogue_Clair-obscure</id>
		<title>Dialogue Clair-obscure</title>
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				<updated>2011-01-14T08:44:17Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les stores étaient à moitié baissés, les rideaux tirés… La pièce plongée dans le noir. Il y avait un silence presque total, doublé d’une obscurité seulement rompue par la lumière des phares des voitures qui passaient le long de la rue. Cela dessinait des formes étranges sur le plafond de la chambre, accompagné d’un bruit de moteur… Et puis plus rien, de nouveau le noir. Et le silence. Un jeune garçon était allongé sur le lit, les yeux grands ouverts. C’était un lit double, à côté de lui, il y avait une jeune fille aux cheveux châtains qui dormait paisiblement. Il la fixa, regarda son visage. Elle était belle, elle avait l’air si calme, avec sa bouche légèrement entrouverte, ses paupières fermées à travers lesquelles il voyait ses yeux bouger doucement… Elle devait être en train de rêver. Lui, il restait là, il était plus de deux heures du matin, et il n’arrivait pas à dormir. Ils devaient avoir l’air heureux, tous les deux, comme s’ils étaient en couple depuis de longs mois… Ils se seraient rencontrés à l’école, auraient été boire un verre, se seraient rendus compte qu’ils avaient «&amp;amp;nbsp;tant de choses en commun&amp;amp;nbsp;». Ils auraient vite compris que l’autre était leur âme sœur, qu’ils étaient «&amp;amp;nbsp;faits l’un pour l’autre&amp;amp;nbsp;». Le bel amour, le grand amour, le vrai amour.&amp;amp;nbsp;&amp;lt;br&amp;gt;Thomas soupira. Aussi désuettement kitsch était cette vision, il ne pouvait s’empêcher de l’envier, et il se sentait si… Kitschement désuet. Et pourtant… Il avait l’impression que tant de gens pouvaient trouver quelque chose qui y ressemble, à ce cliché, alors pourquoi lui n’y arrivait pas&amp;amp;nbsp;? Cette fille, elle était gentille… Il avait aimé son sourire, son air charmeur… Il avait adoré voir ses pieds se trémousser au moment où elle avait atteint l’orgasme, avec tout son corps qui se tendait, et ses lèvres qu’elle avait mordues, comme pour s’empêcher de crier, mais en lâchant tout de même un gémissement incroyablement aigu et continu… [[Une clope après l'amour|Son petit pourcentage de dissemblance]]. Mais il savait qu’il ne la reverrait plus. Il ne savait même pas pourquoi il avait accepté de «&amp;amp;nbsp;dormir&amp;amp;nbsp;» chez elle. Ce n’était pas dans ses habitudes, sûrement avait-il voulu essayer, s’était-il forcé, peut-être était-ce à cause de [[Thérapie capillaire|ce rendez-vous chez le psy]]…&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa, qui éclaira brièvement le plafond. Thomas quitta la jeune fille des yeux et le fixa. Ou plutôt, il fixa un point invisible, quelque part, là-haut, sur ce plafond… &amp;lt;br&amp;gt;Trop de pensées se bousculaient dans sa tête, un mélange confus d’images, de sons, et de mots. L’image de la jeune fille rousse dont il ne connaissait pas le nom… [[En écoutant Beethoven|La sonate pour piano de Beethoven]]… Le quai de [[Voyage en train|la gare de Bienne]], l’odeur des marrons grillés… [[Instants Anodins|Cet alcoolique]], qu’il voyait, tous les matins… [[Abschaum der Tage|La jeune fille rousse]]… Matheo...&amp;amp;nbsp;&amp;lt;br&amp;gt;Pourquoi pensait-il à [[Souvenir d'enfance|Matheo]]&amp;amp;nbsp;? Cet ancien ami perdu... Il se demandait s'il pourrait un jour le revoir. Il avait tant de choses à lui demander.&amp;lt;br&amp;gt;L’image de la jeune fille rousse lui revint en tête. Comment s’appelait-elle&amp;amp;nbsp;? Il se réjouissait de le lui demander. Mais il avait peur aussi que cela casse le mythe, la fascination qu’il avait pour elle depuis l’autre jour.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que ce serait la bonne, cette fois&amp;amp;nbsp;? Est-ce qu’elle, il réussirait à l’aimer&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa, dont les phares éclairèrent le plafond. &amp;lt;br&amp;gt;Thomas sursauta. Pendant un instant, il fixa la lumière qui s’effaçait et eut la pensée un peu idiote qu’elle était apparue juste pour lui répondre. Il resta là, sans bouger, comme hypnotisé par cette vision. Il eut alors la pensée un peu idiote que c'était son ancien ami imaginaire qui lui adressait une sorte de réponse inaudible. Alors, il réessaya&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle aussi, elle pense à moi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa&amp;amp;nbsp;! Thomas sentit monter une étrange excitation en lui. Alors, elle pensait à lui&amp;amp;nbsp;! Il fallait absolument qu’il la rappelle. Oui, il l’appellerait demain.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle m’aime&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Bien sûr, il était trop tôt encore…&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que la vie a un sens&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Haha, ce serait trop facile… Il ne faut poser que des questions qui ne concernent que nous…&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je vais reparler un jour à mes parents&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa. Thomas soupira.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que mes parents pensent à moi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que…&amp;lt;br&amp;gt;Il ne put finir cette question-là. Une autre lui vint&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je vais réussir à dormir&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que j’ai fait les bons choix&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Bien sûr, il n’y a pas de bons choix, que des choix à faire. Il regarda la jeune fille aux cheveux châtains, à côté de lui.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle va m’en vouloir, si je pars&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je peux partir quand même&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis désolé…&amp;lt;br&amp;gt;Alors, dans l’obscurité, Thomas ramassa ses habits, et, sans faire de bruit, il les enfila. En quittant la chambre, il jeta un dernier regard sur cette jeune fille qui se réveillerait seule le lendemain matin. Il avait honte, parce qu’il ne se sentait même pas véritablement coupable. Pourtant, elle n’avait rien fait de mal… Rien fait de faux… C’est lui, qui était faux.&amp;lt;br&amp;gt;Il détourna son regard et sortit [[L'existence_est_ailleurs|dans la nuit]]. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Dialogue clair-obscure]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs</id>
		<title>L'existence est ailleurs</title>
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				<updated>2011-01-14T08:43:36Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;«&amp;amp;nbsp;C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;amp;nbsp;»&amp;lt;br&amp;gt;En entendant cette phrase, Thomas Sorel eut un sentiment étrange et indescriptible. Il eut la conviction qu’il était en train de vivre un moment clé de sa vie, un tournant, et il sentit comme une révolution intérieure, un basculement de haut en bas, de droite à gauche.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieil homme était resté dans le bar. [[Instants Anodins|Certains n’auraient vus en lui qu’un ivrogne dévasté]]. Thomas le vit comme un prophète.&amp;lt;br&amp;gt;Il était arrivé dans ce bar un soir de décembre, pour se réchauffer, trouver de la compagnie. Il était seul, il allait souvent se promener seul le soir, il ne le restait jamais longtemps. Toujours, il finissait dans un bistrot où il rencontrait tel ou tel inconnu, souvent une jeune fille, à qui il allait glisser deux mots. Parfois ça ne donnait rien. D’autres fois ça marchait, il avait du succès.&amp;lt;br&amp;gt;Ce soir-là, [[Dialogue_Clair-obscure|Thomas sortait de chez l'une d'elles]]. L'après-midi, il était allé flâner devant les vitrines des magasins, observant les gens les bras déjà chargés de paquets… La magie de Noël, hein. Ça faisait longtemps qu’il n’y croyait plus. La nuit était déjà avancée. Traînant dans les rues et dans ses pensées, il avait fini dans un bar perdu au fin fond de Nidau… Il n’était jamais allé si loin. L’endroit n’était pas très rempli, et Thomas était surtout entré pour se réchauffer un brin. Il avait commandé une bière.&amp;lt;br&amp;gt;Au comptoir, il y avait un vieil homme, le regard dans le vide, le visage bouffi, le ventre pendant. Il portait une barbe broussailleuse, ses cheveux gris étaient gras et son visage sale. Thomas le fixait, complètement fasciné. Le vieil homme ne lui prêtait absolument aucune attention. Il avait l’air de vivre dans un autre monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne pouvait détacher son regard de cet étrange inconnu, il ne pouvait s’y résoudre. Il y avait quelques autres personnes, mais elles n’avaient aucune importance, pas plus cette trentenaire à la table du fond que le barman qui nettoyait un verre, comme dans un western. Thomas avait l’impression de vivre dans une scène de film, tous les ingrédients étaient là, c’était un début parfait, l’ambiance et le décor étaient posés.&amp;lt;br&amp;gt;Le temps passait, silencieusement, les discussions ne fusaient pas, on entendait juste le son du jukebox qui diffusait timidement du vieux rock des années 60. Thomas finit sa bière cul-sec, en commanda une nouvelle. Le vieil homme était au whisky. Son verre était en tout cas posé sur le comptoir, même s’il ne le portait pas à ses lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme fixa l’inconnu, et à cet instant il eut la sensation étrange que l’homme était en train de pleurer. Ses yeux brillaient, il avait l’air de fixer un point invisible… Rapidement, Thomas comprit&amp;amp;nbsp;: le vieil homme vivait dans sa tête, dans ses souvenirs, dans son passé.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme se perdait dans la contemplation de l’inconnu sans nom.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur, vous êtes triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Le vieillard le fixa. Ses yeux étaient couleur du temps.&amp;lt;br&amp;gt;- Triste&amp;amp;nbsp;? Pourquoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas, vous avez l’air triste.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, ça ne sert à rien.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le jeune homme s’était approché du comptoir.&amp;lt;br&amp;gt;- Comment tu t’appelles, petit gars&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- [[Souvenir d'enfance|Matheo]].&amp;lt;br&amp;gt;- Matheo, toi, tu es triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui et non. Il faut bien vivre.&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, vraiment&amp;amp;nbsp;? Tu crois&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas regarda le vieil homme dans les yeux, sans rien dire.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, petit gars, c’est un mensonge.&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, quoi&amp;amp;nbsp;? La vie ne sert à rien&amp;amp;nbsp;? Vous pensez qu’il faut mourir&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr que non.&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien alors&amp;amp;nbsp;? On ne peut pas vivre dans sa tête.&amp;lt;br&amp;gt;- Pourquoi pas&amp;amp;nbsp;? C’est vivre ou cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne répondit rien. Il laissa peser ces mots à l’intérieur de lui-même. Il but une dernière gorgée de bière, et s’engouffra hors du lieu. Il jaillit du ventre du bistrot, le froid de la nuit le glaça, des larmes coulèrent sur ses joues. &amp;lt;br&amp;gt;Alors, comme sorti d’un autre monde, [[Déambulations|Matheo arpenta la rue plongée dans la nuit.]]&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi s'achève l'Histoire de Thomas Sorel et commence la sienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Dialogue_Clair-obscure</id>
		<title>Dialogue Clair-obscure</title>
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				<updated>2011-01-14T08:40:47Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les stores étaient à moitié baissés, les rideaux tirés… La pièce plongée dans le noir. Il y avait un silence presque total, doublé d’une obscurité seulement rompue par la lumière des phares des voitures qui passaient le long de la rue. Cela dessinait des formes étranges sur le plafond de la chambre, accompagné d’un bruit de moteur… Et puis plus rien, de nouveau le noir. Et le silence. Un jeune garçon était allongé sur le lit, les yeux grands ouverts. C’était un lit double, à côté de lui, il y avait une jeune fille aux cheveux châtains qui dormait paisiblement. Il la fixa, regarda son visage. Elle était belle, elle avait l’air si calme, avec sa bouche légèrement entrouverte, ses paupières fermées à travers lesquelles il voyait ses yeux bouger doucement… Elle devait être en train de rêver. Lui, il restait là, il était plus de deux heures du matin, et il n’arrivait pas à dormir. Ils devaient avoir l’air heureux, tous les deux, comme s’ils étaient en couple depuis de longs mois… Ils se seraient rencontrés à l’école, auraient été boire un verre, se seraient rendus compte qu’ils avaient «&amp;amp;nbsp;tant de choses en commun&amp;amp;nbsp;». Ils auraient vite compris que l’autre était leur âme sœur, qu’ils étaient «&amp;amp;nbsp;faits l’un pour l’autre&amp;amp;nbsp;». Le bel amour, le grand amour, le vrai amour.&amp;amp;nbsp;&amp;lt;br&amp;gt;Thomas soupira. Aussi désuettement kitsch était cette vision, il ne pouvait s’empêcher de l’envier, et il se sentait si… Kitschement désuet. Et pourtant… Il avait l’impression que tant de gens pouvaient trouver quelque chose qui y ressemble, à ce cliché, alors pourquoi lui n’y arrivait pas&amp;amp;nbsp;? Cette fille, elle était gentille… Il avait aimé son sourire, son air charmeur… Il avait adoré voir ses pieds se trémousser au moment où elle avait atteint l’orgasme, avec tout son corps qui se tendait, et ses lèvres qu’elle avait mordues, comme pour s’empêcher de crier, mais en lâchant tout de même un gémissement incroyablement aigu et continu… [[Une clope après l'amour|Son petit pourcentage de dissemblance]]. Mais il savait qu’il ne la reverrait plus. Il ne savait même pas pourquoi il avait accepté de «&amp;amp;nbsp;dormir&amp;amp;nbsp;» chez elle. Ce n’était pas dans ses habitudes, sûrement avait-il voulu essayer, s’était-il forcé, peut-être était-ce à cause de [[Thérapie capillaire|ce rendez-vous chez le psy]]…&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa, qui éclaira brièvement le plafond. Thomas quitta la jeune fille des yeux et le fixa. Ou plutôt, il fixa un point invisible, quelque part, là-haut, sur ce plafond… &amp;lt;br&amp;gt;Trop de pensées se bousculaient dans sa tête, un mélange confus d’images, de sons, et de mots. L’image de la jeune fille rousse dont il ne connaissait pas le nom… [[En écoutant Beethoven|La sonate pour piano de Beethoven]]… Le quai de [[Voyage en train|la gare de Bienne]], l’odeur des marrons grillés… [[Instants Anodins|Cet alcoolique]], qu’il voyait, tous les matins… [[Abschaum der Tage|La jeune fille rousse]]… Matheo...&amp;amp;nbsp;&amp;lt;br&amp;gt;Pourquoi pensait-il à [[Souvenir_d'enfance|Matheo]] ? Cet ancien ami perdu... Il se demandait s'il pourrait un jour le revoir. Il avait tant de choses à lui demander.&amp;lt;br&amp;gt;L’image de la jeune fille rousse lui revint en tête. Comment s’appelait-elle&amp;amp;nbsp;? Il se réjouissait de le lui demander. Mais il avait peur aussi que cela casse le mythe, la fascination qu’il avait pour elle depuis l’autre jour.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que ce serait la bonne, cette fois&amp;amp;nbsp;? Est-ce qu’elle, il réussirait à l’aimer&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa, dont les phares éclairèrent le plafond. &amp;lt;br&amp;gt;Thomas sursauta. Pendant un instant, il fixa la lumière qui s’effaçait et eut la pensée un peu idiote qu’elle était apparue juste pour lui répondre. Il resta là, sans bouger, comme hypnotisé par cette vision. Il eut alors la pensée un peu idiote que c'était son ancien ami imaginaire qui lui adressait une sorte de réponse inaudible. Alors, il réessaya&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle aussi, elle pense à moi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa&amp;amp;nbsp;! Thomas sentit monter une étrange excitation en lui. Alors, elle pensait à lui&amp;amp;nbsp;! Il fallait absolument qu’il la rappelle. Oui, il l’appellerait demain.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle m’aime&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Bien sûr, il était trop tôt encore…&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que la vie a un sens&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Haha, ce serait trop facile… Il ne faut poser que des questions qui ne concernent que nous…&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je vais reparler un jour à mes parents&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa. Thomas soupira.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que mes parents pensent à moi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que…&amp;lt;br&amp;gt;Il ne put finir cette question-là. Une autre lui vint&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je vais réussir à dormir&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que j’ai fait les bons choix&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Pas de voiture. Bien sûr, il n’y a pas de bons choix, que des choix à faire. Il regarda la jeune fille aux cheveux châtains, à côté de lui.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce qu’elle va m’en vouloir, si je pars&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Est-ce que je peux partir quand même&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une voiture passa.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis désolé…&amp;lt;br&amp;gt;Alors, dans l’obscurité, Thomas ramassa ses habits, et, sans faire de bruit, il les enfila. En quittant la chambre, il jeta un dernier regard sur cette jeune fille qui se réveillerait seule le lendemain matin. Il avait honte, parce qu’il ne se sentait même pas véritablement coupable. Pourtant, elle n’avait rien fait de mal… Rien fait de faux… C’est lui, qui était faux.&amp;lt;br&amp;gt;Il détourna son regard et sortit dans la nuit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas|Dialogue clair-obscure]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Abschaum der Tage</title>
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&lt;div&gt;== '''''Begegnung zwischen Maus und Thomas (Maus' Version)''''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
... Nichts wie raus hier. Maus zieht die Tür hinter sich zu. Entschlossenen Schrittes geht sie den weissen Flur entlang und gräbt dabei schon mal nach dem Buch in ihrer Tasche; Schaum der Tage von Boris Vian. Sie würde lesen nachher im Bus. Nichts wünscht sie sich jetzt sehnlicher als aus dieser Welt zu verschwinden und abzutauchen in eine andere. Der Umgang mit Buchstaben und fiktiven Charakteren ist ihr bedeutend lieber und fällt ihr auch weitaus leichter als derjenige mit wahrhaftig existierenden Lebewesen. &amp;lt;br&amp;gt;«Ah! Vous lisez ça?», durchbricht eine Stimme ihre Gedanken. «C`est certainement un des plus beaux romans que j`ai lu récemment.»&amp;lt;br&amp;gt;Erschrocken wendet Maus den Kopf. Die Tür des Wartezimmers steht offen. Grosse blaue Augen sehen sie an. Redet der mit mir oder wie? Sie zweifelt, zögert, aber dann bleibt sie stehen. Und als ob der Unbekannte ihre Frage erraten hätte, hebt er seinen Arm, zeigt auf das zerfledderte Buch in ihrer Hand. &amp;lt;br&amp;gt;«Uh!», stösst sie hervor – unbeholfener als ihr lieb gewesen wäre. «Vraiment ... wirklich? Nun, ich bin noch nicht ganz durch».&amp;lt;br&amp;gt;«Ah, ich verstehe ...» &amp;lt;br&amp;gt;Was, fragt sie sich, was versteht er?&amp;lt;br&amp;gt;«Und ... ich habe dich hier noch nie gesehen, kommst du neu zu Herrn Schmitt?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus runzelt die Stirn. Sie wüsste nicht, was ihn das angehen würde. Und überhaupt; neu zu Herrn Schmitt kommen? Die Selbstverständlichkeit, die in dieser Formulierung steckt, kommt ihr suspekt vor. Klingt schon fast so, als wäre der Typ schon ewig in Behandlung, denkt sie. Was es wohl war in seinem Fall? Depression? Manie? Drogen? Wahnvorstellungen? Aber wo sie ihn sich jetzt genauer ansieht, traut sie ihm eigentlich nichts von alle dem so richtig zu. Er hat einen drei Tagebart, seine dunklen Haare sind etwas nachlässig frisiert, unter seinen Augen liegen Schatten. Wahrscheinlich schläft er nicht allzu viel, vermutet Maus, aber sein Gesicht ist freundlich und wirkt trotz allem offen und wach. Wie einer, der vollständig eins an der Waffel hätte, sieht er ihrer spontanen Einschätzung nach jedenfalls nicht aus. &amp;lt;br&amp;gt;«Sozusagen. Es ... es war meine erste Sitzung.», gibt sie zur Antwort. «Und die letzte.» &amp;lt;br&amp;gt;«Ja, ich verstehe.»&amp;lt;br&amp;gt;Schon wieder versteht er. Erstaunlich – aber wenn er meint.&amp;lt;br&amp;gt;«Er ist ein bisschen komisch», fährt er fort, «aber ich finde genau das gleichzeitig auch beruhigend.»&amp;lt;br&amp;gt;Viel fällt ihr zum Thema Aaron Schmitt nicht mehr ein: «Hm. Oui.» &amp;lt;br&amp;gt;«Vielleicht können wir eines Tages ein Glas zusammen trinken?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus schluckt. Etwas in ihr krampft sich zusammen, sie spürt, wie sie unruhig wird.&amp;lt;br&amp;gt;«Ein Glas was?» &amp;lt;br&amp;gt;Fast möchte sie sich die Hand vor den Mund halten. Sie bemerkt, dass ihre Stimme zu laut klingt und der aggressive Tonfall, der darin mitschwingt, erschreckt sie selbst. Hast dich mal wieder nicht unter Kontrolle. Reiss dich zusammen Mädchen, schimpft sie innerlich mit sich. Musst ja nicht Ja sagen, wenn du nicht willst. Sowieso musst du überhaupt gar nichts. Niemand zwingt dich zu irgendetwas.&amp;lt;br&amp;gt;«Ich ...nun ... ich weiss nicht. Vielleicht.»&amp;lt;br&amp;gt;«Wie du willst! Fühl dich nicht gezwungen!» Das sagt er, wobei er ihr gleichzeitig nett lächelnd Zettel und Stift entgegenstreckt. «Schreib mir hier deine Nummer auf.»&amp;lt;br&amp;gt;«Meine Nummer?»&amp;lt;br&amp;gt;Maus hält einen Moment lang inne. Na schön, denkt sie dann, was soll`s und nimmt Papier und Kugelschreiber entgegen. Hauptsache endlich weg hier. Wird schon nicht anrufen, der Typ. Hastig notiert sie ihre Handynummer und gibt ihm die Schreibutensilien zurück. Er lächelt. «Ok ... voilà. Dann ciao», stösst sie zum Abschied hervor.&amp;lt;br&amp;gt;«Bis bald!» Er strahlt noch immer. Sie hat jetzt so gut wie keine Zweifel mehr; sie weiss, sein Lächeln gilt ihr. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Als Maus das Gebäude verlässt allerdings, an die frische Luft gelangt, fällt ihr ein, dass er sie nicht mal nach ihrem Namen gefragt hatte. Mistkerl. Aber von mir aus, auch gut, sagt sie sich, zieht die Jackenärmel bis über ihre Fingerkuppen, verschränkt die Arme vor der Brust und bewegt sich in Richtung Bushaltestelle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''''Begegnung zwischen Maus und&amp;amp;nbsp;Thomas (Thomas' Version)''''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas attendait dans la salle d’attente du psychiatre juif pour son rendez-vous. Cette fois, contrairement à [[Thérapie capillaire|la première]], il avait pu aller s’asseoir sur les fauteuils confortables plutôt que d’entrer en avance dans le bureau conventionnel d’[[Aaron Schmitt|Aaron Schmidt]]. Apparemment, aujourd’hui, il y avait un autre «&amp;amp;nbsp;patient&amp;amp;nbsp;»… Thomas attendait tranquillement son tour, un peu gêné, car il avait la désagréable impression que la réceptionniste, Mme Hagebutten, avec sa tête de crapaud écervelé, ne cessait de l’observer. Il eut même le sentiment un peu étrange qu’elle l’avait placé là juste pour se distraire. A cette idée saugrenue, Thomas eut un frisson de dégoût. Le temps passait… C’était long. &amp;lt;br&amp;gt;Et là, à cet instant précis – il s’en souviendrait toute sa vie, il en était persuadé – il la vit. Ce fut comme un éclair qui le foudroya. Il eut l’impression d’entendre le concerto en mi mineur pour violon de Mendelssohn, ses oreilles éclataient, ses poumons crachaient, son cœur tambourinait, il n’avait jamais ressenti une chose pareille en un si court instant, comme si le temps s’arrêtait… Les violons valsaient en lui, accompagné bientôt par tous les instruments de l’orchestre, son foie devint trombone, son pancréas se métamorphosa en hautbois, son dos se transcenda en contrebasse, ses épaules jouaient les violoncelles, son esprit se transforma en soliste, avec un vibrato à couper le souffle, et son cœur, pour couronner le tout, avait pris le rôle des percussions, qui donnaient du panache à l’ensemble.&amp;lt;br&amp;gt;A cet instant, Thomas se sentit formidablement vivant. Elle était là. &amp;lt;br&amp;gt;Il avait déjà entendu ça un milliers fois. Cette «&amp;amp;nbsp;légende du coup de foudre&amp;amp;nbsp;». C’était exactement ça. Et le temps s’était arrêté. Mais ce que l’on ne lui avait pas dit, c’était que, l’instant d’après, qui venait malgré tout… Le temps faisait alors tout pour rattraper son retard. En aussi peu de temps qu’elle lui était apparue, la silhouette de la jeune femme aux cheveux rouges avait disparu du couloir.&amp;lt;br&amp;gt;Il n’attendit pas une seule seconde. Il fallait qu’il lui parle. Il bondit de sa chaise, traversa le couloir, l’aperçut, s’apprêta à l’appeler, se retint, se sentit affreusement bête, et chercha désespérément quelque chose à dire… C’est là qu’il vit le livre qu’elle venait de sortir de son sac&amp;amp;nbsp;: [[Voyage en train|L’écume des jours]], de Boris Vian. On ne pouvait rêver plus bel hasard. Sans hésiter il s’écria alors&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Ah&amp;amp;nbsp;! Vous lisez ça&amp;amp;nbsp;? C`est certainement un des plus beaux romans que j’ai lu récemment. &amp;lt;br&amp;gt;La jeune fille se retourna et c’est seulement à cet instant qu’il regarda véritablement son visage. Elle était d’une beauté éblouissante… Elle avait quelque chose d’étrange, de différent, un petit côté garçon manqué avec ses cheveux courts et rouges, mais en même temps une énergie fantastiquement féminine… Thomas se sentit rougir en voyant l’expression de profond étonnement sur le visage de l’inconnue, qui s’était arrêtée&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Uh! Vraiment... wirklich? Nun, ich bin noch nicht ganz durch.&amp;lt;br&amp;gt;Elle parlait allemand&amp;amp;nbsp;! Evidemment&amp;amp;nbsp;! Malgré son niveau très modeste dans cette langue, Thomas trouvait cela formidable. Cela ne faisait qu’ajouter une part de mystère chez cette jeune femme&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, ich verstehe... murmura-t-il alors avec un accent certain, und ... ich habe dich hier noch nie gesehen, kommst du neu zu Herrn Schmitt?  &amp;lt;br&amp;gt;La jeune fille sembla soulagée que Thomas se soit adressé à elle dans sa langue. Elle répondit avec un drôle de regard&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Sozusagen. Es ... es war meine erste Sitzung. Und die letzte. &amp;lt;br&amp;gt;Thomas sourit. En plus elle avait de l’humour&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Ja, ich verstehe, répéta-t-il, parce que justement il ne comprenait rien, ou plutôt il était tellement obnubilé par elle qu’il avait l’impression que les mots n’avaient plus d’importance. Er ist ein bisschen komisch, aber ich finde genau das gleichzeitig auch beruhigend.&amp;lt;br&amp;gt;- Hm. Oui.&amp;lt;br&amp;gt;Ah&amp;amp;nbsp;! Quelle beauté dans ce simple «&amp;amp;nbsp;oui&amp;amp;nbsp;», lâché timidement. Thomas avait l’impression de fondre sur place. Il sentait, dans ce «&amp;amp;nbsp;oui&amp;amp;nbsp;», qu’elle aussi n’était pas indifférente. Il s’empressa alors, avec un sang-froid qu’il ne se connaissait pas, de lui demander&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Vielleicht können wir eines Tages ein Glas zusammen trinken? &amp;lt;br&amp;gt;- Ein Glas was? ... ich ...nun ... ich weiss nicht. Vielleicht.&amp;lt;br&amp;gt;Quelle fille charmante&amp;amp;nbsp;! Elle feignait d’être désintéressée&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Wie du willst! Fühl dich nicht gezwungen! Schreib mir hier deine Nummer auf.  &amp;lt;br&amp;gt;A ces mots, il lui tendit un morceau de papier car il voyait bien que c’était ce qu’elle voulait. &amp;lt;br&amp;gt;- Meine Nummer? Ok ... voilà ... dann ciao.&amp;lt;br&amp;gt;Quelle voix…&amp;lt;br&amp;gt;- Bis bald!&amp;lt;br&amp;gt;Elle sortit. Thomas se rendit compte qu’il ne lui avait même pas demandé son nom. Il fixa le bout de papier où était griffonné un numéro, le serra dans sa main, et soupira en repensant à cette sublime inconnue. C’était sûr, [[Treffpunkt|ils se reverraient]]. Il était persuadé que s’il avait ressenti tout cela, ce devait être la même chose pour elle. Ce genre de chose ne pouvait se passer à sens unique…&amp;lt;br&amp;gt; &amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Maus]] [[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Th%C3%A9rapie_capillaire</id>
		<title>Thérapie capillaire</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Th%C3%A9rapie_capillaire"/>
				<updated>2011-01-14T08:34:11Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du jeunot)'''''  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était un vieil immeuble au centre ville. Thomas entra, se dirigea au fond d’un long couloir et fit face à la réceptionniste, une certaine Mme Hagebutten (elle lui avait dit son nom au téléphone, et il n’avait d’ailleurs pas pu s’empêcher de lâcher un léger rire).&amp;lt;br&amp;gt;- M. Sorel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas hocha la tête, bizarrement gêné.&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez bien patienter, Monsieur Schmitt arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr, répondit le jeune homme, avant de se diriger vers la salle d’attente, où, il le voyait d’ici, des sièges à l’apparence confortables (sensés «&amp;amp;nbsp;mettre à l’aise&amp;amp;nbsp;») étaient disposés…&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le bureau de Monsieur Schmitt, intervint alors la réceptionniste. Il arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;Thomas trouva la proposition un peu incongrue, mais accepta. Il se dirigea donc vers le bureau de son futur psy, qu’il ne connaissait pas encore, puisqu’il s’agissait de leur première séance… L’idée d’aller voir un psychiatre lui avait d’abord semblé saugrenue, jusqu’à qu’il réalise qu’il avait besoin d’en parler, de parler de son problème avec les femmes, puisque c’était un problème, puisqu’il n’était pas heureux… La rencontre lui faisait tout de même peur, il était un peu impressionné, il n’avait jamais été dans une pareille situation et il ne savait pas vraiment ce qu’il allait dire, s’il allait être capable de dire quelque chose…&amp;lt;br&amp;gt;Il était dans ce bureau, tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, exactement tel qu’il l’avait imaginé&amp;amp;nbsp;: il manquait peut-être simplement le siège en cuir «&amp;amp;nbsp;typique thérapie&amp;amp;nbsp;», puisque la pièce ne contenait que deux chaises, l’une en face de l’autre, séparée par un grand bureau en bois. Derrière le bureau, sur le mur, un diplôme, mis bien en évidence, avec – remarqua Thomas avec un sourire – une lampe qui avait été placée juste en dessus. Hasard ou volonté de se mettre en avant, le jeune homme était incapable de trancher pour l’instant. &amp;lt;br&amp;gt;Ce qui était sûr, c’était que tout, dans cette pièce, était totalement cliché. Du bureau ordonné à la bibliothèque remplie de livres de médecine (sans doute à nouveau une tentative pour rassurer le patient sur la légitimité du prix de la séance), au nom même de ce drôle de bonhomme&amp;amp;nbsp;: Aaron Schmitt. Thomas l’avait choisi pour ça, d’ailleurs, il avait cherché au hasard dans l’annuaire et était tombé sur ce nom., qui lui avait semblé tellement invraisemblablement banal qu’il s’était dit que ça devait être le bon. Il y avait dans ce nom et cette atmosphère, dans ce bureau, quelque chose d’incroyablement rassurant de banalité, et peut-être était-ce bien ce que l’on recherchait chez un psychiatre… Parler de tant d’excentricités, de bizarreries, peut-être était-ce plus simple dans un contexte terriblement «&amp;amp;nbsp;normal&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Un détail cependant attira l’œil de Thomas tandis qu’il parcourait la pièce du regard… Il s’approcha de la bibliothèque et retira délicatement un livre qui avait frappé son attention&amp;amp;nbsp;: entre le Traité sur la rhétorique médicale par Igor Bistouri et Analyse cognitive et comportementale&amp;amp;nbsp;: comment notre petite enfance marque-t-elle à jamais notre vie&amp;amp;nbsp;? par Sandrine Hologue, se trouvait un petit livre qui portait le titre suivant&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et je l’assume – Petite discussion avec sa calvitie.&amp;amp;nbsp;» Avec un sourire, et pour s’occuper dans cette attente qui commençait à être longue («&amp;amp;nbsp;dans un instant&amp;amp;nbsp;», tu parles…), Thomas ne put alors s’empêcher de feuilleter cet ouvrage incongru.&amp;lt;br&amp;gt;Malheureusement, alors qu’il contemplait avec de grands yeux la liste des «&amp;amp;nbsp;dix exercices pratiques pour se détacher de sa dépendance capillaire&amp;amp;nbsp;», un homme d’une soixantaine d’année, à moitié chauve, fit irruption dans la pièce, sourire aux lèvres. Il fixa Thomas, fixa le livre, fixa à nouveau Thomas, ne dit rien, fit disparaître son sourire, et resta planté là. Thomas, de son côté, était au comble de l’embarras&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre resta dans un silence absolu, et Thomas l’interpréta comme un&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;tout ceci devra rester entre nous, ça ne s’est jamais produit.&amp;amp;nbsp;». Il se dirigea vers la chaise derrière son bureau, s’assit, fit un geste pour indiquer à Thomas qu’il pouvait (ou devait) en faire de même, le jeune homme s’exécuta, et les deux hommes se firent face, silencieusement toujours.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre – vêtu dans un costume en tweed brun, Thomas était interloqué que cela se porte encore – fouilla dans ses papiers, sembla regarder un dossier, et finit par lâcher&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Curieuse approche. Thomas ne trouva qu’un mot à répondre&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Et on le payait pour poser des questions pareilles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sinon je ne serais pas là.&amp;lt;br&amp;gt;- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas resta silencieux quelques instants, et face à la concision de cet homme, il décida finalement lui aussi de faire court et direct&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre eut une expression étrange.&amp;lt;br&amp;gt;- Sexuellement ou… Emotionnellement&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Un peu les deux.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est-à-dire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas rougit légèrement&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le psychiatre marqua un temps, regarda par la fenêtre, puis murmura&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Là encore, Thomas décida de la jouer franc jeu. Finalement, c’était pour ça qu’il était là.&amp;lt;br&amp;gt;- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psy le coupa&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Mais… N’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Tomber amoureux&amp;amp;nbsp;? Tomber amoureux…&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Le psychologue sembla réfléchir, et Thomas se sentit étrangement gêné, presque idiot&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait vraiment ce qu’est l’amour, mon garçon&amp;amp;nbsp;! déclara alors le docteur Schmitt avec emphase. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’était le bouquet. Il devait payer autant pour s’entendre dire de telles banalités&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute. &amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il pas une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’est pas possible… Ça doit être un sketch… Où est la caméra cachée&amp;amp;nbsp;? Il essaye de faire poète, maintenant…&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas…&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon, il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Non, [[Dialogue Clair-obscure|il n’y en a pas]]. C’est bien le problème.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;Le psy ne voulait pas lâcher l’affaire&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Il était bouché, ou quoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance. C’est fini pour aujourd’hui.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;? s’étonna Thomas. Il avait l’impression que cela n’avait duré que quelques minutes. A quoi bon s’être déplacé pour… ça&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Encore une banalité… S’en suivit un serrage de mains un peu convenu, puis Thomas tourna donc les talons, en lâchant simplement, sans trop savoir pourquoi, mais bien décidé à revenir&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
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&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du psychiatre)'''''  ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre rendez-vous de 09h00 vous attend dans votre bureau, Docteur Schmitt. Essayez de ne pas trop le faire attendre, c’est un sacré bel homme, dit Mme Hagebutten avec son sourire malicieux qui avait plus l’air d’un rictus que d’autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt n’avait pas le souvenir d’avoir engagé une réceptionniste pour qu’elle se mette à draguer les patients comme dans une discothèque, ici on soignait la déficience mentale, bon sang&amp;amp;nbsp;! Il la surveillait en cachette, l’épiant depuis la salle d’attente, feignant la lecture d’un magazine, il savait qu’elle mangeuse d’homme de première catégorie elle était, avec ses chemises à décolleté plongeant. Elle avait la poitrine généreuse et accueillante, d’ailleurs. Mais il se méfiait des femmes comme cela, parce qu’il savait que lorsque la tentation vient, il est difficile de ne pas y céder. Même lorsqu’on a soixante ans, cela ne change en rien la mécanique, à part que celle-ci a plus de mal à démarrer. Il alla se préparer un café à la machine automatique de la salle d’attente. Il était fier de son nouveau joujou. Expresso, ristretto, cappuccino, café au lait, lait au café, avec sucre, sans sucre, avec lait, sans lait, chocolat chaud, thé à la camomille, la machine savait tout faire. En tous cas, le café y était meilleur que dans la cafetière que concoctait chaque matin cette folle de Mme Hagebutten. Aaron Schmitt savait où placer les investissements pour faire prospérer son cabinet. Pas besoin d’être allé en école de commerce pour cela. Coup d’œil à sa montre, 09h10. Il était temps de s’occuper de son patient, un certain Thomas Sorel. A peine entré dans son bureau, Aaron Schmitt sut que les problèmes l’attendaient. Le jeune homme s’était emparé d’un livre dans la bibliothèque. Nom de Dieu, mais quelle époque&amp;amp;nbsp;! Pas n’importe quel ouvrage, «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et j’assume – Petite discussion avec sa calvitie&amp;amp;nbsp;». La plupart des patients sont des fouineurs qui ne peuvent s’empêcher de toucher tout et n’importe quoi. Le psychiatre était déjà mal à l’aise, le patient en savait déjà plus sur le Docteur que l’inverse, le diplôme accroché au mur n’avait plus de sens, et surtout Thomas Sorel avait une magnifique chevelure. Aaron Schmitt hésita à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire, le jeune homme essaya de se justifier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais Nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Marcher, s’asseoir et commencer la séance. Remuer quelques feuilles, tousser et commencer la séance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;? commença le vieux psychiatre comme à son habitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, des problèmes, pensa-t-il. Oui, l’obsession de s’introduire dans la vie des gens, dans leurs sphères privées et personnelles. Ne pas pouvoir patienter gentiment que le Docteur arrive, parler de ses problèmes et payer la facture. Oui, penser que ce visage fin et élégant, ce corps musclé et jeune sous ces habits, ce pétillement dans le regard suffisaient à tout se permettre. Aaron Schmitt remarqua comme le jeune homme était beau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sinon je ne serai pas là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Sorel esquissa un sourire, Aaron Schmitt resta de marbre. Il ne riait pas. Merde, se dit-il, voilà pourquoi le Docteur Harberg est meilleur psychiatre, il rigole aux blagues de ses patients&amp;amp;nbsp;! Ca instaure un climat de tranquillité, brise la glace. Aaron Schmitt hésita encore une fois à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais nom de Dieu&amp;amp;nbsp;? était-ce une blague de Mme Hagebutten ce jeune homme beau et viril&amp;amp;nbsp;? Pendant un instant, le double menton et la robe aux fleurs imprimées de la réceptionniste se dessinèrent dans l’esprit du psychiatre. Il l’imaginait très bien comploter pour renverser son patron et prendre sa place, il l’avait déjà vu s’entraîner à la psychothérapie avec des tasses, mimer une séance. Elle se croyait seule et pensait que cela resterait secret. Heureusement qu’Aaron Schmitt était un homme bienveillant qui surveille toujours ses arrières. Il fallait se reprendre et continuer la séance&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sexuellement ou…Emotionnellement&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Un peu des deux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C’est à dire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jeune homme se tut un instant et Aaron Schmitt se demanda combien de femmes Thomas Sorel avait connues, alors que le psychiatre n’avait partagé sa vie qu’avec Annie. D’ailleurs, en pensant à elle, il se dit que peut-être il devrait trouver le courage d’aller fleurir sa tombe et faire face à la réalité. Aaron Schmitt hésita à boire un coup, mais pour d’autres raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la fenêtre, les passants n’en avaient rien à foutre du sentiment de perdition d’Aaron Schmitt, qui depuis la fenêtre du cinquième étage observait la rue. Il aurait donné une vie de lettres d’amour pour retrouver sa jeunesse, et pouvoir tenir ce genre de discours. Mais au fond, il savait que si le temps lui était rendu, il passerait quand même sa vie avec Annie. Pourquoi avoir [[Le Profil|créé un profil]] sur [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001682561698 Facebook]&amp;amp;nbsp;? Pourquoi vouloir connaître des jeunes femmes alors que celles-ci cherchent précisément ce qui tourmente le vieux psychiatre&amp;amp;nbsp;? Nom de Dieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est étrange avec les souvenirs, c’est qu’avec le temps, ils deviennent des souvenirs de souvenirs.&amp;amp;nbsp;La couleur préférée d’Annie, était-ce le vert&amp;amp;nbsp;? Le bleu&amp;amp;nbsp;? Et puis, est-ce que les citronniers se cachent sous terre maintenant qu’elle n’est plus là&amp;amp;nbsp;? Elle adorait le thé au ciron, mais peut-être qu’en fait c’était du thé au miel. Il souhaitait à Thomas Sorel de ne plus se rappeler un jour, mais de garder en tête ce qui importe vraiment. Ses lunettes rouges qu’elles trouvaient bien trop grosses, la façon qu’elle avait de se mettre sur la pointe des pieds pour le baiser de bonne nuit, elle tout simplement. C’était elle qui importait vraiment. Mais comment avait-il pu se laisser aller au point d’avoir une bouteille de bourbon dans son tiroir de bureau&amp;amp;nbsp;? De se balader chez lui avec une carabine Winchester&amp;amp;nbsp;? De n’être pas allé au cimetière depuis quinze ans&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant, mais n’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;C’était un sentiment étrange. Celui d’être d’accord avec un de ses patients pour une fois. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’il se passait&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt était totalement déstabilisé. Il pensa à ces minutes de folie durant lesquelles toute une vie peut basculer totalement. Etait-ce un des moments-là&amp;amp;nbsp;? Puis, il pensa à cette mallette remplie d’argent, qui se trouvait sous son canapé. La redonner à M. Poe, prendre sa retraite et partir dans le sud de l’Italie pour y finir ses jours. Voilà ce que se disait Aaron Schmitt. Et voilà ce qu’il ferait dès le lendemain.&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait ce que c’est l’amour, mon garçon. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute.&amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une femme comme Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas.&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon&amp;amp;nbsp;! Il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde a une Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Les oliviers et les maisons à toits plats, les rochers près de Galatone et le kiosque de moules de son cousin, le vert de la mer et les lézards, l’ail et les tomates, les lunettes rouges et la robe bleue.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt a serré la main de ce jeune homme en ayant le sentiment que c’était à ces illusions perdues qu’il venait de dire au revoir.&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmidt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Th%C3%A9rapie_capillaire</id>
		<title>Thérapie capillaire</title>
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				<updated>2011-01-14T08:33:32Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;=== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du jeunot)'''''  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était un vieil immeuble au centre ville. Thomas entra, se dirigea au fond d’un long couloir et fit face à la réceptionniste, une certaine Mme Hagebutten (elle lui avait dit son nom au téléphone, et il n’avait d’ailleurs pas pu s’empêcher de lâcher un léger rire).&amp;lt;br&amp;gt;- M. Sorel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas hocha la tête, bizarrement gêné.&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez bien patienter, Monsieur Schmitt arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr, répondit le jeune homme, avant de se diriger vers la salle d’attente, où, il le voyait d’ici, des sièges à l’apparence confortables (sensés «&amp;amp;nbsp;mettre à l’aise&amp;amp;nbsp;») étaient disposés…&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le bureau de Monsieur Schmitt, intervint alors la réceptionniste. Il arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;Thomas trouva la proposition un peu incongrue, mais accepta. Il se dirigea donc vers le bureau de son futur psy, qu’il ne connaissait pas encore, puisqu’il s’agissait de leur première séance… L’idée d’aller voir un psychiatre lui avait d’abord semblé saugrenue, jusqu’à qu’il réalise qu’il avait besoin d’en parler, de parler de son problème avec les femmes, puisque c’était un problème, puisqu’il n’était pas heureux… La rencontre lui faisait tout de même peur, il était un peu impressionné, il n’avait jamais été dans une pareille situation et il ne savait pas vraiment ce qu’il allait dire, s’il allait être capable de dire quelque chose…&amp;lt;br&amp;gt;Il était dans ce bureau, tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, exactement tel qu’il l’avait imaginé&amp;amp;nbsp;: il manquait peut-être simplement le siège en cuir «&amp;amp;nbsp;typique thérapie&amp;amp;nbsp;», puisque la pièce ne contenait que deux chaises, l’une en face de l’autre, séparée par un grand bureau en bois. Derrière le bureau, sur le mur, un diplôme, mis bien en évidence, avec – remarqua Thomas avec un sourire – une lampe qui avait été placée juste en dessus. Hasard ou volonté de se mettre en avant, le jeune homme était incapable de trancher pour l’instant. &amp;lt;br&amp;gt;Ce qui était sûr, c’était que tout, dans cette pièce, était totalement cliché. Du bureau ordonné à la bibliothèque remplie de livres de médecine (sans doute à nouveau une tentative pour rassurer le patient sur la légitimité du prix de la séance), au nom même de ce drôle de bonhomme&amp;amp;nbsp;: Aaron Schmitt. Thomas l’avait choisi pour ça, d’ailleurs, il avait cherché au hasard dans l’annuaire et était tombé sur ce nom., qui lui avait semblé tellement invraisemblablement banal qu’il s’était dit que ça devait être le bon. Il y avait dans ce nom et cette atmosphère, dans ce bureau, quelque chose d’incroyablement rassurant de banalité, et peut-être était-ce bien ce que l’on recherchait chez un psychiatre… Parler de tant d’excentricités, de bizarreries, peut-être était-ce plus simple dans un contexte terriblement «&amp;amp;nbsp;normal&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Un détail cependant attira l’œil de Thomas tandis qu’il parcourait la pièce du regard… Il s’approcha de la bibliothèque et retira délicatement un livre qui avait frappé son attention&amp;amp;nbsp;: entre le Traité sur la rhétorique médicale par Igor Bistouri et Analyse cognitive et comportementale&amp;amp;nbsp;: comment notre petite enfance marque-t-elle à jamais notre vie&amp;amp;nbsp;? par Sandrine Hologue, se trouvait un petit livre qui portait le titre suivant&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et je l’assume – Petite discussion avec sa calvitie.&amp;amp;nbsp;» Avec un sourire, et pour s’occuper dans cette attente qui commençait à être longue («&amp;amp;nbsp;dans un instant&amp;amp;nbsp;», tu parles…), Thomas ne put alors s’empêcher de feuilleter cet ouvrage incongru.&amp;lt;br&amp;gt;Malheureusement, alors qu’il contemplait avec de grands yeux la liste des «&amp;amp;nbsp;dix exercices pratiques pour se détacher de sa dépendance capillaire&amp;amp;nbsp;», un homme d’une soixantaine d’année, à moitié chauve, fit irruption dans la pièce, sourire aux lèvres. Il fixa Thomas, fixa le livre, fixa à nouveau Thomas, ne dit rien, fit disparaître son sourire, et resta planté là. Thomas, de son côté, était au comble de l’embarras&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre resta dans un silence absolu, et Thomas l’interpréta comme un&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;tout ceci devra rester entre nous, ça ne s’est jamais produit.&amp;amp;nbsp;». Il se dirigea vers la chaise derrière son bureau, s’assit, fit un geste pour indiquer à Thomas qu’il pouvait (ou devait) en faire de même, le jeune homme s’exécuta, et les deux hommes se firent face, silencieusement toujours.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre – vêtu dans un costume en tweed brun, Thomas était interloqué que cela se porte encore – fouilla dans ses papiers, sembla regarder un dossier, et finit par lâcher&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Curieuse approche. Thomas ne trouva qu’un mot à répondre&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Et on le payait pour poser des questions pareilles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sinon je ne serais pas là.&amp;lt;br&amp;gt;- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas resta silencieux quelques instants, et face à la concision de cet homme, il décida finalement lui aussi de faire court et direct&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre eut une expression étrange.&amp;lt;br&amp;gt;- Sexuellement ou… Emotionnellement&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Un peu les deux.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est-à-dire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas rougit légèrement&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le psychiatre marqua un temps, regarda par la fenêtre, puis murmura&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Là encore, Thomas décida de la jouer franc jeu. Finalement, c’était pour ça qu’il était là.&amp;lt;br&amp;gt;- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psy le coupa&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Mais… N’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Tomber amoureux&amp;amp;nbsp;? Tomber amoureux…&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Le psychologue sembla réfléchir, et Thomas se sentit étrangement gêné, presque idiot&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait vraiment ce qu’est l’amour, mon garçon&amp;amp;nbsp;! déclara alors le docteur Schmitt avec emphase. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’était le bouquet. Il devait payer autant pour s’entendre dire de telles banalités&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute. &amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il pas une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’est pas possible… Ça doit être un sketch… Où est la caméra cachée&amp;amp;nbsp;? Il essaye de faire poète, maintenant…&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas…&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon, il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Non, [[Dialogue Clair-obscure|il n’y en a pas]]. C’est bien le problème.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;Le psy ne voulait pas lâcher l’affaire&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Il était bouché, ou quoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance. C’est fini pour aujourd’hui.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;? s’étonna Thomas. Il avait l’impression que cela n’avait duré que quelques minutes. A quoi bon s’être déplacé pour… ça&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Encore une banalité… S’en suivit un serrage de mains un peu convenu, puis Thomas tourna donc les talons, en lâchant simplement, sans trop savoir pourquoi, mais bien décidé à revenir&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du psychiatre)'''''  ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre rendez-vous de 09h00 vous attend dans votre bureau, Docteur Schmitt. Essayez de ne pas trop le faire attendre, c’est un sacré bel homme, dit Mme Hagebutten avec son sourire malicieux qui avait plus l’air d’un rictus que d’autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt n’avait pas le souvenir d’avoir engagé une réceptionniste pour qu’elle se mette à draguer les patients comme dans une discothèque, ici on soignait la déficience mentale, bon sang&amp;amp;nbsp;! Il la surveillait en cachette, l’épiant depuis la salle d’attente, feignant la lecture d’un magazine, il savait qu’elle mangeuse d’homme de première catégorie elle était, avec ses chemises à décolleté plongeant. Elle avait la poitrine généreuse et accueillante, d’ailleurs. Mais il se méfiait des femmes comme cela, parce qu’il savait que lorsque la tentation vient, il est difficile de ne pas y céder. Même lorsqu’on a soixante ans, cela ne change en rien la mécanique, à part que celle-ci a plus de mal à démarrer. Il alla se préparer un café à la machine automatique de la salle d’attente. Il était fier de son nouveau joujou. Expresso, ristretto, cappuccino, café au lait, lait au café, avec sucre, sans sucre, avec lait, sans lait, chocolat chaud, thé à la camomille, la machine savait tout faire. En tous cas, le café y était meilleur que dans la cafetière que concoctait chaque matin cette folle de Mme Hagebutten. Aaron Schmitt savait où placer les investissements pour faire prospérer son cabinet. Pas besoin d’être allé en école de commerce pour cela. Coup d’œil à sa montre, 09h10. Il était temps de s’occuper de son patient, un certain Thomas Sorel. A peine entré dans son bureau, Aaron Schmitt sut que les problèmes l’attendaient. Le jeune homme s’était emparé d’un livre dans la bibliothèque. Nom de Dieu, mais quelle époque&amp;amp;nbsp;! Pas n’importe quel ouvrage, «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et j’assume – Petite discussion avec sa calvitie&amp;amp;nbsp;». La plupart des patients sont des fouineurs qui ne peuvent s’empêcher de toucher tout et n’importe quoi. Le psychiatre était déjà mal à l’aise, le patient en savait déjà plus sur le Docteur que l’inverse, le diplôme accroché au mur n’avait plus de sens, et surtout Thomas Sorel avait une magnifique chevelure. Aaron Schmitt hésita à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire, le jeune homme essaya de se justifier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais Nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Marcher, s’asseoir et commencer la séance. Remuer quelques feuilles, tousser et commencer la séance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;? commença le vieux psychiatre comme à son habitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, des problèmes, pensa-t-il. Oui, l’obsession de s’introduire dans la vie des gens, dans leurs sphères privées et personnelles. Ne pas pouvoir patienter gentiment que le Docteur arrive, parler de ses problèmes et payer la facture. Oui, penser que ce visage fin et élégant, ce corps musclé et jeune sous ces habits, ce pétillement dans le regard suffisaient à tout se permettre. Aaron Schmitt remarqua comme le jeune homme était beau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sinon je ne serai pas là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Sorel esquissa un sourire, Aaron Schmitt resta de marbre. Il ne riait pas. Merde, se dit-il, voilà pourquoi le Docteur Harberg est meilleur psychiatre, il rigole aux blagues de ses patients&amp;amp;nbsp;! Ca instaure un climat de tranquillité, brise la glace. Aaron Schmitt hésita encore une fois à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais nom de Dieu&amp;amp;nbsp;? était-ce une blague de Mme Hagebutten ce jeune homme beau et viril&amp;amp;nbsp;? Pendant un instant, le double menton et la robe aux fleurs imprimées de la réceptionniste se dessinèrent dans l’esprit du psychiatre. Il l’imaginait très bien comploter pour renverser son patron et prendre sa place, il l’avait déjà vu s’entraîner à la psychothérapie avec des tasses, mimer une séance. Elle se croyait seule et pensait que cela resterait secret. Heureusement qu’Aaron Schmitt était un homme bienveillant qui surveille toujours ses arrières. Il fallait se reprendre et continuer la séance&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sexuellement ou…Emotionnellement&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Un peu des deux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C’est à dire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jeune homme se tut un instant et Aaron Schmitt se demanda combien de femmes Thomas Sorel avait connues, alors que le psychiatre n’avait partagé sa vie qu’avec Annie. D’ailleurs, en pensant à elle, il se dit que peut-être il devrait trouver le courage d’aller fleurir sa tombe et faire face à la réalité. Aaron Schmitt hésita à boire un coup, mais pour d’autres raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la fenêtre, les passants n’en avaient rien à foutre du sentiment de perdition d’Aaron Schmitt, qui depuis la fenêtre du cinquième étage observait la rue. Il aurait donné une vie de lettres d’amour pour retrouver sa jeunesse, et pouvoir tenir ce genre de discours. Mais au fond, il savait que si le temps lui était rendu, il passerait quand même sa vie avec Annie. Pourquoi avoir [[Le Profil|créé un profil]] sur [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001682561698 Facebook]&amp;amp;nbsp;? Pourquoi vouloir connaître des jeunes femmes alors que celles-ci cherchent précisément ce qui tourmente le vieux psychiatre&amp;amp;nbsp;? Nom de Dieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est étrange avec les souvenirs, c’est qu’avec le temps, ils deviennent des souvenirs de souvenirs.&amp;amp;nbsp;La couleur préférée d’Annie, était-ce le vert&amp;amp;nbsp;? Le bleu&amp;amp;nbsp;? Et puis, est-ce que les citronniers se cachent sous terre maintenant qu’elle n’est plus là&amp;amp;nbsp;? Elle adorait le thé au ciron, mais peut-être qu’en fait c’était du thé au miel. Il souhaitait à Thomas Sorel de ne plus se rappeler un jour, mais de garder en tête ce qui importe vraiment. Ses lunettes rouges qu’elles trouvaient bien trop grosses, la façon qu’elle avait de se mettre sur la pointe des pieds pour le baiser de bonne nuit, elle tout simplement. C’était elle qui importait vraiment. Mais comment avait-il pu se laisser aller au point d’avoir une bouteille de bourbon dans son tiroir de bureau&amp;amp;nbsp;? De se balader chez lui avec une carabine Winchester&amp;amp;nbsp;? De n’être pas allé au cimetière depuis quinze ans&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant, mais n’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;C’était un sentiment étrange. Celui d’être d’accord avec un de ses patients pour une fois. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’il se passait&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt était totalement déstabilisé. Il pensa à ces minutes de folie durant lesquelles toute une vie peut basculer totalement. Etait-ce un des moments-là&amp;amp;nbsp;? Puis, il pensa à cette mallette remplie d’argent, qui se trouvait sous son canapé. La redonner à M. Poe, prendre sa retraite et partir dans le sud de l’Italie pour y finir ses jours. Voilà ce que se disait Aaron Schmitt. Et voilà ce qu’il ferait dès le lendemain.&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait ce que c’est l’amour, mon garçon. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute.&amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une femme comme Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas.&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon&amp;amp;nbsp;! Il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde a une Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Les oliviers et les maisons à toits plats, les rochers près de Galatone et le kiosque de moules de son cousin, le vert de la mer et les lézards, l’ail et les tomates, les lunettes rouges et la robe bleue.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt a serré la main de ce jeune homme en ayant le sentiment que c’était à ces illusions perdues qu’il venait de dire au revoir.&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmidt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>Thérapie capillaire</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du jeunot)''''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’était un vieil immeuble au centre ville. Thomas entra, se dirigea au fond d’un long couloir et fit face à la réceptionniste, une certaine Mme Hagebutten (elle lui avait dit son nom au téléphone, et il n’avait d’ailleurs pas pu s’empêcher de lâcher un léger rire).&amp;lt;br&amp;gt;- M. Sorel&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas hocha la tête, bizarrement gêné.&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez bien patienter, Monsieur Schmitt arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr, répondit le jeune homme, avant de se diriger vers la salle d’attente, où, il le voyait d’ici, des sièges à l’apparence confortables (sensés «&amp;amp;nbsp;mettre à l’aise&amp;amp;nbsp;») étaient disposés…&amp;lt;br&amp;gt;- Si vous voulez, vous pouvez aller directement dans le bureau de Monsieur Schmitt, intervint alors la réceptionniste. Il arrive dans un instant.&amp;lt;br&amp;gt;Thomas trouva la proposition un peu incongrue, mais accepta. Il se dirigea donc vers le bureau de son futur psy, qu’il ne connaissait pas encore, puisqu’il s’agissait de leur première séance… L’idée d’aller voir un psychiatre lui avait d’abord semblé saugrenue, jusqu’à qu’il réalise qu’il avait besoin d’en parler, de parler de son problème avec les femmes, puisque c’était un problème, puisqu’il n’était pas heureux… La rencontre lui faisait tout de même peur, il était un peu impressionné, il n’avait jamais été dans une pareille situation et il ne savait pas vraiment ce qu’il allait dire, s’il allait être capable de dire quelque chose…&amp;lt;br&amp;gt;Il était dans ce bureau, tout ce qu’il y avait de plus traditionnel, exactement tel qu’il l’avait imaginé&amp;amp;nbsp;: il manquait peut-être simplement le siège en cuir «&amp;amp;nbsp;typique thérapie&amp;amp;nbsp;», puisque la pièce ne contenait que deux chaises, l’une en face de l’autre, séparée par un grand bureau en bois. Derrière le bureau, sur le mur, un diplôme, mis bien en évidence, avec – remarqua Thomas avec un sourire – une lampe qui avait été placée juste en dessus. Hasard ou volonté de se mettre en avant, le jeune homme était incapable de trancher pour l’instant. &amp;lt;br&amp;gt;Ce qui était sûr, c’était que tout, dans cette pièce, était totalement cliché. Du bureau ordonné à la bibliothèque remplie de livres de médecine (sans doute à nouveau une tentative pour rassurer le patient sur la légitimité du prix de la séance), au nom même de ce drôle de bonhomme&amp;amp;nbsp;: Aaron Schmitt. Thomas l’avait choisi pour ça, d’ailleurs, il avait cherché au hasard dans l’annuaire et était tombé sur ce nom., qui lui avait semblé tellement invraisemblablement banal qu’il s’était dit que ça devait être le bon. Il y avait dans ce nom et cette atmosphère, dans ce bureau, quelque chose d’incroyablement rassurant de banalité, et peut-être était-ce bien ce que l’on recherchait chez un psychiatre… Parler de tant d’excentricités, de bizarreries, peut-être était-ce plus simple dans un contexte terriblement «&amp;amp;nbsp;normal&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Un détail cependant attira l’œil de Thomas tandis qu’il parcourait la pièce du regard… Il s’approcha de la bibliothèque et retira délicatement un livre qui avait frappé son attention&amp;amp;nbsp;: entre le Traité sur la rhétorique médicale par Igor Bistouri et Analyse cognitive et comportementale&amp;amp;nbsp;: comment notre petite enfance marque-t-elle à jamais notre vie&amp;amp;nbsp;? par Sandrine Hologue, se trouvait un petit livre qui portait le titre suivant&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et je l’assume – Petite discussion avec sa calvitie.&amp;amp;nbsp;» Avec un sourire, et pour s’occuper dans cette attente qui commençait à être longue («&amp;amp;nbsp;dans un instant&amp;amp;nbsp;», tu parles…), Thomas ne put alors s’empêcher de feuilleter cet ouvrage incongru.&amp;lt;br&amp;gt;Malheureusement, alors qu’il contemplait avec de grands yeux la liste des «&amp;amp;nbsp;dix exercices pratiques pour se détacher de sa dépendance capillaire&amp;amp;nbsp;», un homme d’une soixantaine d’année, à moitié chauve, fit irruption dans la pièce, sourire aux lèvres. Il fixa Thomas, fixa le livre, fixa à nouveau Thomas, ne dit rien, fit disparaître son sourire, et resta planté là. Thomas, de son côté, était au comble de l’embarras&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre resta dans un silence absolu, et Thomas l’interpréta comme un&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;tout ceci devra rester entre nous, ça ne s’est jamais produit.&amp;amp;nbsp;». Il se dirigea vers la chaise derrière son bureau, s’assit, fit un geste pour indiquer à Thomas qu’il pouvait (ou devait) en faire de même, le jeune homme s’exécuta, et les deux hommes se firent face, silencieusement toujours.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre – vêtu dans un costume en tweed brun, Thomas était interloqué que cela se porte encore – fouilla dans ses papiers, sembla regarder un dossier, et finit par lâcher&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Curieuse approche. Thomas ne trouva qu’un mot à répondre&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Oui.&amp;lt;br&amp;gt;- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Et on le payait pour poser des questions pareilles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sinon je ne serais pas là.&amp;lt;br&amp;gt;- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas resta silencieux quelques instants, et face à la concision de cet homme, il décida finalement lui aussi de faire court et direct&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes.&amp;lt;br&amp;gt;Le psychiatre eut une expression étrange.&amp;lt;br&amp;gt;- Sexuellement ou… Emotionnellement&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Un peu les deux.&amp;lt;br&amp;gt;- C’est-à-dire&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas rougit légèrement&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le psychiatre marqua un temps, regarda par la fenêtre, puis murmura&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Là encore, Thomas décida de la jouer franc jeu. Finalement, c’était pour ça qu’il était là.&amp;lt;br&amp;gt;- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &amp;lt;br&amp;gt;Le psy le coupa&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant. Mais… N’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Tomber amoureux&amp;amp;nbsp;? Tomber amoureux…&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Le psychologue sembla réfléchir, et Thomas se sentit étrangement gêné, presque idiot&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait vraiment ce qu’est l’amour, mon garçon&amp;amp;nbsp;! déclara alors le docteur Schmitt avec emphase. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’était le bouquet. Il devait payer autant pour s’entendre dire de telles banalités&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute. &amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il pas une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;C’est pas possible… Ça doit être un sketch… Où est la caméra cachée&amp;amp;nbsp;? Il essaye de faire poète, maintenant…&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas…&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon, il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Non, [[Dialogue Clair-obscure|il n’y en a pas]]. C’est bien le problème.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;Le psy ne voulait pas lâcher l’affaire&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Il était bouché, ou quoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance. C’est fini pour aujourd’hui.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;? s’étonna Thomas. Il avait l’impression que cela n’avait duré que quelques minutes. A quoi bon s’être déplacé pour… ça&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Encore une banalité… S’en suivit un serrage de mains un peu convenu, puis Thomas tourna donc les talons, en lâchant simplement, sans trop savoir pourquoi, mais bien décidé à revenir&amp;amp;nbsp;:&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== '''''Rencontre entre Thomas et Aaron Schmitt (version du psychiatre)''''' ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Votre rendez-vous de 09h00 vous attend dans votre bureau, Docteur Schmitt. Essayez de ne pas trop le faire attendre, c’est un sacré bel homme, dit Mme Hagebutten avec son sourire malicieux qui avait plus l’air d’un rictus que d’autre chose. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aaron Schmitt n’avait pas le souvenir d’avoir engagé une réceptionniste pour qu’elle se mette à draguer les patients comme dans une discothèque, ici on soignait la déficience mentale, bon sang&amp;amp;nbsp;! Il la surveillait en cachette, l’épiant depuis la salle d’attente, feignant la lecture d’un magazine, il savait qu’elle mangeuse d’homme de première catégorie elle était, avec ses chemises à décolleté plongeant. Elle avait la poitrine généreuse et accueillante, d’ailleurs. Mais il se méfiait des femmes comme cela, parce qu’il savait que lorsque la tentation vient, il est difficile de ne pas y céder. Même lorsqu’on a soixante ans, cela ne change en rien la mécanique, à part que celle-ci a plus de mal à démarrer. Il alla se préparer un café à la machine automatique de la salle d’attente. Il était fier de son nouveau joujou. Expresso, ristretto, cappuccino, café au lait, lait au café, avec sucre, sans sucre, avec lait, sans lait, chocolat chaud, thé à la camomille, la machine savait tout faire. En tous cas, le café y était meilleur que dans la cafetière que concoctait chaque matin cette folle de Mme Hagebutten. Aaron Schmitt savait où placer les investissements pour faire prospérer son cabinet. Pas besoin d’être allé en école de commerce pour cela. Coup d’œil à sa montre, 09h10. Il était temps de s’occuper de son patient, un certain Thomas Sorel. A peine entré dans son bureau, Aaron Schmitt sut que les problèmes l’attendaient. Le jeune homme s’était emparé d’un livre dans la bibliothèque. Nom de Dieu, mais quelle époque&amp;amp;nbsp;! Pas n’importe quel ouvrage, «&amp;amp;nbsp;Je suis chauve et j’assume – Petite discussion avec sa calvitie&amp;amp;nbsp;». La plupart des patients sont des fouineurs qui ne peuvent s’empêcher de toucher tout et n’importe quoi. Le psychiatre était déjà mal à l’aise, le patient en savait déjà plus sur le Docteur que l’inverse, le diplôme accroché au mur n’avait plus de sens, et surtout Thomas Sorel avait une magnifique chevelure. Aaron Schmitt hésita à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Euh… Non, je regardais ça pour mon père, il a des problèmes… Enfin pas que ce soit vraiment un problème… Je veux dire, le jeune homme essaya de se justifier. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais Nom de Dieu&amp;amp;nbsp;! Faire comme s’il ne s’était rien passé. Marcher, s’asseoir et commencer la séance. Remuer quelques feuilles, tousser et commencer la séance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Alors, problèmes obsessionnels&amp;amp;nbsp;? commença le vieux psychiatre comme à son habitude. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oui, des problèmes, pensa-t-il. Oui, l’obsession de s’introduire dans la vie des gens, dans leurs sphères privées et personnelles. Ne pas pouvoir patienter gentiment que le Docteur arrive, parler de ses problèmes et payer la facture. Oui, penser que ce visage fin et élégant, ce corps musclé et jeune sous ces habits, ce pétillement dans le regard suffisaient à tout se permettre. Aaron Schmitt remarqua comme le jeune homme était beau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Du mal à s’en défaire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sinon je ne serai pas là. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Thomas Sorel esquissa un sourire, Aaron Schmitt resta de marbre. Il ne riait pas. Merde, se dit-il, voilà pourquoi le Docteur Harberg est meilleur psychiatre, il rigole aux blagues de ses patients&amp;amp;nbsp;! Ca instaure un climat de tranquillité, brise la glace. Aaron Schmitt hésita encore une fois à boire un coup. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et sous quelle forme se présentent ces troubles&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je n’arrive pas à être constant avec les femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non mais nom de Dieu&amp;amp;nbsp;? était-ce une blague de Mme Hagebutten ce jeune homme beau et viril&amp;amp;nbsp;? Pendant un instant, le double menton et la robe aux fleurs imprimées de la réceptionniste se dessinèrent dans l’esprit du psychiatre. Il l’imaginait très bien comploter pour renverser son patron et prendre sa place, il l’avait déjà vu s’entraîner à la psychothérapie avec des tasses, mimer une séance. Elle se croyait seule et pensait que cela resterait secret. Heureusement qu’Aaron Schmitt était un homme bienveillant qui surveille toujours ses arrières. Il fallait se reprendre et continuer la séance&amp;amp;nbsp;: &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Sexuellement ou…Emotionnellement&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Un peu des deux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- C’est à dire&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le jeune homme se tut un instant et Aaron Schmitt se demanda combien de femmes Thomas Sorel avait connues, alors que le psychiatre n’avait partagé sa vie qu’avec Annie. D’ailleurs, en pensant à elle, il se dit que peut-être il devrait trouver le courage d’aller fleurir sa tombe et faire face à la réalité. Aaron Schmitt hésita à boire un coup, mais pour d’autres raisons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Eh bien je n’arrive jamais à coucher deux fois avec la même femme. Les rares fois où ça m’est arrivé, je ne me sentais pas à l’aise, j’avais l’impression que c’était faux, que je ne devais pas... Ce n’était pas naturel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par la fenêtre, les passants n’en avaient rien à foutre du sentiment de perdition d’Aaron Schmitt, qui depuis la fenêtre du cinquième étage observait la rue. Il aurait donné une vie de lettres d’amour pour retrouver sa jeunesse, et pouvoir tenir ce genre de discours. Mais au fond, il savait que si le temps lui était rendu, il passerait quand même sa vie avec Annie. Pourquoi avoir [[Le Profil|créé un profil]] sur [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001682561698 Facebook]&amp;amp;nbsp;? Pourquoi vouloir connaître des jeunes femmes alors que celles-ci cherchent précisément ce qui tourmente le vieux psychiatre&amp;amp;nbsp;? Nom de Dieu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Intéressant. Combien de partenaires sexuelles avez-vous connues&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Difficile à compter… Je ne sais pas exactement… Je dirais, approximativement, si l’on compte que j’ai commencé à avoir des relations sexuelles vers seize ans, cela fait donc six ans, à raison de deux à trois partenaires par semaine, ça doit faire… &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est étrange avec les souvenirs, c’est qu’avec le temps, ils deviennent des souvenirs de souvenirs.&amp;amp;nbsp;La couleur préférée d’Annie, était-ce le vert&amp;amp;nbsp;? Le bleu&amp;amp;nbsp;? Et puis, est-ce que les citronniers se cachent sous terre maintenant qu’elle n’est plus là&amp;amp;nbsp;? Elle adorait le thé au ciron, mais peut-être qu’en fait c’était du thé au miel. Il souhaitait à Thomas Sorel de ne plus se rappeler un jour, mais de garder en tête ce qui importe vraiment. Ses lunettes rouges qu’elles trouvaient bien trop grosses, la façon qu’elle avait de se mettre sur la pointe des pieds pour le baiser de bonne nuit, elle tout simplement. C’était elle qui importait vraiment. Mais comment avait-il pu se laisser aller au point d’avoir une bouteille de bourbon dans son tiroir de bureau&amp;amp;nbsp;? De se balader chez lui avec une carabine Winchester&amp;amp;nbsp;? De n’être pas allé au cimetière depuis quinze ans&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Intéressant, mais n’êtes-vous jamais tombé amoureux de l’une de vos partenaires&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- C’est bien le problème&amp;amp;nbsp;: je n’en sais rien. Je croyais, au début. J’avais l’impression de toutes les aimer. Et puis, je me suis dit que cela ne voulait plus rien dire… Aujourd’hui, je me demande même si je sais ce que cela signifie, «&amp;amp;nbsp;être amoureux&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;C’était un sentiment étrange. Celui d’être d’accord avec un de ses patients pour une fois. Mais nom de Dieu, qu’est-ce qu’il se passait&amp;amp;nbsp;? Aaron Schmitt était totalement déstabilisé. Il pensa à ces minutes de folie durant lesquelles toute une vie peut basculer totalement. Etait-ce un des moments-là&amp;amp;nbsp;? Puis, il pensa à cette mallette remplie d’argent, qui se trouvait sous son canapé. La redonner à M. Poe, prendre sa retraite et partir dans le sud de l’Italie pour y finir ses jours. Voilà ce que se disait Aaron Schmitt. Et voilà ce qu’il ferait dès le lendemain.&amp;lt;br&amp;gt;- Personne ne sait ce que c’est l’amour, mon garçon. Mais une vie sans amour, ce n’est pas une vie, n’est-ce pas&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Sans doute.&amp;lt;br&amp;gt;- N’y a-t-il une femme en particulier qui vous ait marqué dans votre être le plus profond&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Une femme comme Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas.&amp;lt;br&amp;gt;- Mais si, mon garçon&amp;amp;nbsp;! Il y en a forcément une&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Tout le monde a une Annie.&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne crois pas, non.&amp;lt;br&amp;gt;- Allons&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Non.&amp;lt;br&amp;gt;Les oliviers et les maisons à toits plats, les rochers près de Galatone et le kiosque de moules de son cousin, le vert de la mer et les lézards, l’ail et les tomates, les lunettes rouges et la robe bleue.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon. Réfléchissez-y pour la prochaine séance.&amp;lt;br&amp;gt;- Déjà&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, mais l’heure tourne, mon garçon&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt a serré la main de ce jeune homme en ayant le sentiment que c’était à ces illusions perdues qu’il venait de dire au revoir.&amp;lt;br&amp;gt;- A la semaine prochaine, alors&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Aaron_Schmitt|Aaron Schmidt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Souvenir_d%27enfance</id>
		<title>Souvenir d'enfance</title>
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				<updated>2010-12-17T11:21:13Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L’enfant regarde un arbre, par la fenêtre. Il y a des passants, aussi, mais il ne les voit pas&amp;amp;nbsp;; l’arbre, là, en face de la fenêtre, voilà ce qu’il voit.&amp;lt;br&amp;gt;La pièce est vide, il y a quelques jouets éparpillés sur le sol, pas beaucoup, un ou deux livres d’images ou de coloriage. Thomas regarde sa main, et puis l’arbre, et c’est drôle, il a comme l’impression qu’il pourrait l’attraper, parce qu’il est juste là, derrière sa main, mais en fait il est bien plus loin, sauf que.&amp;lt;br&amp;gt;Maman dit que je réfléchis trop pour mon âge, moi je sais pas ce que ça veut dire, «&amp;amp;nbsp;trop réfléchir&amp;amp;nbsp;». En plus, souvent, papa n’arrête pas de dire «&amp;amp;nbsp;Les gens ne réfléchissent plus, de nos jours&amp;amp;nbsp;», d’un air dégoûté, en regardant le journal à la télé, alors je me dis qu’ils se contredisent. Je ne sais pas qui écouter. Tu comprends, [[:Category:Matheo|Matheo]]&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Son ami le regarde, celui qui est à côté de lui, celui qui ne le quitte jamais, celui en qui il peut toujours avoir confiance. Il est là et lui aussi il regarde l’arbre par la fenêtre.&amp;lt;br&amp;gt;Aujourd’hui, je n’ai pas envie de jouer.&amp;lt;br&amp;gt;Tu as envie de parler&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Je ne sais pas. &amp;lt;br&amp;gt;Ils parlent souvent. En fait, Matheo ne parle pas beaucoup, dès fois oui, mais le plus souvent c’est Thomas.&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant parle de l’arbre, il dit à son ami qu’il a l’impression de pouvoir l’attraper. Matteo rit, et dit que c’est possible. Il lui montre. Il approche sa main de la fenêtre, il l’ouvre, et puis il tend le bras. Il a raison&amp;amp;nbsp;! Il y arrive, l’arbre est dans sa main, tout petit&amp;amp;nbsp;! Il dit que c’est une porte, que là-bas, il y a un monde bien plus beau qu’ici, où papa et maman ne passent pas leur temps à boire ou à se morfondre devant la télé. &amp;lt;br&amp;gt;J’aimerais bien le voir, ce monde dont tu parles. &amp;lt;br&amp;gt;Il dit que c’est possible, pas de problème. Alors il emmène Thomas dans la forêt des pins argentés.&amp;lt;br&amp;gt;Le père entre dans la chambre. Thomas sursaute. &amp;lt;br&amp;gt;- A qui tu parlais&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- A personne.&amp;lt;br&amp;gt;- Menteur&amp;amp;nbsp;! J’ai bien entendu que tu parlais&amp;amp;nbsp;! Qu’est-ce que t’étais encore en train de manigancer&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Mais rien&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Je t’ai déjà dit que c’était mal de mentir. Je t’ai entendu, tu parlais, là, dans ta chambre, tu marmonnais des trucs&amp;amp;nbsp;! Dis-moi la vérité&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Je parlais à mon ami.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon sang, j’en étais sûr, encore cette histoire d’ami imaginaire. Tu sais, c’est grave d’imaginer des choses qui n’existent pas. Ce sont les fous qui imaginent des choses qui n’existent pas. Et tu sais ce qu’on fait des gens qui sont fous&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant fait non de la tête.&amp;lt;br&amp;gt;- On les attache, on leur mets des camisoles blanches, et on les enferme dans un asile&amp;amp;nbsp;! S’ils se défendent, on leur envoie des éléctrochocs au cerveau&amp;amp;nbsp;! C’est ce que tu veux&amp;amp;nbsp;? Finir dans un asile à te faire éclater le crâne&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant fait non de la tête. Le père sort de la chambre, et referme la porte. Matheo s’est caché sous le bureau. Il a peur. Thomas ne le console pas, il se sent coupable. Alors, peu à peu, les pleurs de son ami disparaissent, et sous le bureau, il n’y a plus rien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Kategorie:Thomas</id>
		<title>Kategorie:Thomas</title>
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				<updated>2010-12-17T11:20:10Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Voici donc ma page, à moi, Thomas Sorel, petit étudiant de vingt-trois ans un peu perdu dans cet [[Institut cinématographique Biennois|institut cinématographique biennois]], passionné de l’image, beau gosse sans le vouloir, terriblement [[Une clope après l'amour|inconstant avec les femmes]], même que ça me rend triste… Il faudrait que je trouve l’amour, mais peut-être que je ne suis pas fait pour ça, alors je vais chez ce [[Aaron Schmitt|vieux psy juif]] et je lui raconte ma vie… Et puis, quand je m'ennuie, je vais faire un tour sur ma [http://www.youtube.com/user/thomasorel page Youtube], sur laquelle j'ajoute de temps en temps quelques vidéos, dont mon [[Journal cinématographique|journal vidéographique]]... J'ai aussi [http://www.facebook.com/profile.php?id=100001918231467 un profil Facebook]...&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Le_Profil</id>
		<title>Le Profil</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Depuis [[Thérapie_capillaire|la séance avec Thomas Sorel]], Aaron Schmitt ne cessa de penser à cette jeunesse perdue qu’il désirait retrouver plus que tout au monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le problème&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt est un psychologue de soixante ans, alcoolique et à la prostate défaillante.&amp;lt;br&amp;gt;Comment redevenir jeune&amp;amp;nbsp;? Bien des hommes et des femmes se sont posés cette question à travers l’histoire.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt pensa au mythe de la Fontaine de jouvence. Il aurait fallu trouver le moyen de se rendre au Jardin d’Eden et d’y goûter son eau. &amp;lt;br&amp;gt;Etrangement, dans la tête du psychologue, cela évoqua quelque chose.&amp;lt;br&amp;gt;Il avait lu quelques mots à ce sujet dans un livre ou une revue. C’était peut-être hier ou le jour d’avant. Il se leva, se rendit dans les toilettes du cabinet.&amp;lt;br&amp;gt;Le magazine ä scandales était là, posé sur le sol à côté de la cuvette. Aaron Schmitt l’avait confisqué à Mme Hagebutten car il l’avait surpris en train de le lire pendant les heures de bureau. Nom de Dieu, être obligé de confisquer les choses comme à un gamin de huit ans. &amp;lt;br&amp;gt;Mais il faut dire que c’était une lecture agréable, lorsque la nature se faisait sentir. &amp;lt;br&amp;gt;En première page, le gros titre «&amp;amp;nbsp;Exclusif&amp;amp;nbsp;: Madonna à 25 ans sur Facebook&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;La chanteuse avait donc trouvé le moyen de fausser son âge. &amp;lt;br&amp;gt;Mais qu’est-ce que ce Facebook&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt ouvrit le magazine en pages trois et lut entièrement l’article. Apparemment, c’est un site internet. Très populaire chez les jeunes. &amp;lt;br&amp;gt;Il est possible de se créer un profil et de se faire des amis en quelques clics.&amp;lt;br&amp;gt;Intéressant.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychiatre alluma son ordinateur qu’il utilisait très peu. Il cliqua sur le navigateur internet et la page d’accueil s’ouvrit.&amp;lt;br&amp;gt;Maladroitement, il tapa le mot «&amp;amp;nbsp;Facebook&amp;amp;nbsp;» sur Google et automatiquent, il se retrouva devant la page d’accueil du site.&amp;lt;br&amp;gt;C’était à rien n’y comprendre. Arriver jusque là était déjà une véritable prouesse informatique pour le vieux psychiatre. Inutile de penser à demander de l’aide à Mme Hagebutten, il devrait lui expliquer le pourquoi du comment et Aaron Schmitt en avait bien trop honte.&amp;lt;br&amp;gt;Il repéra le champ «&amp;amp;nbsp;inscription&amp;amp;nbsp;». Il entra son prénom, son nom de famille, son adresse mail professionnelle, il ne l’avait plus relevé ses mails depuis deux ans. Il cliqua sur le gros bouton vert de confirmation mais il n’avait pas rempli tous les champs.&amp;lt;br&amp;gt;Le site lui indiqua de remplir le champ «&amp;amp;nbsp;Sexe&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Comment ça, sexe&amp;amp;nbsp;? Pourquoi aurait-il besoin de son sexe&amp;amp;nbsp;? Etait-ce une question de taille&amp;amp;nbsp;? Ah, il devait simplement indiquer être un homme. &amp;lt;br&amp;gt;Date de naissance&amp;amp;nbsp;? Vingt-trois ans. Dans la force de l’âge.&amp;lt;br&amp;gt;Cette fois-ci, en cliquant sur le gros bouton vert, le profil se créa.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Aaron_Schmitt|&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Le_Profil</id>
		<title>Le Profil</title>
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				<updated>2010-12-17T11:16:38Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;Depuis la séance avec [http://www.cybertexte.ch/mod/wikilit/mediawiki/index.php?title=Kategorie:Thomas Thomas Sorel], Aaron Schmitt ne cessa de penser à cette jeunesse perdue qu’il désirait retrouver plus que tout au monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le problème&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt est un psychologue de soixante ans, alcoolique et à la prostate défaillante.&amp;lt;br&amp;gt;Comment redevenir jeune&amp;amp;nbsp;? Bien des hommes et des femmes se sont posés cette question à travers l’histoire.&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt pensa au mythe de la Fontaine de jouvence. Il aurait fallu trouver le moyen de se rendre au Jardin d’Eden et d’y goûter son eau. &amp;lt;br&amp;gt;Etrangement, dans la tête du psychologue, cela évoqua quelque chose.&amp;lt;br&amp;gt;Il avait lu quelques mots à ce sujet dans un livre ou une revue. C’était peut-être hier ou le jour d’avant. Il se leva, se rendit dans les toilettes du cabinet.&amp;lt;br&amp;gt;Le magazine ä scandales était là, posé sur le sol à côté de la cuvette. Aaron Schmitt l’avait confisqué à Mme Hagebutten car il l’avait surpris en train de le lire pendant les heures de bureau. Nom de Dieu, être obligé de confisquer les choses comme à un gamin de huit ans. &amp;lt;br&amp;gt;Mais il faut dire que c’était une lecture agréable, lorsque la nature se faisait sentir. &amp;lt;br&amp;gt;En première page, le gros titre «&amp;amp;nbsp;Exclusif&amp;amp;nbsp;: Madonna à 25 ans sur Facebook&amp;amp;nbsp;!&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;La chanteuse avait donc trouvé le moyen de fausser son âge. &amp;lt;br&amp;gt;Mais qu’est-ce que ce Facebook&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt ouvrit le magazine en pages trois et lut entièrement l’article. Apparemment, c’est un site internet. Très populaire chez les jeunes. &amp;lt;br&amp;gt;Il est possible de se créer un profil et de se faire des amis en quelques clics.&amp;lt;br&amp;gt;Intéressant.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieux psychiatre alluma son ordinateur qu’il utilisait très peu. Il cliqua sur le navigateur internet et la page d’accueil s’ouvrit.&amp;lt;br&amp;gt;Maladroitement, il tapa le mot «&amp;amp;nbsp;Facebook&amp;amp;nbsp;» sur Google et automatiquent, il se retrouva devant la page d’accueil du site.&amp;lt;br&amp;gt;C’était à rien n’y comprendre. Arriver jusque là était déjà une véritable prouesse informatique pour le vieux psychiatre. Inutile de penser à demander de l’aide à Mme Hagebutten, il devrait lui expliquer le pourquoi du comment et Aaron Schmitt en avait bien trop honte.&amp;lt;br&amp;gt;Il repéra le champ «&amp;amp;nbsp;inscription&amp;amp;nbsp;». Il entra son prénom, son nom de famille, son adresse mail professionnelle, il ne l’avait plus relevé ses mails depuis deux ans. Il cliqua sur le gros bouton vert de confirmation mais il n’avait pas rempli tous les champs.&amp;lt;br&amp;gt;Le site lui indiqua de remplir le champ «&amp;amp;nbsp;Sexe&amp;amp;nbsp;».&amp;lt;br&amp;gt;Comment ça, sexe&amp;amp;nbsp;? Pourquoi aurait-il besoin de son sexe&amp;amp;nbsp;? Etait-ce une question de taille&amp;amp;nbsp;? Ah, il devait simplement indiquer être un homme. &amp;lt;br&amp;gt;Date de naissance&amp;amp;nbsp;? Vingt-trois ans. Dans la force de l’âge.&amp;lt;br&amp;gt;Cette fois-ci, en cliquant sur le gros bouton vert, le profil se créa.&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
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[[Category:Aaron_Schmitt|&amp;lt;br&amp;gt;Aaron Schmitt]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Déambulations</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
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Je crois que j'ai passé la nuit dehors. Six heures sonnent sur la ville de Bienne. Matin&amp;amp;nbsp;? Je déambule dans les rues, en me rappelant le souvenir étrange d’un jour passé, d’un jour où j’étais un autre. J’ai l’impression que la ville n’est faite que de miroir, mais que je n’ai plus de reflet. En marchant, je débouche devant la devanture d’un magasin de télévision. Devant l’écran d’un vieux téléviseur à tube cathodique, je fixe béatement une ancienne émission où Gainsbourg apparait. &lt;br /&gt;
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{{#ev:youtube|g4NFYKMEClE}} &lt;br /&gt;
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J’ai l’impression de me retrouver bousculer dans le passé. «&amp;amp;nbsp;La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence.&amp;amp;nbsp;» En voilà un qui avait du verbe. Mais la phrase d’avant avait bien plus bousculé Matheo&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;La destinée, on peut la maîtriser.&amp;amp;nbsp;» Oui, je me suis choisi, je me suis choisi Matheo, car avant, je le sais, j’étais un autre, un autre incomplet, vide, en manque. Je ne me suis jamais senti aussi vivant, et paradoxalement, jamais aussi perdu. Perdu.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis rentré chez moi, j’habite à Bienne à présent, en collocation. &amp;lt;br&amp;gt;Le grand appartement, bien que rempli, m’a semblé vide. Je ne suis pas passé par la cuisine, me suit dirigé directement vers ma chambre. Là, je me suis assis sur mon lit et je suis resté un moment sans rien faire. Je réalise à présent qu’il faudrait que je fasse quelque chose, que je bouge, mais je n’ai envie de rien, pas même de dormir, pour rien au monde de dormir. Ce corps qui est le mien me semble étranger, tout ici et en moi me semble lointain, appartenant à un autre. Ce monde n’est pas le mien, cette chambre n’est pas la mienne.&amp;lt;br&amp;gt;Las, et n’ayant pas envie d’entrer dans cette angoisse inutile, j’allume mon poste de télévision, avec l’envie profonde de ne plus penser à rien, juste m’abrutir. Je zappe, au fur et à mesure je tombe sur une émission devant laquelle je reste un moment, ébahi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|JCRMpr2Q70s}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
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Il me vient alors tant de pensées que mon esprit s’en alourdit et devient incapable d’en formuler une seule. Je ne ressens qu’un immense vide intérieur, qu’un profond désarroi en voyant cet ahuri en train de tenter la psychanalyse de monsieur tout le monde.&amp;lt;br&amp;gt;Il me rappelle un peu [[Aaron Schmitt|Aaron Schmitt]].&amp;lt;br&amp;gt;J’ai arrêté d’aller le voir. Il appartient au passé. &lt;br /&gt;
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[[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
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Je crois que j'ai passé la nuit dehors. Six heures sonnent sur la ville de Bienne. Matin&amp;amp;nbsp;? Je déambule dans les rues, en me rappelant le souvenir étrange d’un jour passé, d’un jour où j’étais un autre. J’ai l’impression que la ville n’est faite que de miroir, mais que je n’ai plus de reflet. En marchant, je débouche devant la devanture d’un magasin de télévision. Devant l’écran d’un vieux téléviseur à tube cathodique, je fixe béatement une ancienne émission où Gainsbourg apparait. &lt;br /&gt;
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J’ai l’impression de me retrouver bousculer dans le passé. «&amp;amp;nbsp;La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence.&amp;amp;nbsp;» En voilà un qui avait du verbe. Mais la phrase d’avant avait bien plus bousculé Matheo&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;La destinée, on peut la maîtriser.&amp;amp;nbsp;» Oui, je me suis choisi, je me suis choisi Matheo, car avant, je le sais, j’étais un autre, un autre incomplet, vide, en manque. Je ne me suis jamais senti aussi vivant, et paradoxalement, jamais aussi perdu. Perdu.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis rentré chez moi, j’habite à Bienne à présent, en collocation. &amp;lt;br&amp;gt;Le grand appartement, bien que rempli, m’a semblé vide. Je ne suis pas passé par la cuisine, me suit dirigé directement vers ma chambre. Là, je me suis assis sur mon lit et je suis resté un moment sans rien faire. Je réalise à présent qu’il faudrait que je fasse quelque chose, que je bouge, mais je n’ai envie de rien, pas même de dormir, pour rien au monde de dormir. Ce corps qui est le mien me semble étranger, tout ici et en moi me semble lointain, appartenant à un autre. Ce monde n’est pas le mien, cette chambre n’est pas la mienne.&amp;lt;br&amp;gt;Las, et n’ayant pas envie d’entrer dans cette angoisse inutile, j’allume mon poste de télévision, avec l’envie profonde de ne plus penser à rien, juste m’abrutir. Je zappe, au fur et à mesure je tombe sur une émission devant laquelle je reste un moment, ébahi. &lt;br /&gt;
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Il me vient alors tant de pensées que mon esprit s’en alourdit et devient incapable d’en formuler une seule. Je ne ressens qu’un immense vide intérieur, qu’un profond désarroi en voyant cet ahuri en train de tenter la psychanalyse de monsieur tout le monde.&amp;lt;br&amp;gt;Il me rappelle un peu [[Aaron Schmitt|Aaron Schmitt]].&amp;lt;br&amp;gt;J’ai arrêté d’aller le voir. Il appartient au passé. &lt;br /&gt;
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[[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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		<title>Déambulations</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „{{#ev:youtube|CE07HN_lnsI}}   Je crois que j'ai passé la nuit dehors. Six heures sonnent sur la ville de Bienne. Matin ? Je déambule dans les rues, en me rappel…“&lt;/p&gt;
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Je crois que j'ai passé la nuit dehors. Six heures sonnent sur la ville de Bienne. Matin ? Je déambule dans les rues, en me rappelant le souvenir étrange d’un jour passé, d’un jour où j’étais un autre. J’ai l’impression que la ville n’est faite que de miroir, mais que je n’ai plus de reflet. En marchant, je débouche devant la devanture d’un magasin de télévision. Devant l’écran d’un vieux téléviseur à tube cathodique, je fixe béatement une ancienne émission où Gainsbourg apparait. &lt;br /&gt;
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J’ai l’impression de me retrouver bousculer dans le passé. «&amp;amp;nbsp;La connerie, c’est la décontraction de l’intelligence.&amp;amp;nbsp;» En voilà un qui avait du verbe. Mais la phrase d’avant avait bien plus bousculé Matheo&amp;amp;nbsp;: «&amp;amp;nbsp;La destinée, on peut la maîtriser.&amp;amp;nbsp;» Oui, je me suis choisi, je me suis choisi Matheo, car avant, je le sais, j’étais un autre, un autre incomplet, vide, en manque. Je ne me suis jamais senti aussi vivant, et paradoxalement, jamais aussi perdu. Perdu.&amp;lt;br&amp;gt;Je suis rentré chez moi, j’habite à Bienne à présent, en collocation. &amp;lt;br&amp;gt;Le grand appartement, bien que rempli, m’a semblé vide. Je ne suis pas passé par la cuisine, me suit dirigé directement vers ma chambre. Là, je me suis assis sur mon lit et je suis resté un moment sans rien faire. Je réalise à présent qu’il faudrait que je fasse quelque chose, que je bouge, mais je n’ai envie de rien, pas même de dormir, pour rien au monde de dormir. Ce corps qui est le mien me semble étranger, tout ici et en moi me semble lointain, appartenant à un autre. Ce monde n’est pas le mien, cette chambre n’est pas la mienne.&amp;lt;br&amp;gt;Las, et n’ayant pas envie d’entrer dans cette angoisse inutile, j’allume mon poste de télévision, avec l’envie profonde de ne plus penser à rien, juste m’abrutir. Je zappe, au fur et à mesure je tombe sur une émission devant laquelle je reste un moment, ébahi. &lt;br /&gt;
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Il me vient alors tant de pensées que mon esprit s’en alourdit et devient incapable d’en formuler une seule. Je ne ressens qu’un immense vide intérieur, qu’un profond désarroi en voyant cet ahuri en train de tenter la psychanalyse de monsieur tout le monde.&amp;lt;br&amp;gt;Il me rappelle un peu [[Aaron Schmitt|Aaron Schmitt]].&amp;lt;br&amp;gt;J’ai arrêté d’aller le voir. Il appartient au passé.&lt;br /&gt;
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[[Category:Matheo|Déambulations]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs</id>
		<title>L'existence est ailleurs</title>
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				<updated>2010-12-17T09:51:19Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
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&lt;div&gt;«&amp;amp;nbsp;C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;amp;nbsp;»&amp;lt;br&amp;gt;En entendant cette phrase, Thomas Sorel eut un sentiment étrange et indescriptible. Il eut la conviction qu’il était en train de vivre un moment clé de sa vie, un tournant, et il sentit comme une révolution intérieure, un basculement de haut en bas, de droite à gauche.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieil homme était resté dans le bar. [[Instants Anodins|Certains n’auraient vus en lui qu’un ivrogne dévasté]]. Thomas le vit comme un prophète.&amp;lt;br&amp;gt;Il était arrivé dans ce bar un soir de décembre, pour se réchauffer, trouver de la compagnie. Il était seul, il allait souvent se promener seul le soir, il ne le restait jamais longtemps. Toujours, il finissait dans un bistrot où il rencontrait tel ou tel inconnu, souvent une jeune fille, à qui il allait glisser deux mots. Parfois ça ne donnait rien. D’autres fois ça marchait, il avait du succès.&amp;lt;br&amp;gt;Ce soir-là, Thomas était allé flâner devant les vitrines des magasins, observant les gens les bras déjà chargés de paquets… La magie de Noël, hein. Ça faisait longtemps qu’il n’y croyait plus. Traînant dans les rues et dans ses pensées, il avait fini dans un bar perdu au fin fond de Nidau… Il n’était jamais allé si loin. L’endroit n’était pas très rempli, et Thomas était surtout entré pour se réchauffer un brin. Il avait commandé une bière.&amp;lt;br&amp;gt;Au comptoir, il y avait un vieil homme, le regard dans le vide, le visage bouffi, le ventre pendant. Il portait une barbe broussailleuse, ses cheveux gris étaient gras et son visage sale. Thomas le fixait, complètement fasciné. Le vieil homme ne lui prêtait absolument aucune attention. Il avait l’air de vivre dans un autre monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne pouvait détacher son regard de cet étrange inconnu, il ne pouvait s’y résoudre. Il y avait quelques autres personnes, mais elles n’avaient aucune importance, pas plus cette trentenaire à la table du fond que le barman qui nettoyait un verre, comme dans un western. Thomas avait l’impression de vivre dans une scène de film, tous les ingrédients étaient là, c’était un début parfait, l’ambiance et le décor étaient posés.&amp;lt;br&amp;gt;Le temps passait, silencieusement, les discussions ne fusaient pas, on entendait juste le son du jukebox qui diffusait timidement du vieux rock des années 60. Thomas finit sa bière cul-sec, en commanda une nouvelle. Le vieil homme était au whisky. Son verre était en tout cas posé sur le comptoir, même s’il ne le portait pas à ses lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme fixa l’inconnu, et à cet instant il eut la sensation étrange que l’homme était en train de pleurer. Ses yeux brillaient, il avait l’air de fixer un point invisible… Rapidement, Thomas comprit&amp;amp;nbsp;: le vieil homme vivait dans sa tête, dans ses souvenirs, dans son passé.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme se perdait dans la contemplation de l’inconnu sans nom.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur, vous êtes triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Le vieillard le fixa. Ses yeux étaient couleur du temps.&amp;lt;br&amp;gt;- Triste&amp;amp;nbsp;? Pourquoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas, vous avez l’air triste.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, ça ne sert à rien.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le jeune homme s’était approché du comptoir.&amp;lt;br&amp;gt;- Comment tu t’appelles, petit gars&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- [[Souvenir d'enfance|Matheo]].&amp;lt;br&amp;gt;- Matheo, toi, tu es triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui et non. Il faut bien vivre.&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, vraiment&amp;amp;nbsp;? Tu crois&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas regarda le vieil homme dans les yeux, sans rien dire.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, petit gars, c’est un mensonge.&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, quoi&amp;amp;nbsp;? La vie ne sert à rien&amp;amp;nbsp;? Vous pensez qu’il faut mourir&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr que non.&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien alors&amp;amp;nbsp;? On ne peut pas vivre dans sa tête.&amp;lt;br&amp;gt;- Pourquoi pas&amp;amp;nbsp;? C’est vivre ou cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne répondit rien. Il laissa peser ces mots à l’intérieur de lui-même. Il but une dernière gorgée de bière, et s’engouffra hors du lieu. Il jaillit du ventre du bistrot, le froid de la nuit le glaça, des larmes coulèrent sur ses joues. &amp;lt;br&amp;gt;Alors, comme sorti d’un autre monde, [[Déambulations|Matheo arpenta la rue plongée dans la nuit.]]&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:L%27existence_est_ailleurs</id>
		<title>Diskussion:L'existence est ailleurs</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:L%27existence_est_ailleurs"/>
				<updated>2010-12-10T09:41:37Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;J'aime bien le style/l'ambiance. Je dois avouer par contre, que même si la phrase me semble avoir un lien direct avec l'imaginaire, l'ami imaginaire, l'identité de Thomas, elle me reste encore très hermétique. Ce que je ne trouve pas du tout plus mal. Je trouverais intéressant d'en développer d'autres aspects dans d'autres textes, je ne sais pas si tu en avais l'intention? Jukebox. Vintage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aime l'ambiance western. On dirait un bar du Texas. Pour moi, c'est pas dérangeant que le texte soit hérmétique. Ca colle bien avec Thomas. Bon texte. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La suite, au prochain épisode&amp;amp;nbsp;! (Qu'est-ce que j'ai ce matin&amp;amp;nbsp;?). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pab &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La rencontre avec&amp;amp;nbsp; le vieux est bien réussi - une ambiance magique. Là je trouve tu entre vraiment dans ton personnage - et les projets de films se mettent un peu au second rang. Mais il faudra qu'on regarde vendredi prochain comment relier tout ça. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urs &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci ! Eh bien en fait, j'ai créé une catégorie pour Matheo. Son nom est obtenu par un anagramme de Thomas Sorel : Matheo Lorss. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Leïla :&amp;amp;nbsp;Tu parlais d'un changement radical dans le comportement de notre personnage, moi j'ai décidé de le transformer en son ami imaginaire. L'idée, c'est que maintenant, l'histoire de Thomas est pratiquement achevée, à présent j'ai l'intention d'écrire des textes un peu plus surréalistes au nom de Matheo qui vit dans sa réalité fantasmée.......&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A Urs : Oui, je regrette d'ailleurs de ne pas avoir vraiment avancé de ce côté là, du côté des projets de vidéos... Mais j'ai l'intention de les poursuivre, promis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Souvenir_d%27enfance</id>
		<title>Diskussion:Souvenir d'enfance</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Souvenir_d%27enfance"/>
				<updated>2010-12-10T09:36:37Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Intéressant. Est-ce que Mattheo (la question qui s'est posée pour moi à la lecture) disparaît à jamais? Je ne sais pas si tu clarifies ça plus tard. J'avais un petit doute sur le passage où le gamin parle de ses parents qui se morfondent à boire et à regarder la télé. Est-ce qu'il peut connoter ces actions? Je ne sais pas exactement quel âge il est censé avoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je comprends assez bien pourquoi il a été traumatisé au niveau de son imaginaire... avec un père et une mère pareils! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; J`aime bien que ton premier text commence avec la phrase qui change la routine de Thomas. C`est aussi une bonne idée pour structurer un text. La surprise au début! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L`imagination de Mateo c`est aussi une idée que j`aime. C`est intéressant de lire de l`enfance de Thomas. Ca met de la profondeur (?) dans l`histoire! Grüsse, Olivia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci. A vrai dire, Leila, la réponse se trouve déjà dans le deuxième texte que j'ai mis en ligne, et qui était justement inspiré de la consigne que tu avais donné. En fait ce &amp;quot;souvenir d'enfance&amp;quot; sert surtout d'explication à la métamorphose que vit Thomas dans &amp;quot;L'existence est ailleurs&amp;quot;.... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Olivia, wenn du sagst &amp;quot;J`aime bien que ton premier text commence avec la phrase qui change la routine de Thomas.&amp;quot;, sprichst du über die andere Text ? Danke schön für dein Kommentar und bravo für dein Französich !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Souvenir_d%27enfance</id>
		<title>Diskussion:Souvenir d'enfance</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Souvenir_d%27enfance"/>
				<updated>2010-12-10T09:35:09Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Intéressant. Est-ce que Mattheo (la question qui s'est posée pour moi à la lecture) disparaît à jamais? Je ne sais pas si tu clarifies ça plus tard. J'avais un petit doute sur le passage où le gamin parle de ses parents qui se morfondent à boire et à regarder la télé. Est-ce qu'il peut connoter ces actions? Je ne sais pas exactement quel âge il est censé avoir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sinon, je comprends assez bien pourquoi il a été traumatisé au niveau de son imaginaire... avec un père et une mère pareils! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; J`aime bien que ton premier text commence avec la phrase qui change la routine de Thomas. C`est aussi une bonne idée pour structurer un text. La surprise au début! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L`imagination de Mateo c`est aussi une idée que j`aime. C`est intéressant de lire de l`enfance de Thomas. Ca met de la profondeur (?) dans l`histoire! Grüsse, Olivia &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci. A vrai dire, Leila, la réponse se trouve déjà dans le deuxième texte que j'ai mis en ligne, et qui était justement inspiré de la consigne que tu avais donné. En fait ce &amp;quot;souvenir d'enfance&amp;quot; sert surtout d'explication à la métamorphose que vit Thomas dans &amp;quot;L'existence est ailleurs&amp;quot;....&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Die_Stimme</id>
		<title>Diskussion:Die Stimme</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Die_Stimme"/>
				<updated>2010-12-10T09:30:59Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Die Idee des Karussells finde ich interessant. Da kannst du vielleicht noch weiter forschen: was geht in Maus vor, als sie dieses Karussells sieht, was hat es für eine symbolische Bedeutung? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Auch wenn sie es nicht schafft, es zu stehlen, vielleicht kannst Du es doch imaginär in Szene setzen - Maus auf dem Karussell ...&amp;amp;nbsp;? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urs &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; Ich mag die Stimmung, zwischen traum und wirklichkeit. Auch die art und weise, wie du diese stimme angeführt. Ich konnte mir eine filmszene beim lesen vorstellen, in einem Ort, ein bisschen wie die Winkelgasse in Biel (jetzt, dass du dort wohnst, kannst du sie dir mal anschauen...) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Urs' kommentar finde ich auch interessant! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Leïla &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ich finde auch sehr interessant die Stimmung, zwischen traum und wirlkichkeit. Das (oder der,die) Karussell ist cool. Ich warte auf die Bedeutung des Karussells für Maus. (sorry für den Fehlern)&amp;amp;nbsp;:-) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pab &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ich habe der (das, die????)&amp;amp;nbsp;Eindruck, dass alles schon gesagt ist ! Aber ja, dein Text hat mir sehr gefallen. Ich freue mich, die Folge zu lesen !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Celui_du_quatri%C3%A8me</id>
		<title>Diskussion:Celui du quatrième</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Celui_du_quatri%C3%A8me"/>
				<updated>2010-12-10T09:18:25Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Haha, ton texte est bourré de références que j'adore. Entre Tom Waits et Renaud... J'aime beaucoup le style, aussi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Petite remarque, tu as écrit&amp;amp;nbsp;: &amp;quot;ils s’étaient écharpés à chaque déclaration.&amp;quot;&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me suis demandé si c'était volontaire, le néologisme, ou si tu voulais écrire &amp;quot;échappés&amp;quot;&amp;amp;nbsp;?? Cela dit, je trouve ça plutôt amusant, et si c'est une erreur, je me demande s'il faut la changer car c'est assez réussi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Celui_du_quatri%C3%A8me</id>
		<title>Diskussion:Celui du quatrième</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Celui_du_quatri%C3%A8me"/>
				<updated>2010-12-10T09:18:07Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Haha, ton texte est bourré de références que j'adore. Entre Tom Waits et Renaud... J'aime beaucoup le style, aussi.  Petite remarque, tu as écrit : &amp;quot;ils…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Haha, ton texte est bourré de références que j'adore. Entre Tom Waits et Renaud... J'aime beaucoup le style, aussi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Petite remarque, tu as écrit : &amp;quot;ils s’étaient écharpés à chaque déclaration.&amp;quot;&amp;amp;nbsp;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je me suis demandé si c'était volontaire, le néologisme, ou si tu voulais écrire &amp;quot;échappés&amp;quot; ?? Cela dit, je trouve ça plutôt amusant, et si c'est une erreur, je me demande s'il faut la changer car c'est assez réussi.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre</id>
		<title>Diskussion:Equilibre</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre"/>
				<updated>2010-12-10T09:11:08Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Pauvre Aaron. Ça lui apprendra à gâcher du bon chocolat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(je vais chercher du chocolat, d'ailleurs, parce que ça donne faim, tout ça)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre</id>
		<title>Diskussion:Equilibre</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre"/>
				<updated>2010-12-10T09:10:51Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Pauvre Aaron. Ça lui apprendra à gâcher du bon chocolat. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*va chercher du chocolat, d'ailleurs, parce que ça donne faim, tout ça* &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre</id>
		<title>Diskussion:Equilibre</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Diskussion:Equilibre"/>
				<updated>2010-12-10T09:10:33Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Pauvre Aaron. Ça lui apprendra à gâcher du bon chocolat.  *va chercher du chocolat, d'ailleurs, parce que ça donne faim, tout ça*  Arthur“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Pauvre Aaron. Ça lui apprendra à gâcher du bon chocolat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*va chercher du chocolat, d'ailleurs, parce que ça donne faim, tout ça*&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arthur&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs</id>
		<title>L'existence est ailleurs</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs"/>
				<updated>2010-12-10T08:54:39Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;«&amp;amp;nbsp;C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;amp;nbsp;»&amp;lt;br&amp;gt;En entendant cette phrase, Thomas Sorel eut un sentiment étrange et indescriptible. Il eut la conviction qu’il était en train de vivre un moment clé de sa vie, un tournant, et il sentit comme une révolution intérieure, un basculement de haut en bas, de droite à gauche.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieil homme était resté dans le bar. [[Instants_Anodins|Certains n’auraient vus en lui qu’un ivrogne dévasté]]. Thomas le vit comme un prophète.&amp;lt;br&amp;gt;Il était arrivé dans ce bar un soir de décembre, pour se réchauffer, trouver de la compagnie. Il était seul, il allait souvent se promener seul le soir, il ne le restait jamais longtemps. Toujours, il finissait dans un bistrot où il rencontrait tel ou tel inconnu, souvent une jeune fille, à qui il allait glisser deux mots. Parfois ça ne donnait rien. D’autres fois ça marchait, il avait du succès.&amp;lt;br&amp;gt;Ce soir-là, Thomas était allé flâner devant les vitrines des magasins, observant les gens les bras déjà chargés de paquets… La magie de Noël, hein. Ça faisait longtemps qu’il n’y croyait plus. Traînant dans les rues et dans ses pensées, il avait fini dans un bar perdu au fin fond de Nidau… Il n’était jamais allé si loin. L’endroit n’était pas très rempli, et Thomas était surtout entré pour se réchauffer un brin. Il avait commandé une bière.&amp;lt;br&amp;gt;Au comptoir, il y avait un vieil homme, le regard dans le vide, le visage bouffi, le ventre pendant. Il portait une barbe broussailleuse, ses cheveux gris étaient gras et son visage sale. Thomas le fixait, complètement fasciné. Le vieil homme ne lui prêtait absolument aucune attention. Il avait l’air de vivre dans un autre monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne pouvait détacher son regard de cet étrange inconnu, il ne pouvait s’y résoudre. Il y avait quelques autres personnes, mais elles n’avaient aucune importance, pas plus cette trentenaire à la table du fond que le barman qui nettoyait un verre, comme dans un western. Thomas avait l’impression de vivre dans une scène de film, tous les ingrédients étaient là, c’était un début parfait, l’ambiance et le décor étaient posés.&amp;lt;br&amp;gt;Le temps passait, silencieusement, les discussions ne fusaient pas, on entendait juste le son du jukebox qui diffusait timidement du vieux rock des années 60. Thomas finit sa bière cul-sec, en commanda une nouvelle. Le vieil homme était au whisky. Son verre était en tout cas posé sur le comptoir, même s’il ne le portait pas à ses lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme fixa l’inconnu, et à cet instant il eut la sensation étrange que l’homme était en train de pleurer. Ses yeux brillaient, il avait l’air de fixer un point invisible… Rapidement, Thomas comprit&amp;amp;nbsp;: le vieil homme vivait dans sa tête, dans ses souvenirs, dans son passé.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme se perdait dans la contemplation de l’inconnu sans nom.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur, vous êtes triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Le vieillard le fixa. Ses yeux étaient couleur du temps.&amp;lt;br&amp;gt;- Triste&amp;amp;nbsp;? Pourquoi&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas, vous avez l’air triste.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, ça ne sert à rien.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le jeune homme s’était approché du comptoir.&amp;lt;br&amp;gt;- Comment tu t’appelles, petit gars&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- [[Souvenir_d'enfance|Matheo]].&amp;lt;br&amp;gt;- Matheo, toi, tu es triste&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui et non. Il faut bien vivre.&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, vraiment&amp;amp;nbsp;? Tu crois&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas regarda le vieil homme dans les yeux, sans rien dire.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, petit gars, c’est un mensonge.&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, quoi&amp;amp;nbsp;? La vie ne sert à rien&amp;amp;nbsp;? Vous pensez qu’il faut mourir&amp;amp;nbsp;? &amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr que non.&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien alors&amp;amp;nbsp;? On ne peut pas vivre dans sa tête.&amp;lt;br&amp;gt;- Pourquoi pas&amp;amp;nbsp;? C’est vivre ou cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne répondit rien. Il laissa peser ces mots à l’intérieur de lui-même. Il but une dernière gorgée de bière, et s’engouffra hors du lieu. Il jaillit du ventre du bistrot, le froid de la nuit le glaça, des larmes coulèrent sur ses joues. &amp;lt;br&amp;gt;Alors, comme sorti d’un autre monde, Matheo arpenta la rue plongée dans la nuit.&amp;amp;nbsp; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]] [[Category:Matheo]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Souvenir_d%27enfance</id>
		<title>Souvenir d'enfance</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Souvenir_d%27enfance"/>
				<updated>2010-12-10T08:53:28Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;L’enfant regarde un arbre, par la fenêtre. Il y a des passants, aussi, mais il ne les voit pas&amp;amp;nbsp;; l’arbre, là, en face de la fenêtre, voilà ce qu’il voit.&amp;lt;br&amp;gt;La pièce est vide, il y a quelques jouets éparpillés sur le sol, pas beaucoup, un ou deux livres d’images ou de coloriage. Thomas regarde sa main, et puis l’arbre, et c’est drôle, il a comme l’impression qu’il pourrait l’attraper, parce qu’il est juste là, derrière sa main, mais en fait il est bien plus loin, sauf que.&amp;lt;br&amp;gt;Maman dit que je réfléchis trop pour mon âge, moi je sais pas ce que ça veut dire, «&amp;amp;nbsp;trop réfléchir&amp;amp;nbsp;». En plus, souvent, papa n’arrête pas de dire «&amp;amp;nbsp;Les gens ne réfléchissent plus, de nos jours&amp;amp;nbsp;», d’un air dégoûté, en regardant le journal à la télé, alors je me dis qu’ils se contredisent. Je ne sais pas qui écouter. Tu comprends, [http://www.cybertexte.ch/mod/wikilit/mediawiki/index.php?title=Kategorie:Matheo Matheo]&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Son ami le regarde, celui qui est à côté de lui, celui qui ne le quitte jamais, celui en qui il peut toujours avoir confiance. Il est là et lui aussi il regarde l’arbre par la fenêtre.&amp;lt;br&amp;gt;Aujourd’hui, je n’ai pas envie de jouer.&amp;lt;br&amp;gt;Tu as envie de parler&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;Je ne sais pas. &amp;lt;br&amp;gt;Ils parlent souvent. En fait, Matheo ne parle pas beaucoup, dès fois oui, mais le plus souvent c’est Thomas.&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant parle de l’arbre, il dit à son ami qu’il a l’impression de pouvoir l’attraper. Matteo rit, et dit que c’est possible. Il lui montre. Il approche sa main de la fenêtre, il l’ouvre, et puis il tend le bras. Il a raison&amp;amp;nbsp;! Il y arrive, l’arbre est dans sa main, tout petit&amp;amp;nbsp;! Il dit que c’est une porte, que là-bas, il y a un monde bien plus beau qu’ici, où papa et maman ne passent pas leur temps à boire ou à se morfondre devant la télé. &amp;lt;br&amp;gt;J’aimerais bien le voir, ce monde dont tu parles. &amp;lt;br&amp;gt;Il dit que c’est possible, pas de problème. Alors il emmène Thomas dans la forêt des pins argentés.&amp;lt;br&amp;gt;Le père entre dans la chambre. Thomas sursaute. &amp;lt;br&amp;gt;- A qui tu parlais&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- A personne.&amp;lt;br&amp;gt;- Menteur&amp;amp;nbsp;! J’ai bien entendu que tu parlais&amp;amp;nbsp;! Qu’est-ce que t’étais encore en train de manigancer&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;- Mais rien&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Je t’ai déjà dit que c’était mal de mentir. Je t’ai entendu, tu parlais, là, dans ta chambre, tu marmonnais des trucs&amp;amp;nbsp;! Dis-moi la vérité&amp;amp;nbsp;!&amp;lt;br&amp;gt;- Je parlais à mon ami.&amp;lt;br&amp;gt;- Bon sang, j’en étais sûr, encore cette histoire d’ami imaginaire. Tu sais, c’est grave d’imaginer des choses qui n’existent pas. Ce sont les fous qui imaginent des choses qui n’existent pas. Et tu sais ce qu’on fait des gens qui sont fous&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant fait non de la tête.&amp;lt;br&amp;gt;- On les attache, on leur mets des camisoles blanches, et on les enferme dans un asile&amp;amp;nbsp;! S’ils se défendent, on leur envoie des éléctrochocs au cerveau&amp;amp;nbsp;! C’est ce que tu veux&amp;amp;nbsp;? Finir dans un asile à te faire éclater le crâne&amp;amp;nbsp;?&amp;lt;br&amp;gt;L’enfant fait non de la tête. Le père sort de la chambre, et referme la porte. Matheo s’est caché sous le bureau. Il a peur. Thomas ne le console pas, il se sent coupable. Alors, peu à peu, les pleurs de son ami disparaissent, et sous le bureau, il n’y a plus rien. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Thomas]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Kategorie:Matheo</id>
		<title>Kategorie:Matheo</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/Kategorie:Matheo"/>
				<updated>2010-12-10T08:50:15Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „&amp;amp;nbsp;Autrefois, je n'étais qu'imaginaire. Aujourd'hui, je suis devenu celui qui m'a imaginé.“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&amp;amp;nbsp;Autrefois, je n'étais qu'imaginaire. Aujourd'hui, je suis devenu celui qui m'a imaginé.&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs</id>
		<title>L'existence est ailleurs</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://simultan.cybertexte.ch/index.php/L%27existence_est_ailleurs"/>
				<updated>2010-12-10T08:49:30Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;Arthurb: Die Seite wurde neu angelegt: „« C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs. »&amp;lt;br&amp;gt;En entendant cette phrase, Thomas Sorel eut un sentiment…“&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;« C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs. »&amp;lt;br&amp;gt;En entendant cette phrase, Thomas Sorel eut un sentiment étrange et indescriptible. Il eut la conviction qu’il était en train de vivre un moment clé de sa vie, un tournant, et il sentit comme une révolution intérieure, un basculement de haut en bas, de droite à gauche.&amp;lt;br&amp;gt;Le vieil homme était resté dans le bar. Certains n’auraient vus en lui qu’un ivrogne dévasté. Thomas le vit comme un prophète.&amp;lt;br&amp;gt;Il était arrivé dans ce bar un soir de décembre, pour se réchauffer, trouver de la compagnie. Il était seul, il allait souvent se promener seul le soir, il ne le restait jamais longtemps. Toujours, il finissait dans un bistrot où il rencontrait tel ou tel inconnu, souvent une jeune fille, à qui il allait glisser deux mots. Parfois ça ne donnait rien. D’autres fois ça marchait, il avait du succès.&amp;lt;br&amp;gt;Ce soir-là, Thomas était allé flâner devant les vitrines des magasins, observant les gens les bras déjà chargés de paquets… La magie de Noël, hein. Ça faisait longtemps qu’il n’y croyait plus. Traînant dans les rues et dans ses pensées, il avait fini dans un bar perdu au fin fond de Nidau… Il n’était jamais allé si loin. L’endroit n’était pas très rempli, et Thomas était surtout entré pour se réchauffer un brin. Il avait commandé une bière.&amp;lt;br&amp;gt;Au comptoir, il y avait un vieil homme, le regard dans le vide, le visage bouffi, le ventre pendant. Il portait une barbe broussailleuse, ses cheveux gris étaient gras et son visage sale. Thomas le fixait, complètement fasciné. Le vieil homme ne lui prêtait absolument aucune attention. Il avait l’air de vivre dans un autre monde.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne pouvait détacher son regard de cet étrange inconnu, il ne pouvait s’y résoudre. Il y avait quelques autres personnes, mais elles n’avaient aucune importance, pas plus cette trentenaire à la table du fond que le barman qui nettoyait un verre, comme dans un western. Thomas avait l’impression de vivre dans une scène de film, tous les ingrédients étaient là, c’était un début parfait, l’ambiance et le décor étaient posés.&amp;lt;br&amp;gt;Le temps passait, silencieusement, les discussions ne fusaient pas, on entendait juste le son du jukebox qui diffusait timidement du vieux rock des années 60. Thomas finit sa bière cul-sec, en commanda une nouvelle. Le vieil homme était au whisky. Son verre était en tout cas posé sur le comptoir, même s’il ne le portait pas à ses lèvres.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme fixa l’inconnu, et à cet instant il eut la sensation étrange que l’homme était en train de pleurer. Ses yeux brillaient, il avait l’air de fixer un point invisible… Rapidement, Thomas comprit : le vieil homme vivait dans sa tête, dans ses souvenirs, dans son passé.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme se perdait dans la contemplation de l’inconnu sans nom.&amp;lt;br&amp;gt;- Monsieur, vous êtes triste ?&amp;lt;br&amp;gt;Le vieillard le fixa. Ses yeux étaient couleur du temps.&amp;lt;br&amp;gt;- Triste ? Pourquoi ?&amp;lt;br&amp;gt;- Je ne sais pas, vous avez l’air triste.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, ça ne sert à rien.&amp;lt;br&amp;gt;Silence. Le jeune homme s’était approché du comptoir.&amp;lt;br&amp;gt;- Comment tu t’appelles, petit gars ?&amp;lt;br&amp;gt;- Matheo.&amp;lt;br&amp;gt;- Matheo, toi, tu es triste ?&amp;lt;br&amp;gt;- Oui et non. Il faut bien vivre.&amp;lt;br&amp;gt;- Ah, vraiment ? Tu crois ?&amp;lt;br&amp;gt;Thomas regarda le vieil homme dans les yeux, sans rien dire.&amp;lt;br&amp;gt;- Non, petit gars, c’est un mensonge.&amp;lt;br&amp;gt;- Alors, quoi ? La vie ne sert à rien ? Vous pensez qu’il faut mourir ? &amp;lt;br&amp;gt;- Bien sûr que non.&amp;lt;br&amp;gt;- Eh bien alors ? On ne peut pas vivre dans sa tête.&amp;lt;br&amp;gt;- Pourquoi pas ? C’est vivre ou cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs.&amp;lt;br&amp;gt;Le jeune homme ne répondit rien. Il laissa peser ces mots à l’intérieur de lui-même. Il but une dernière gorgée de bière, et s’engouffra hors du lieu. Il jaillit du ventre du bistrot, le froid de la nuit le glaça, des larmes coulèrent sur ses joues. &amp;lt;br&amp;gt;Alors, comme sorti d’un autre monde, Matheo arpenta la rue plongée dans la nuit.&lt;br /&gt;
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[[Category:Thomas|L'existence est ailleurs]]&amp;amp;nbsp;[[Category:Matheo|L'existence est ailleurs]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Arthurb</name></author>	</entry>

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